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Cliché Mély.
ic. 7a. — Signature du Jean de Bruges en face du portrait du roi Charles V, dans la Bible de Jean do Yaudctar.
(Musée Meermanno-Westrcnien,
La Ilaye.)
d'un grand M, que le miniaturiste Pierre de Pavie, se représentait à sa table de travail, enluminant en 1 38g une Hisloria naturalis de Pline (Ambroisienne de Milan Cod. E, 24 inf.) et signait : Pietro de Papia me fecit ' ? C'est également de la même façon qu’en i5o8, l'imprimeur Morin, qui travaillai! a Rouen en 1 4$4 , inscrira son nom dans le jambage de l'M initial
Cliché Mcljr.
Fig. 74- — Initiale du Missel d’Arras, avec le nom de l’imprimeur rouennais
Morin (i484)-
du Missel d'Arras (fig. 74)-
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Si nous n'avions que la souscription des Pèlerinages de Guillaume de Digullevdle (Bibl. nat., 111s. fr. 823), nous ne nous croirions pas autorisés à mettre le nom que nous y lisons ! « Oudin de Caivanay », au nombre des miniaturistes. En effet, nous devons le détacher d’un acrostiche (fig. 75), sans que nous comprenions d’ailleurs, pourquoi il est inscrit, immédiatement à côté en clair. Mais au cours du volume, on trouve la place d’une miniature (f° 88 v°) qui n’a jamais été remplie, et à côté, sur la marge, d’une écriture très fine, cette note ,
« Remiel ne faites rien cy, car je y ferai une figure qui y doit estre » (fig- 7^)' C esl donc
que Remiet aidait à l’enluminure. Si Oudin de Carvanay projetait ainsi d’exécuter une figure, c’est qu’il était également enlumineur, puisquil avertissait son compère de son intention « de faire là une figure ». F.». 76. - indication . , l' ji reieYé des bourgeois notables de Paris, que
vârna°udind° ^ nous trouverons plus loin (p. 90) nous donnera son (Bibi .nat., ms. fr. 8a3 ) ^ comme celui d'un des maîtres scribes-enluin ineurs
de Paris à cette date. Remiet était alors très probablement à son
,. Toesca (Pietro), La Pitlara e la Miniatura nella Lombardia, Milan, Itœpli, .9t = , ‘"-4, p. 327, grav.
Cliché Mcly.
Fig. 75. — Acrostiche avec le nom d’Oudin de Carvanay.
(Bibl. nat., ms. fr. 8a3.)
.... , ii
service et c’est à leur collaboration, sans que nous puissions déterminer la part de chacun, qu’il faut alors attribuer les intéressantes miniatures, à bordures tricolores de ce manuscrit (fig. 77) qui, des mains de Jean Bourrée, le conseiller de Louis XI, passa plus tard dans la librairie de Charles VIII, qui y fit ajouter au commencement, le grand frontispice aux armes royales avec les mots : « Karolus octavus « , dans un encadrement formé de petits carrés, à la lettre gothique S, en forme de 8.
Nous venons de constater la présence dans ce volume de plusieurs miniatures encadrées d’une bande tricolore. Cette question a depuis longtemps préoccupé les savants*. D’abord, on crut que c’était une décoration réservée aux livres enluminés pour Charles V, puis que c’était une mode : mais quand on eut trouvé la bordure tricolore dans le ms. lat. i3836 de la Bibliothèque nationale, qui semble dater de Philippe le Long (i3i6-i32i), et qu’on se fut assuré quelle existait encore sur les manuscrits du temps de Charles VI, enfin qu’on la voyait dans un Psautier exécuté pour l'ahbaye de Saint-Victor (Bibl. nat., ms. fr. 962), il fallut bien admettre quelle n’était pas réservée aux manuscrits royaux. Alors comme très souvent, seule, la première miniature du frontispice est encadrée de la bordure tricolore, on en arriva à la considérer comme une marque d’artiste. Mais ces enluminures qui sont les unes de la plus exquise finesse, les autres des plus grossières, qui s’étendent sur une période de cent ans, ne peuvent être vraisemblable-
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Cliché Mély.
Fie. 77. — Miniatures h bordures tricolores de l’atelier do l'enlumineur Oudin de Carvanay.
(Bibl. nat., ms. fr. 823.)
i. Delisle (L.), Librairie de Charles V, p. 63.
nient attribuées à un même artiste. D’autant que très nombreux sont
les noms qui se lisent à la fin des manuscrits ainsi décorés : Perrin le Cerl ( Chroniques de Saint-Denis, ms. 880 de la bibliothèque de Lyon (fig. 79 et 80), ayant appartenu au duc Jean de Berry, dont on peut, malgré un soigneux grattage, distinguer la signature), Jean de Germiniaco (Vincent de Beauvais, ms. i83 de la bibliothèque de Lyon), Colin Nouvel ( Bible Pompadour, ms. 1906 de la bibliothèquede Cheltenham, datée de i368), « Alanus scripsil lias horas, uxor s. lat. 1169, f° 82 v°), « Jean
Fig. 78. r — Miniature des Heures de Jeanne d France, h bordure tricolore.
(Exposition du Burlington Club en 1908.)
ejus illuminavit eas » (Bibl. nat..
de Nizières, enlumineur », qui signe ainsi un Livre des propriétés des choses, ayant appartenu à Charles, duc d Orléans (Bibl. de Sainte-Geneviève de Paris, 111s.
1028), ou encore dans la Bible historiale (Bibl. nat., ms. fr. 161- 162) qui se termine ainsi :
« Ore ceste Bible parfaite « Benoist soit cil qui l’a parfaite.
« A qui voudra savoir son nom « Il a nom Geoffroy Godion ».
Cliché Mély
Fig. 79. — Perrin le Cerf ’a sa tablo d’enluminure, dans un encadrement tricolore.
(Bibl. de Lyon, ms. 880.)
Il fallait alors proposer une hypothèse acceptable. Elle ne peut vraiment être autre que celle admise par de très sévères critiques : la marque d'un atelier qui dura longtemps et dut satisfaire les plus riches comme les plus modestes clients. Et comme depuis les origines de l’art chrétien, les trois couleurs bleu, blanc, rouge ont été regar-
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LES CORPORATIONS LAÏQUES (ia6o-i39i)
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Fie. 80. — Signature de Perrin le Cerf. (Bibl. de Lyon, ra. 880.)
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dées comme représentant l'arc-en-ciel1, il se pourrait que cette bordure fût caractéristique d’une boutique qui aurait eu pour enseigne l’Arc-en-ciel. Le Roman de la Rose (Bibl. nat., ms. fr. 24388) nous mettrai! peut-être sur la trace de l’emplacement de l'atelier, avec son inscription, qui rappelle celle du Gratien de Tours (voir p. 3g) :
« Iste liber emptus fuit a Pelro
dicto Chevalier, in vico novo Beate Marie Parisiensis, criplo : ST. Remensi 2. »
Cetle rue de Notre Dame de Paris était une des rues occupées par les enlumineurs. Thomas de Maubeuge y habitait, comme Honoré demeurait rue Erembourg de Brie. La bordure tricolore pouvait donc être la marque, l’enseigne de l’atelier de Pierre Chevalier, comme les sept lignes crénelées de l’encadrement des miniatures seront dans la suite celle de Loysel Lyedet, que nous retrouverons plus loin (fig. 209).
Le Registrum Brévium conservé au British Muséum (ms. Mari. i859), postérieur à i3gg puisqu’on lit au f° 74 v° : « Renricus [pour Henricus IV], Dei gralia « Rex angliæ et Francise et Dominas llibernie », porte à la première page le portrait de Richard II (i3gg). Dans l’encadrement formé de feuillages, au bas à droite on voit une main tenant une banclerolle, sur laquelle on peut lire : Morys StaJJord me fecit (fig. 81)3.
1 . Les deux couleurs bleu et rouge, séparées par le blanc représentent les deux Jugements, u Duos colores principaliter Iris habet, quia duo judicia représentant. Æquoreus [le bleu] diluvium preteritum figurât ne amplius limeatur, igneus [le rouge] futurum judicium. » Chronique de Nurenberg (xve s.), p. xi.