Labarle, Histoire des Arts industriels, t. II, p
LES MAITRES MINIATURISTES (i3gi-XVI" SIÈCLE)
1 Anonyme de Morelli, — nous avons précédemment fait toucher du doigt ] erreur (p. 266), — et cherche a démêler la part de chacun de ces artistes dans ce total minimum de 25o. puisque Memling n’est pas compris; et cependant il n'en mentionne que 8/p L’autre en signale io4 : si nous refaisons son addition nous n’en trouvons que 102; la plupart des critiques, d'ailleurs, ne cite pas de nombre. M. Coggiola qui, après moi. a bien voulu en refaire le compte exact, en trouve 110, nombre d'ailleurs donné naguère par M. Ed. Baes, plus lard également par le comte P. Durrieu. Elles se décomposent ainsi: 2 f\ du calendrier, 18 petites dans le texte. 19 grandes dans le texte, 4g grandes pages hors texte.
D'un premier examen général très rapide, nécessaire avant d’aborder le détail d’une œuvre aussi complexe, se dégage immédiatement une impression très nette. Il y a là trois séries de miniatures tout à fait distinctes: a) le calendrier; 6) les miniatures faisant partie intégrale du manuscrit, puisque dans la base de la page commence l'office, qui se continue au revers; c ) les miniatures hors texte, absolument indépendantes du manuscrit, puisque, caractéristique très particulière, elles sont peintes à pleine page, sans texte, sans légende même, et que le verso est blanc. Si on examine le parchemin, on remarque même qu'il est différent de celui employé pour le manuscrit. De plus, en regardant les coutures de la reliure, M. Coggiola a constaté qu’elles sont feuilles détachées, tandis que les miniatures du groupe b) font toutes au contraire partie d’un cahier.
Je ne crois pas qu on puisse toujours demander aux calendriers des Livres d Heures de très exacts renseignements sur les artistes qui enluminent les prières suivantes, surtout quand il s’agit de manuscrits aussi précieux que le Grimani. Ils pouvaient fort bien être exécutés d’avance et attendre dans la boutique du librairier le choix de 1 acheteur. Seules, demeuraient peut-être à remplir les colonnes des fériés, suivant la liturgie du pays où ils devaient être idilisés. Néanmoins, ils doivent être sérieusement examinés.
Si on s en tient ici aux apparences immédiates, on doit rappro-
De Mbly.
cher le calendrier du Grimant de celui des Très riches Heures du dite de Berry. Mais entre les deux manuscrits, il y a la distance de l’original à la copie ; et la copie on la sent bien ici (voir p. 126).
Cliché MO y.
Fig. a38. — La Curée de Décembre. Miniature du Bréviaire Grimani. (Bibl. de Venise.)
On croit pouvoir donner au calendrier du Grimani une origine flamande. C est très possible, malgré des détails essentiellement français, semis, récoltes, vendanges, scènes de chasse, paysages, costumes, bien qu'on y voie les trois Heurs de lis de France et, sur le chemin de ronde du château qui décore le fond (Y Octobre, un large cadran tricolore, aux couleurs de Paris, qui flamboie comme
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un pavillon1. L influence italienne est moins frappante: et cependant, la Curée de Décembre (fig. a38) est bien celle de l’album deGiovannino de Grassi (fig. 116); mais c’est une copie, on ne saurait trop le répéter.
Il faut par contre retenir soigneusement I observation île M. Schmidt-Degener, le savant directeur du musée Boyinans de Rotterdam, montrant ipie le cheval blanc de la dame qui assiste au Mai (pl. XVIII) est la reproduction de celui du Juge intègre de l'Agneau des van Eyck (fig. 289) qui était à Gand. inversé par exemple, tout comme le paysan de la Glandèe de Novembre ; puis dons la petite scène du barbier qui saigne un client au Mois de Septembre, dans les vitraux, les armes de l'Empereur, de Gand, de Bruges, de Courtrai. Et je ne sais vraiment pourquoi, le costume, le visage du patient, me paraissent bien proches parents de la ligure ronde et pleine de l’empereur Maximilieu lui-même, tel que nous l'a léguée Lucas de Leyde (Mély, Rev. archéol. . 1912 (2), p. 86). Enfin, M. Desirée a signalé à notre attention une sorte d écusson fixé à la maison du Mois de Février, où il voit une couronne fermée entre une épée et un sceptre impérial entrecroisés.
Ainsi les présomptions pouvaient déjà se porter vers les ateliers flamands, quand il y a quelques semaines, une étude de M. Maeterlinck sur les Enfants terribles dans les Flandres, attira notre attention. Il reproduisait notamment un passage de Nicolas Despars qui écrivait à
Img. 23g. — Les Juges intègres. Volet du Retable de l'Agneau autrefois à Gand. (Musée do Berlin.)