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LES MAITRES MINIATURISTES

ï4oi. Dans le Cabinet des manuscrits (t. I. p. 491)- L. Delisle décrit le ms. lat. 5 126 de la Bibliothèque nationale, une Chronique de Plolémée de Lucques, achevée le 22 janvier i4oi par Antoine Foulque, qui termine ainsi son travail :

« Antonius dictus Sancii, cognomine Fulcus Ispanus natus, Astigie lonte perunctus,

Hune librum scripsit jussu Sanctissimi Patris. »

« Antoine Sanche surnommé Foulque, Espagnol de naissance, pénétré des sources d’Astygis, écrivit ce livre sur l’ordre du Très Saint Père. »

Cet Espagnol d’Aslygis1 travaillait à Avignon, qu’à plus ample informé, un simple scribe.

Cependant L. Delisle rapproche des miniatures de ce Ptolèmée (fig. 92) un Pontifical (Bibl.

bas du f° 186 v°, il trouve

« Ego frater Sancius Gonterii habui pro illuminatura hujus libri a Johanne Reginaldi, xvii llorinos vu solidos. »

« Moi Sanche, fds de Gontier, j’ai reçu pour l’enluminure de ce livre, de Jean (ils de Reginaldus, XVII fl. VII s. »

Ce manuscrit, certainement exécuté dans le même atelier d’Avignon, nous précise cette fois, le nom de l’artiste qui l’enlumina: Sanche Gontier, tandis que le scribe du Plolémée s’appelait Antoine Foulque, fds de Sanche*.

1 4 02 . Il semblerait bien que nous n’ayons aucun renseignement à

1. Astygis, en Bétique, aujourd’hui Alhama, près du Guadalquivir.

2. Cf. Sam. Berger et P. Durrieu, Le Manuscrit, t. I (1894), p. 174»

nat. ms. lat. 968) où, ai alors celte inscription :

demander à la Bible historiée de 1^02, contenant un grand nombre de miniatures, conservée au Musée Plantin d’Anvers (n“ 44'45)-

M. Seymour de Ricci l’étudiant en effet dernièrement dans la Revue des Bibliothèques, relève l’inscription qui la termine au f° 44^ dut. II :

« Explicit secundus liber Esdre Sacerdotis. In anno Domini millesimo quadringentesimo secundo currente. in Cathedra Sancti Pétri Apostoli. Comparatus per dominum Conradum. magistrum monete. »

Assurément, bien que souvent comparatus veuille dire achevé, comme il veut également dire acquis, nous n’avons pas le droit do relever ici autre chose que l'achat de celte Bible par Conrad, identifié naguère avec Conrad de Wechta, maître de la Monnaie de Kuttenberg, en Bohème en i4oi-i4o2, par M. Rooses dans son Catalogue du Musée Plantin (1887). Mais une inscription, plus complète, au f° 343, va nous renseigner:

« Explicit prepbatio sancti Jeronimi, venerabilis presbyteri in librum Thobie, anno domini millesimo quadringentesimo secundo currente ; comparatus est et ordinatus liber biblie hujus per dominum Conradum, magistrum monete. »

Ici, en plus de comparatus nous avons ordinatus. El ordinatus, toutes les fois que nous le rencontrons dans un ouvrage orné de miniatures, qu'il soit en latin, ordinatus, en français, ordonné, en flamand, bevindet est l’équivalent de 1 invenit que nous lisons au bas des gravures : « Colins Chadewe l’ordinat et l’enlumina » ( 1 3 1 3) (fig. 5g), PAVO REV [indet] (i44?) (fig- 168).

C’est bien ainsi d’ailleurs que Courajod regardait dès 1890 1 ce Conrad de Wechta. comme « un artiste, imprégné de l'Ecole de l’Est, où l’on voit ces plis dégingandés des vêtements analogues à ceux de la Vierge du trumeau de la Chartreuse de Dijon, et à côté, le produit d’un travail sorti de mains absolument italiennes ou inspirées par l ltalie. »

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