Gazelle des Beaax-Arts, 1907 (1), p
de Cassel, signées TIB, dont nous nous sommes occupés plus haut (pl. XVI), s'empresse-t-il d'en faire état.
Le chanoine Dehaisnes, lui, se déclare incapable de déterminer
la part de Memling, de Gérard de Gand, — qu’il identifie avec Gérard van der Meer, de Lievin d Anvers, quil croit être Lievin van Laethem. Je ne comprends pas très bien. Car, s'il ne voit dans le Bréviaire que vingtquatre miniatures du calendrier et soixante grandes miniatures, soit quatre-vingtquatre pages enluminées, comment peut-il tenter de découvrir. d’abord les deux cent cinquante de Gérard de Gand et de Lievin d'Anvers qu’il croil indiquées par Marc- Antonio Micliiel, ensuite le nombre indéterminé des miniatures de Memling? Mais, chose beaucoup plus intéressante, il ajoute qu’il lui paraît certain que Jean Gossart de Maubouge a enluminé la miniature qui représente Sainte Catherine d'Alexandrie au milieu des Docteurs. « On lit, en ellet, dit-il, sur la frise d'un édifice de cette page, le mot GOSAIlT (fig. 235 et 236).
On peut dire, d est vrai, qu’il y a COSART par un C, mais la chose est courante au moyen âge ; nous pourrions citer vingt exemples du G remplacé par un C ou réciproquement. Tel cet Henri Grunel, peintre de Cambrai en 1 477 - rIu‘ écrit également son nom Crumer. Crunier.
Fig. a35. — Sainte Catherine au milia des Docteurs. Miniature du Bréuiairc Grimani signée Cosaht.
(Bibl. de Venise.)
L1ÎS MAITRES MINIATURISTES (i39i-XVI' SIÈCLE) a7i
Et cette signature de Gossarl n est point unique. Il vient d’entrer à la National Gallery (icr septembre igu) une .1 doration des Mages, cedee par la comtesse de Carlisle ; et le Times de signaler I inscription du bonnet d’un des Mages où on lit J ENNI GOSSART O. G. MALUBOD. « O. G. sont bien difficiles à expliquer, dit-il « . Ces deux lettres veulent cependant peut-être dire simplement O [P VS] GfESSIT]- Enfin c était pourtant déjà de 1 objectivisme; un peu trop inconcilié assurément avec ce que 1 érudit chanoine écrivait une page auparavant.
Mais, en 1891, les temps notaient pas venus cl cette miniature, Labartc la regardait comme de Memling. avec
celle de la Vierge entourée de saintes (fig. 2/12), et celle de
Sainte Catherine et autres Vierges
Cliché Mély.
Fig. a36. — La signaturo de CO S A RT. Détail do la miniature précédente.
Ce nom relevé par k chanoine Dehaisnes, nous ramène à Morelli.
Pendant qu’à Venise j ’examinais avec le Dr Coggiola ces belles peintures, j’ai beaucoup appris. D’abord une fois de plus, j’ai constaté là combien était vraie la phrase de M”c Bertin, la modiste de la reine Marie-Antoinette : « Il n’y a de nouveau que ce qui est oublié ». Si, depuis le 10 janvier 1 853, ainsi que nous pouvons l’apprendre par les Procès-verbaux du Comité d’archéologie '
i. \'oir la Préface.
Fig. 237.
Cliché Mély.
- Sainte Catherine, sainte Cécile, sainte Barbe et autres 1 ierges. Miniature du Bréoiaire Grimant.
(Bibl. de Venise.)
nous faisons connaissance officielle avec la légende de l'humilité, de la naïveté des primitifs qui. voulant mourir dans l’anonymat d’une gloire commune, ne signaient pas leurs œuvres, des savants comme Zani1 *, à la fin du xviiT siècle, écrivaient que les artistes du moyen âge inscrivaient leurs noms dans les galons des vêtements ; et Morelli. parlant alors du Bréviaire Grimani, pensait que c’était dans les inscriptions tracées sur les bordures des vêtements, qu’il fallait chercher la clef du mystère qui enveloppe celte œuvre incomparable. Tout cela, M. Coggiola l’a résumé dans une note très substantielle que je suis heureux de lui emprunter .
Les photographies que je suis allé faire à Venise vont apporter, je l’espère, une petite pierre à l’édifice nouveau qu’il s'agit d’élever sur des données indiscutables par leur précision scientifique.
Le Bréviaire Grimani, écrit postérieurement à 1 47 1 • puisque le nom de Sixte IV est inscrit au L 2843, est un très gros manuscrit enluminé, composé de 83 1 feuillets. Mais, lorsqu’on commence à l’étudier, on éprouve une certaine surprise à voir que ceux qui en ont parlé ne sont nullement d’accord sur le nombre des miniatures qU’il renferme. L’un commence par parler des 125 miniatures de Liévin d’Anvers, des 125 miniatures de Gérard de Gand, dun nombre indéterminé de miniatures de Memling, qu’on prétend citées par
i . Zani (Pietro), Maleriaü per servire alla storia deW origine e dei progressi deW incisione m
rame e in legno, Parma, Carmignani, 1782, in-8, p. i3g. .
2 « Il Morelli in quesli suoi appunti trascriveva lutta la sene d, frasi, di parole varie et a o a
(ami il pii. spesso) di lettere son, .a significato apparente o di segn, grade, eslrane. ail allabeto cm, .une che ai vedono tracciali qualche volta nei bordi e quasi sempre nelle grand. Dguramoni, m ispecial modo sugli orli delle vesti dei varii personaggi. E, corne a g.ust.r.care taie suo enter, o ncordava alla fine delle sue note : « Intorno aile parole che sono ne, lemb, ovvero orl, delle vest, nelle pitlure e carte intagliate in rame, vedi l’abate Zani nei Matenah per l istona dcll mciswne, p. ,3y, dove dire che li pillori e artisti vi mettevano U titoli delle figure o test, ad esse analoghi 0 h nom, proprii d, essi arteOci ». Evidentemente il Morelli, accedendo a questa opm.one, conlidava d, r.cavare dall esame attento di quelle scritte qualche lume sulla personalilà degl, arhsti. Ne la quest, one e priva di attualità, dacché, di contro allô scelticismo dei pii,, il de Mely, con mgegnos, argomen ,, si va adoperando a dimostrare, per l’appunto, che quelle scritte misteriose custod.scono forse, presse notizie, e che ail’ indilTerenza quasi generale deve essere sostitmta la pm diligente cura pe penetrarne il segreto » (Coggiola, Op. c., p. 66).