Bouchot, Cat. de l’Exp. des Primitifs. et
— Durrieu (P.), Les Très riches Heures, p. 07
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donc ainsi au même but que mon objectivisme : nos recherches d’ordre si différent semblaient ainsi se confirmer.
Mais j’avoue que cependant la chose n’était pas très claire. Ces signes, où il faut lire sans conteste HD, IIR, quels rapports offraientils avec le nom de Malouel, qui était, suivant le cartouche du Louvre, l’auteur de ce tableau.
Je voulus alors reprendre l'examen très attentif de la longue inscription, à peine visible, du tableau de Malouel, que j’avais tenté vainement de déchiffrer lors de l’Exposition des Primitifs de 1904; elle avait alors gardé son secret. Très aimablement, M. Leprieur, autorisé par M. Ilomolle, que je ne saurais trop remercier de sa bienveillante intervention, consentit à faire décrocher le tableau, et je pus alors examiner à loisir et photographier ce qu’il me fut possible de découvrir.
Tout d’abord, je fus convaincu que si une signature existait, elle devait se trouver en place très évidente, comme toujours d'ailleurs. L elole de l’ange de gauche, à genoux, paraissant absolument inutile, semblait, par le fait même, désignée pour attirer l’attention. Mais un simple guillochis sur une feuille d'or était bien difficde a mettre au point. Enfin, cette photographie, quoique très uniforme de ton. permit de lire très clairement, sur le nœud de letole : D — R (fig. io3).
La chose était encourageante ; en continuant, je pus photographier sur le col d’un des assistants l’inscription que voici (fig. io4): tandis qu’au bas de la dalmatique de saint Denis, se lisaient sur le galon: HB — IIR, identiques aux inscriptions des Très riches Heures. Impossible par exemple de faire une photographie de cette dernière inscription: rien 11e vient. Mais, en présence des deux autres photographies, 1 illusion ne saurait être admise, puisque ce n’est, en réalité
Cliché Mély.
Fig. io3. — Inscription sur Tutoie de l’Ange du tableau du Martyre de saint Denis.
(Musée du Louvre.)
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Fig. io4. — Inscription sur le col du vêtement d’un des personnages du Martyre de saint Denis,
HB — HR.
(Musée du Louvre.)
que la répétition des signes que la plaque photographique a précédemment enregistrés.
Voilà donc que nous trouvons et sur le tableau et sur les miniatures des Très riches Heures, les mêmes monogrammes HB — HR, les mêmes strygilles, alors que les meilleurs critiques les rapprochent, et que nulle part ailleurs on n'a constaté leur présence.
Examinons maintenant le rapport des deux œuvres ou point de vue de l’art et de la technique.
11 y a dans les miniatures de Christ de profil, dont la tète, très développée en arrière, a une conformation particulière; on le voit notamment dans YEntrée à Jérusalem (fig. io5).
De longs cheveux ondulés cachent les oreilles ; ils tombent sur les épaules en longues boucles, cpii se terminent par un crochet tout à fait caractéristique; la boucle de cheveux de gauche revient dans un mouvement curieux sur la poitrine, et la fait se confondre avec la barbe ; une très petite mèche est plaquée sur le milieu du front ; le nez est petit, mince, un peu gros du bout; l’œil est relevé vers la tempe. C'est une physionomie 1res particulière, vraisemblablement un portrait.
Rapprocbons-la du Christ qui communie saint Denis (fig. 102).
Fic.io5. — L’entrée de Jésus à Jérusalem. Miniature des Tris riches Heures du duc de Berry.
(Musée Condc, Chantilly.)
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N'est-ce pas la même inclinaison de la tête, la même disposition de cheveux, les mêmes mèches terminées en crochet, la même houcle se confondant avec la barbe, la même onde sur le milieu du front, le même nez, le même œil relevé? Il y a là un coté matériel qui, dans l’ensemble et sans qu’ils l’aient précisé, a frappé II. Bouchot et le comte Durrieu. Le rapprochement s’impose.
Mais — car voici qu’arrive le « mais » — si vraiment le tableau est de Malouel dont nous avons vu plus haut la signature (fig. 86), comme le sign ale le Catalogue des Primitifs, comme l’affirment MM. Lafenestre1 et P. Durrieu2, que font ici ces HR, ces HR, dont on ne saisit vraiment pas le rapport avec le nom de Malouel ?
Le « mais », c’est cpie ce tableau, si officiellement de Malouel, n’a jamais été de Malouel. Il est vrai qu’il faisait — du moins le croit-on — partie d’un ensemble de cinq retables qui avaient été commandés à Malouel le 18 mars 1 3g8 par le duc de Bourgogne pour la Chartreuse de ChampmoJ, près Dijon. Alors, sans plus s’informer, on le lui attribua.
Il est tout à fait curieux de suivre chez les critiques depuis le i5 décembre 1849 1® développement de cette affirmation, car auparavant on ne soupçonnait même pas l’existence du tableau. Il apparaît en effet dans le catalogue de la vente Bartholomey où il est attribué à Simone Memmi. Seule son origine est certaine: il vient de la Chartreuse de Champmol. M. Reiset l’acquit à ce moment, et l'offrit au Louvre en i863.
Bien que, dès 1849. M. de Laborde3 ait parfaitement établi que