Delisle, Recherches sur la Librairie de Charles V, p
3. Je dois cette description et ce petit croquis à l’amabilité de M. J. -A. Herbert, le savant conservateur-adjoint des manuscrits du British Muséum.
De Mély.
xive Ce xivc siècle nous fournit, mais sans dates précises, un assez iècle. o-rand nombre de signatures d’artistes, sur lesquels nous n avons malheureusement que bien peu de détails.
C’est à la bibliothèque royale de Turin, une Bible historicité de Pierre Comestor, qui se termine ainsi :
« Lancelot Cardon ce livre cy escript, enlumina ency. Prié Diu « pour lame de luy*. »
J. Pettigrew, dans sa Bibliotheca Sussexiana'* , décrit une Bible du
siècle, richement enlumi-
xiv”
« Ego
née, qui porte à la fin « Justinus, magistri Stephani « de civitate Therm... incepi,
« mediavi, et complevi istam « bibliam . Deo gratias et meum « pro robore signum feci3. »
Dans la bande qui se trouve au bas de la Crucifixion d'un Livre de Chœur de la bibliothèque d’Aix-en-Provence, on peut retrouver à travers les caractères pseudo-coufiques, unnom : NAL- LAC (fig. 82), bien vraisemblablement le nom de 1 artiste qui signe ainsi de la même façon que Turrini (fig. 83), le célèbre orfèvre qui exécuta le tabernacle du dôme de Sienne, dont la porte est aujourd’hui au Musée d’ Ambras à Vienne4, comme Jo-
pasini, Codices manuscripti Bibliolli. regii Taurinensis Alhenæi, Taurini, 17/19, D P- 483- 2. Londres, Longman, 1827, in-4, t. I, p. lxxx-lxxxvi.
3 M J -A Herbert a bien voulu faire des recherches pour me retrouver ce manuscrit. Il pu seutment m’apprendre que passé à .a vente Susse* en juillet-août *844, .1 fut vendu deux guinées, mais que la trace en est perdue.
A. Gazette archéologique, t. XI (1886), p. 3ii et pl. XLI.
Fig 82. — lias de nage de la Crucifixion d’un Livre de Chœur. Dans la bande on litNALLAC. (Les lettres de la signature ont été passées au noir pour les distinguer du fond.)
(Bibl. d’ Aix-en-Provence.)
hannès (fig. 1 5 1 ) signe le beau manuscrit du Dit des Philosophes de Lille. Et ce nom de Nallac n’a rien d invraisemblable, puisque nous avons près de Périgueux un village qui s’appelle Nailhac.
Avons-nous le droit de passer sous silence, une œuvre délicate de Simone Memmi P Elle a en effet été exécutée en France au temps des fresques d’Avignon (pl. V) ; l’artiste était donc soumis aux règles du pays qu’il habitait. Et c’est Pétrarque qui inscrit sous la première miniature du Virgile que l’artiste décore pour lui (aujourd’hui à l’Ambroisienne de Milan) :
« Mantua Virgilium qui talia carmina finxit,
« Sena tulit Symonem digito qui talia pinxit. 1 »
« Mantoue vit naître Virgile qui fil ces vers, et Sienne vit naître Symon qui de sa main peignit ces pages. »
N’oublions pas de rappeler qu’après avoir peint l'intérieur du porche de Notre-Dome-des-Doms d’Avignon (entre 1827 et i332), Simone Memmi eut grand soin de signer son œuvre2.
A ces signatures qui nous font ainsi connaître des œuvres maintenant identifiables, il 11’est pas sans intérêt de joindre les noms des artistes célèbres qui travaillèrent vers 1 385 pour la reine Isabeau de Bavière. Les inventaires de celte princesse nous les ont conservés comme ceux des auteurs des plus précieux manuscrits de sa bibliothèque. En les signalant, nous pourrons peut-être rencontrer des œuvres ou des marques de Geoffroy Chose, Robin de Fontaines, Perrin Cauvcl, Jean de Jouy, Pierre le Portier, Haincelin3.
Mais le mouvement politique commencé il y a plus d’un siècle, a maintenant opéré son évolution. Les corporations laïques se sont
fit
Fig. 83. — Signature de Turrini, dans les arabesques de la porte du tabernacle du Dôme de Sienne.
(Musée d’Ambras à Vienne.)