‹ Les primitifs et leurs signaturesChapitre 56 sur 149 · Archives de l’art français, l. IV, p. i · texte numérisé non relu

Archives de l’art français, l. IV, p. i

4. Archives départementales de Vaucluse; fonds du chapitre de Saint-Agricol; terrier des cens, fol. i4.

goinot . Ne serait-il pas possible qu'il y eût Chaugenot, par un u et non pas un n, comme M. l’abbé Requin l’avait du reste imprimé? L’erreur est si possible, que si nous tournons quelques pages du travail de M. l’abbé Requin, nous voyons que changement semblable a été commis par lui. Sous le n” ^ en effet (i468-i4gi). 11 donne cIuel( ques détails bibliographiques sur un artiste avignonnais, Ginot Balateti ou Bollety. 11 semble cependant qu'il s'agit bien ici d'un artiste très connu que nous allons bientôt trouver (p. 262), qui a signé le manuscrit 2595 de la bibliothèque d’Avignon : « Les présentes heures « furent achevées d’écrire le xxvin0 jour d avril M CCCC LXXXVIII, „ par Guiot Baletet, escripvain et enlumineur habitant en Avignon. » M. Labande a bien lu : Guiot et non pas Ginot1. De même donc, n’y aurait-il pas Chaugenot et pas Changenot? Dans ce cas, le rapprochement s’imposerait presque, car la forme Chaugenot autorise parfaitement la forme Ghugoinot, oi se prononçant ai ou e.

D'ailleurs c’est sur la forme seule du nom que porte toute la discussion. Nul n’a songé à contester en effet qu’il y eût là une signature d'artiste, qui a inscrit dans une de ses œuvres son nom suivi de pinxit. Toutes les objections orthographiques ou onomastiques 11e sauraient donc écarter ce miniaturiste de la liste de ceux qui ont signé leurs œuvres.

La Bible Mazarine, le superbe incunable de i456, conservé a la Bibliothèque nationale (salle d’Exposition) fut enluminée et reliée par Henri Albert dit Cremer. O11 lit en effet, au t. I :

« Et hic est hujus prime partis Biblie scilicet Veteris Testamenti, illuminata seu rubricata et ligata per Henricum Alberti, alias Cremer, Anno Domini M" CCCC" LVI« festo Bartholomei apostoli. Deo grattas. Alléluia. »

Fort nombreux sont les bibliographes qui ont signalé cette sous-

, On pourrait également appeler, dans la même élude de M. l’abbé Requin, l'attention sur Yverni, lu dans d’autres textes Iverici (p. m6, n- .a), « 1“ « 1 »<“ Tavernery Arnaud ou Armand (p. .46, n" 3i); Barthélemy Boris ou Boirs (p. ilfj, n° 3g).

LES MAITRES MINIATURISTES (i3gi-XVI* SIÈCLE)

cription : Ch. Nodier, dans sa Bibliothèque sacrée g recque-latine, Brunei, Graesse, Lacroix et Séré ; mais comme les uns l’appellent Cremer, les autres Cramer, on pourrait se demander si par hasard, il n’y aurait pas quelque rapprochement à faire avec un peintre de Cambrai, qui travaillait en i464, dont parle A. Durieuxdans ses Artistes Cambrêsiens,

Henri Crumer, Henri Crumier , même plus tard Henri Grumel.

Et ce n’est pas une des moindres curiosités bibliographiques de cette étude nouvelle, que de voir ainsi l'imprimeur à ses débuts, réclatner l’aide de l’enlumineur de manuscrits encore dans sa célébrité.

De cette souscription dans un incunable, il faut rapprocher encore les gravures sur bois signées IM, merveilleusement enluminées, qui se mêlent à des miniatures peintes sur vélin, qu’on croit pouvoir attribuer aux meilleurs artistes de l'atelier de Bourdicbon et qui ornent le Livre d'Heures de Charles d’Angoulême, de 1 4^4 (Bibl. nat. ms. lat. 1173, f“ 9 et 22).

i456. Dans son Histoire de la Monarchie française, Montfaucon, au chapitre de Charles VII (t. 111, p. 268), décrit longuement un très curieux manuscrit héraldique, aujourd’hui à la Bibliothèque nationale (Exposition, ms. fr. 4g85).

« Nous avons de Berri, dit-il, une Histoire chronologique de France depuis l’an 1 t\ o a jusqu’en 1 456 , imprimée par Denis Godefroi, avec les autres histoires de Charles Vit . l’an 1661 . Il est appelé Gilles te Bouvier. Mais dans te manuscrit de M. Colhert, il y a le Bonnier, bien écrit.

Ig8 les primitifs et leurs signatures

« Sous la première image de ce manuscrit, qui contient plusieurs peintures, où l'on voit le Roi et des princes assis, des Princes, des grands officiers de la Couronne et des seigneurs à cheval, en l’équipage qu'ils devaient y être, ou qu'ils s'y mettaient eux-mêmes selon leur fantaisie on lit la déclaration suivante : « Je, Gilles le Bouvier, dit Berry, premier hérault de très-hault, très excellent, très puissant Prince et très chrestien le Roi Charles septiesme de son nom, par la grâce Dieu Roy de France; par lui nommé et créé Hérault en l’an mille quatre cens et vingt; et depuis coronné et créé par icellui Prince en son Chastel de Mehun le jour de la haulte fête de Noël à Rov d'armes du pays et marche de Berry ; honneur et révérence avecque toute humble obéissance. Plaise savoir à tous Seigneurs, Chevaliers et Escuiers, que pour ce que tous Roys d'armes sont tenus de savoir au vray le blason des nobles armes que iceulx Seigneurs et Nobles gens portent ; je me suis appliqué et applique à mon povoir de savoir et mettre par escript et en peinture leurs dittes armes en ce présent livrfi. . . »

Le manuscrit est effectivement rempli des représentations les plus curieuses. En tête, Berry à genoux offre son livre au Roi (fig. 171); viennent ensuite dans un second tableau, Charles VII, entoure du Dauphin Louis, de Charles, duc de Berri, du connétable de Richemont. de Guillaume Juvenal des Ursins: et les représentations en nombre considérables, montrent que Berry était, en même temps que fort savanl héraldiste, un artiste qui mérite d'occuper une place importante dans l’histoire de la miniature du xv' siècle.

Entrc C’est entre les années 1 456 et i467 que nous devons placer un 1 456 splendide manuscrit que possède la Ville de Paris, dans les Collecet tiens du Musée Dutuit, au Petit-Palais des Champs-Elysées.

1 467 . Le Catalogue des livres et manuscrits1 le décrit, sous le n° 4 56 (pp. 176-178), et nous fournit tous les renseignements bibliographiques et littéraires qui se rattachent à cette œuvre remarquable. Nous n’avons donc qu’à le résumer pour la connaître.

Manuscrit sur vélin du milieu du xv' siècle, comprenant .1:17 feuillets in-folio. C’est Jean Wauquelin, translateur et écrivain de livres au service du duc Philippe le Bon, qui mit en prose le Roman

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