Très riches Heures du duc de Berry, p
3. Guiflrey (J. -J.), Inventaires du duc de Berry , t. II, n° 1 43, p. 3 10.
4. Ibid., t. I et II, à la table: Rust et Rince. — Champeaux et Gauchery, les Travaux d’art exécutés pour Jean de Berry, p. i36, 167, 168, 169, 170, 172. — Wurzbach (Dr A. von), Niederlandisches Kiinstler-lexicon (1908), II, p. 624.
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tement être dans l'atelier de Pol de Limbourg et ses frères. On peut simplement en conclure, que d autres artistes, soit avant eux, soit en même temps qu’eux y travaillaient. Nous trouvons effectivement ici plusieurs techniques absolument différentes ; pour une série de miniatures nous proposons alors le nom d Henri Bellechose.
Mais historiquement, antérieurement à i4 1 5, nous ne pouvons rien dire de cet artiste. Nous savons seulement que le 2 3 mai de cette année-là, il est nommé son valet de chambre par le duc de Bourgogne « parce qu’il est pleinement content de ses sens, loyalté et bonne diligence ». Il le connaissait donc depuis un certain temps. Or. Malouel, au service du duc de Bourgogne, était mort en i4ia ; en 1 4 1 3 , Bol de Limbourg est nommé valet de chambre du duc de Berry ; il y a là une coïncidence de dates qu’il ne faut pas négliger. Peut-être Henri Bellechose était-il au service du duc de Berry, quand Malouel meurt à Dijon ; peut-être est-il à ce moment appelé à Dijon ; et quand il part, peut-être est-il remplacé auprès du duc de Berry par Pol de Limbourg; les dates permettent cette hypothèse. Pol de Limbourg voit bientôt ses frères recevoir également le titre de valets de chambre du Duc (i4 1 5) et c’est ainsi qu’on trouverait dans leur atelier en 1 4 1 6 cette œuvre de longue baleine, qui ne s achèvera qu’en 1 485.
Mais des trente-cinq miniatures de la première partie nous venons d’en étudier seulement dix-huit : renoncerons-nous à interroger les autres ?
En commençant l’étude de ce chef-d’œuvre nous devons noter l’impression d’Henri Bouchot: « Il faut admettre que des artistes qui l’ont exécuté l’un d’eux au moins a visité l’Italie. » Le duc d Aumale d ailleurs n’écrivait-il pas qu’ « il est notoire que le duc de Berry employait des ouvriers italiens1? » Betenons ces mots, et examinons les traces de cette influence italienne signalée par Champeaux, que M. Em. Bertaux reconnaît « dans la beauté et la séré-
Manuscrits de Chantilly, t. I, p. 69.
LES MAITRES MINIATURISTES (i3gi-XVP SIÈCLE) n5
nité italiennes de l’œuvre* », que M. Henry Martin1 2 3 aperçoit, que le comte Durrieu ne nie pas, que Sir Marlin Conway affirme8, que M. Berenson enfin me précise, en parlant de l'école de Sienne et de son influence sur ce manuscrit qu’il croit « sans aucun doute cependant, œuvre française ». Ces opinions ne sont en résumé que le développement d’une étude d’Eug. Müntz dans la Gazette archéologique, en i885 et d’une communication de Courajod aux Antiquaires de France (i4 mai 1890).
Les critiques d’art prêchent donc la prudence aux paléographes, qui eux, s’appuyent surtout sur les documents d’archives ; mais ceux-ci répondent que les influences italiennes directes sont difficiles à expliquer, les comptes ne nous faisant connaître aucun artiste italien ayant travaillé en France à cette époque : « car dans les textes on ne rencontre que des noms français et s’il y avait eu des Italiens à cette époque en France, cette colonie eût laissé des traces dans les pièces d’archives: or elles sont muettes à cet égard », nous dit le comte Durrieu4 5 * *.
Et de fait, une influence qu'on a cru longtemps certaine, celle de Pisanello, s’est tout à coup dérobée, puisque l’artiste qu'on supposait né à Vérone en i38o, M. Biadego a découvert qu’il naît seulement en 1 3g7 s ; ce qui lui donnerait 19 ans à la mort du duc de Berry, quand l’ouvrage fut arrêté, et i4 ans seulement au cours de l’exécution, si le manuscrit était en train en 1 4 1 1 . Son influence est donc impossible. Mais l’affirmation de la difficulté résultant du manque de textes, n’en repose pas moins sur une négation, ce qui est fort dangereux; car ce qui n’a pas été découvert la veille, peut être découvert le lendemain; tel pourrait-on citer immé-