Librairie de Charles V, t. I, p
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Deux autres exemplaires de ce même manuscrit datent de 1372 et de 1374.
Tout à l'heure nous avons vu un acrostiche nous donner le nom d’Oudin de Carvanay (fig. 75), nous en rencontrerons un dans un instant qui nous fera connaître Jean l’Esmailleur de Langres.
Comme on peut le voir le terrain est assez difficile à explorer, et il est fort dangereux de rejeter, tout de suite, comme inutiles, comme simplement destinées à faire illusion, comme capitales visant à imiter l'Antique, des inscriptions, qu’on ne comprend pas immédiatement; et nous ne parlons pas de celles qui comme Turrini (fig. 83), comme Nallac (fig. 82) semblent au premier abord enroulements purement décoratifs.
Enfin il ne faut pas oublier que nous ne savons même pas dans quelle langue peuvent être composés ces cryptogrammes. Car les artistes n’étaient ni ces humbles, ni ces méprisés, ni ces ignorants, qu’une mentalité romantique veut nous imposer. Nous pouvons citer l’exemple de Jean van Eyck qui signe un de ses tableaux de la National Gallery de Londres, en trois langues: grec, français, latin, puis une autre, à côté, en allemand. Et nous ne pouvons douter qu’il savait le flamand et l’hébreu dont nous retrouvons dans ses œuvres tant de lignes. Voilà donc six langues connues par l'artiste. Pour un ignorant, c’est quelque chose ! Il faut ajouter que bien que « méprisé >< . il était cependant chambellan du duc de Bourgogne et lut chargé comme ambassadeur, d’aller demander en mariage pour Philippe le Bon. Isabelle, fille du roi Jean 1“ de Portugal.
On ne saurait nier qu’à la date où nous arrivons les peintres et les enlumineurs prennent dans la Cité une place importante. Leroux de Lincy1 qui, pour son étude des habitants de Paris au commencement du xv° siècle, a relevé dans les inventaires, dans les comptes, dans les chroniques les noms des bourgeois notables, les a classés par catégorie. Nous allons lui emprunter celle des artistes;
1. Paris et ses historiens aux XIVe et A'Fe siècles. Paris, Imprimerie nationale, 1867, in-4°, p. 364.
De Mély. i2
les noms que nous rencontrerons là permettront certainement dans l'avenir d'intéressantes identifications.
Quatrième catégorie.
Ecrivains, enlumineurs, imagiers, jongleurs, libraires, ménes¬
trels, parcheminiers,
Albelin.
André (Pietre).
Angevin (Etienne Y).
Angevin (Thevenin 1 ).
Araines (Pierre des).
Arcemalle (Jean).
Arrode (Huguenin).
Avignon (Jean d ).
Bacon.
Barbier (Jean le).
Beauneveu (André).
Beauvais (Jean de).
Beliart (Gaucher).
Bénard (Denis).
Biterne (Jean).
Blainneteau (Girard de).
Blanchet (Jean).
Blois (Jean de).
Bourgeois (Colinet le).
Braellier (Jean le).
Brébant (Hcnnequin).
Brescian.
Briois (Jehannin le).
Cahersaous (Yvert).
Caillet (Guillaume).
Callemadin (Hennequin).
Cardet (Régnault).
Carvanet (Oudin de).
Catenal (N.).
Cauvel (Pierre).
Caux (Jean de).
peintres, relieurs.
Champdivers (Huguelin).
Chartres (Jacques de).
Chastaigne (Jean).
Chastillon (Jean).
Chaumont (Jean de).
Chausse (Johanmn).
Chose (Geoffroi).
Chynenudi.
Clericii (Martin).
Closier (Rogier).
Colin (Jean).
Compiègne (Antoine de). Constance (Hanse de).
Conte (Guillaume le).
Corbie (N.).
Cossigny (Geoffroi).
Coste (Jean).
Courtet (Robin).
Courlillier (Denys le).
Couste (Jean de la).
Cresceques.
Crespy.
Croix (André de la).
Croiz (Tassin).
Dampmartin (Drouet de).
Dampmartin (Guy de).
Dannyan (Gilet).
Daucel.
Davignon (Jean).
Deschamps (Eustache).
Deschamps (Guillaume).
Dijon (Perrin de).
Dole (Foucault).
Donnedieu (Pierre).
Drun (Yvon).
Du Boys (Jean).
Du file (Jean).
Dure (Jean).
Essars (Antoine des).
Esturion (Jehannin).
Eustache (Guillaume).
Faverel (Colin).
Fèvre (Jean et Jacquemart) .
Flacian (Jean).
Flamel (Nicolas).
Flamel le jeune.
Fontaine (Colin de).
Fontaines (Robin de).
Foubert (Hugues).
François (Jean).
Gandent (Copin de).
Garel (Jean).
Garineau (Charles).
Gasteblé (Germain).
Gauchy (Jean de).
Gautier (Roland).
George.
Gingonneur (Jean).
Gobert.
Godefroy (Hennequin).
Godion (Gefroi).
Grant Dent (Copin de).
LES CORPORATIONS LAÏQUES (i26o-i39i)
Gubozo.
Guillemin.
Hance.
Hanin (Guiot de).
Ilermant (Jean).
Ilervi (Guillaume).
Ilerlant (N.).
Hesdin (Jacquemart de).
Hoden (Jean de).
Ilonsteu (Jean de).
Huart (Nicolas).
Janequin.
Joui (Jean de).
La Marche (Jean).
Lami (Thévenin).
Laon (Colart de).
Larribaut (N.).
Launay (Jean du).
Lavenant (Jean).
Le Héraut (Jean).
Le Lièvre (Gauthier).
Lempire (Olivier de).
Le Picart (Jean).
Lcscouvet (Guillaume).
Lescuier (Robert).
Lcsueur (Nicolas).
Lcsueur (Robert).
Lhuillier (Martin).
Liège (Jean du).
Linfol (Pierre).
Lombard (Nicolas).
Lomme (Yvon):
Lo yseau (Guillaume).
Mahieu (Denys).
Malet (Giles).
Maristoch (Henri).
Marlet (Jean).
Maulin (Jean).
Meneslrel (Lyon net le).
Merles (Jean).
Millon (Simon).
Milon (Simon et).
Monachi (Jean).
Monlet (Régnault du).
Neufmuer (Jean de).
Noir (Jean le).
Orléans (Agnès d’).
Orléans (François d’).
Orléans (Girard d’).
Orléans (Raoul d’).
Orliens (François d’).
Ortiens (Jean d’).
Parcheminier(Poncet le).
Parchet (Jean).
Parent (Colinet).
Paris (Jean de).
Peleret (Pierre).
Perrin.
Petit (Jacquinot).
Plauzob (Henri).
Poitevin (Jean).
Poncet.
Porte (Jean de la).
Portier (Pierre).
Postel (Jean).
Prévost (Jean le).
Prévost (Simonnet).
Remiot (Pierre).
Richier (Jacques).
Sage (Jean le).
Saillant (Jean).
Saint-CIoy (Jean de).
Saint-Eloi (Jean de).
Saint-Romain (Jean de).
Saint-Yon (Garnier de).
Santigny (Jean de).
Sens (Jean de).
Sens (Perrin de).
Sicart.
Tainguy (Raoul).
Temple (Raymond du).
Thomassin.
Thuri (Pierre).
Tillart (Perrin).
Trévoux (Henri de).
Triboun.
Vadis (Jacques de).
Viezmaire (Julien le).
Vilain (Gilet).
Villiers (Guillaume de).
Yvrenage (Jean).
Enfin, en 1 43 1 , le 3 janvier, Charles VII exemptera des aides, subsides, guet et gardes des portes, les peintres et ceux de la même profession dans toute la France1. Et alors, quand dans les Comptes,
i. Lespinasse (R. de), Les métiers de Paris, t. II, p. ig5.
les Inventaires, les Mémoires, nous verrons ces artistes vivre dans l’intimité des plus grands princes, comme Beauneveu, devenir valets de chambre [chambellans] des ducs de Bourgogne, du duc Jean de Berry, comme les Limbourg et Henri Bellechose, partir comme ambassadeurs pour les missions les plus secrètes comme Jean van Eyck, recevoir comme Jean de Rupy des mains de Charles VI, le collier de l'ordre de la Cosse de Genesl, institué par saint Louis et réservé aux grands seigneurs, quand enfin nous lirons les condamnations encourues par des miniaturistes pour n avoir pas signe, conformément aux Ordonnances, les manuscrits enluminés sortis de leurs ateliers, continuerons-nous vraiment a croire, maigre toutes ces preuves si évidentes, que les artistes du moyen-âge étaient de pauvres hères ignorés, inconnus, aussi humbles que méprisés, auxquels il était interdit de tenter de révéler leur nom à la postérité ?
C'est ainsi documentés, avec la certitude scientifique que les milliers d'artistes que nous trouvons inscrits dans les registres de Bruges, de Gand, de Tournai, de Lille, de Douai, de Cambrai, de Paris, de Tours, de Dijon, de Lyon, d’Avignon, de Toulouse. d'Arras, de Poitiers, de Rouen aujourd'hui publiés, ne furent jamais condamnés à l’anonymat légal, que nous allons aborder les œuvres du xv' siècle et demander à leurs détails de nous révéler la main qui les a créées. Car quoiqu’on ail imprimé que « les noms pris isolément ne signifient pas grand chose1 », il faut être au contraire bien convaincus que la connaissance de leur libation, rapprochée de la technique de leur pinceau, permettra seule dorénavant de donner à l'histoire de l’art du moyen-âge le corps qui lui fait actuellement absolument défaut.
Durrieu (Le comte P.), Jacques de Besançon, p. 2.
LES MAITRES MINIATURISTES (i39i-XVP SIÈCLE)