Reinach (Th.), Gaz. des Beaux Arts
3. Mély (F. de), Les primitifs et leurs signatures. Les Sculpteurs. Paris, Ami des Monuments, 1908, in-8, p. 5o.
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Cliché Mély.
g. 21 G. — Signature de Joachim de Gigantibus.
(Bibl. nat., ms. lat. 12946.)
LES MAITRES MINIATURISTES (i39i-XVI' SIÈCLE)
Dans ce cas particulier, je m'étais effectivement trompé. Mais, c’est cependant un des noms sous lesquels on peut réellement l'identifier. Car L. Delisle {Cabinet des Mss., III, 35 7) nous apprend que c’est bien de cet artiste dont il est question dans les comptes, quand on rencontre: Gioacchino de Giovanni, Giovanni di Gigante, Gioacchino d Alemagna, Gioacchino di Giovanni de Gigante, M° Giovanni Tudischino.
Toutes les fois qu'il a été question d'une signature de miniaturiste, découverte à litre exceptionnel, onvoitciter comme exemple « presque unique en France » l inscription que Jean de Montluçon a tracée sur le galon de la dalmatique du Grand- Prêtre, dans le Mariage île la Vierge (fig. 217), une des miniatures qui orne un Livre d Heures de l'Arsenal, (ms. 438, P 74) :
« JOHANNES DE MON- TELUCIO ME PINXIT. »
Cliché Mély.
Fig. 217. — Le Mariage de la Vierge. Sur le galon de la dalmatique du Grand-Prêtre, on lit : johannes de montelucio me pinxit.
Ce Livre d Heures, qui
pourrait faire l’objet d’une véritable bibliographie, a été définitivement identifié par M. Fournier- Sarlovèze dans un excellent article de la Revue de l art (1309). Au bas de plusieurs miniatures, on voit des aimes portant dazur à une bande chargée de trois croissants de sable. Cest 1 écusson dune famille notable du Bourbonnais, la
famille de Chappes, qui eut. aux environs de Montluçon, au xiv° siècle, une très grande situation. Elle a donné entre autres Pierre de Chappes, évêque d Arras et de Chartres, chancelier de France de 1 3 1 7 à i320, cardinal en 1827. mort en 1 336.
Jusqu’à l'élude de M. Fournier- Sarlovèze, le manuscrit de l’Arsenal était la seule œuvre qu on pût attribuer authentiquement à Jean
de Montluçon, car ce que nous connaissons de lui par les comptes a disparu. Mais dans un polyptyque de la Vie de la Vierge, conservé à N.-D.
de Montluçon, qui se compose de sept panneaux, M. Fournier- Sarlovèze trouve, dans le panneau central, sur la bande inférieure de la robe de la Sibylle Libyque, un M dont le premier jambage détaché a la forme d’un J : et comme les caractères artistiques de ce retable lui paraissent proches parents du manuscrit de l’Arsenal, il est tenté de voir dans ce monogramme les initiales de Jean de Montluçon.
- Le Mois de Novembre: Miniature du Calendrier du Livre d' Heures enluminé par Jean de Montluçon.
(Bibl. de l’Arsenal, ms. 438.)
C’est en 1 j 7 7 que pour la première fois on rencontre le nom de cet artiste. Le 12 octobre de cette année, le lieutenant de garde de la prévôté de Bourges mande au receveur de Berry de « payer à « Jean de Molisson, peintre, demeurant à Bourges, vingt sols tournois « pour avoir peint en quatre feuilles de papier en la grant forme, la « figure de messire Jehan de Chalon, chevalier, prince d Orange, « comme pendu par les pieds à un gibet et ses armes renversées 11 ainsi qu un traistre déloyal au Roy1. » Thibault la Leure, maître
1. Botticelli, lui aussi, avait été charge de peindre le portrait de l’archevêque de Pise pendu
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verrier à Dijon, exécuta une partie de l’ouvrage. Puis on reste huit ans sans rencontrer le nom de Jehan de Montluçon. En 1 485 il réapparaît: il vient de peindre les torches de la procession de la Fête-Dieu, à Bourges. En 1/487, il peint les armes du Roi; en
I'ig. 319. La Nativité de la Vierge. Panneau du Polyptyque de Montluçon signé J. M., attribue à Jean
de Montluçon.
(Eglise de N.-D. de Montluçon.)
1 -189 *1 peint une statue de la Vierge avec un angelet, œuvre de 1 imagier Pierre Lemesle ; en 1/492, il peint des torches pour la procession qui fut faite pour les bonnes nouvelles de la nativité de Monseigneur le Daulphin » et « une ymage de N.-D. de Pitié, mise sur le portail du pont d'Auron ». C’est la dernière mention qu’on ait de l’artiste.
par les pieds, et M. Bonnat possède également l’image, par Léonard de Vinci, d’un conspirateur pendu en effigie.
De Mélï.
L'étude de M. Fournier-Sarlovèze
Fig. 230. — La Nativité de la Vierge. Miniature d’un Leclionnaire. (Bibl. de Bourges, ms. 33.)
et une excellente gravure de la Nativité de la Vierge du polyptyque de Monlluçon, cpii l'accompagne (fig. 219), nous engagent à faire un rapprochement avec le Leclionnaire 33 de la bibliothèque de Bourges (fig. 220). Naguère M. P. Durrieu crut pouvoir attribuer ce dernier au « Maître des Heures du Maréchal de Boucicault » ; c’est qu'il ne connaissait pas le tableau de Monlluçon, qui vient ainsi avec son monogramme, apporter à
l'œuvre de Jean de Monlluçon un appoint tout à fait important.
Au passage, je signale sans m'y arrêter autrement, car je n ai pu avoir aucun détail sur lui, un manuscrit enluminé des Heures de Notre Dame de la bibliothèque du duc de Sussex.
D après Bradley, il portait :
« Per me Jo. Hugueti, i48o. »
Constatons simplement qu'au xve siècle plusieurs peintres, dont un Flamand, Jaime Huguet qui travailla en Espagne et en Portugal, ont porté ce nom.
Au P 24 v° d’un Recueil de la Bibliothèque de Lille (ms. 1 38) on lit :
« Che livre est à Sire Henry Descamps, curé de Bovinnes, et „ fu parfais de se main le yi” jour de juillet lan mil quatre cens « quatre vins et deux. Priés Dieu pour lame de ly et de ses anus, « et cetera. Henry Descamps. ><