‹ Les primitifs et leurs signaturesChapitre 78 sur 149 · Gazette des Beaux-Arts, t. XX (186G), p · texte numérisé non relu

Gazette des Beaux-Arts, t. XX (186G), p

Sainle Barbe du tableau attribué à Gérard David, décrit dans 1 Inventaire de 1 537 des Carmélites chaussées de Bruges, aujourd’hui au Musée de Rouen. 11 faut seulement faire observer que c'est un report, puisqu’ici elle est à gauche, quand elle est à droite dans le

tableau de Rouen. N’est-ce pas d’ailleurs ce que nous venons de constater pour le cheval du Mois de Mat, report du cheval d’un des Juges intègres du Retable de I Agneau? Et 1 influence de Gérard David paraît tout aussi évidente dans cette petite l ierge charmante (fig. 248), si proche parente de celle du Musée de Lille, ou plus encore, de la 1 ierge de la collection Bordonaro à Palerme; mais encore une lois la Vierge du Grimani est inversée.

Mais voilà ! dans le galon du bas de la robe de sainte Catherine nous lisons 1IORVIEU.

On me dira que ce sont là des noms d’inconnus : je ne le conteste pas. Mais ce sont des noms de personnes et qu’on les juge utiles ou inutiles, si on les avait vus. il aurait fallu dire qu’ils étaient là et qu'ils 11e présentaient aucun intérêt. 11 eût été difficile cependant, de les séparer du nom de GOSART, qu’on a lu et accepté dans une autre miniature. Du moment que ce dernier est admis comme artiste, il me semble bien difficile de récuser les autres, sous prétexte qu’on ne les connaît pas. A qui fera-t-on croire que l’art du xv° siècle se résume en une vingtaine de noms dont on a baptisé, jusqu’à ces derniers temps, toutes les œuvres d art de valeur i* Forcément, nous sommes appelés à rencontrer sur notre route bien des ignorés, avec lesquels il faudra faire connaissance, car ils furent des milliers. Nous devons dès lors admettre que des pages, même

(Jliché Mély.

Fig. 248. — La Vierge et l'enfant Jésus. Miniature du Bréviaire Grimani.

(Bibl. de Venise.)

LES MAITRES MINIATURISTES (i3gi-XVr SIÈCLE)

fort belles, attribuées en igo5 à Memling, sans aucune preuve, pourraient tout de même bien être de THOMAS RAIBI, d'iIORVIEU, de GOSART, dont les noms sont inscrits là, fort en évidence.

Au milieu d autres inscriptions qui présentent les plus extraordinaires difficultés d'interprétation, il en est encore deux qu'il est indispensable de signaler.

Le f° 468 est une des pages les plus admirables du manuscrit. Ce Paradis (tig. 24g), dont la photographie ne saura jamais rendre le charme et qu'on serait tenté d’attribuer à van der Goes, est d'une maîtrise si extraordinaire quon ne peut vraiment trouver à qui le comparer. Dans sa poésie toute septentrionale,

I artiste semble avoir devant les yeux la vision d'un fou (pii s'allume sous le soufflet du forgeron.

Les bleus, très transparents, très tendres, rappellentla petite llamme qui se glisse à travers 1 or du brasier, et les anges de l'auréole, simplement indiqués par une

1 1 1 Cliché Mély.

mince ligne d or bruni, baignent F“. **9- — u Paradis. Miniature du Bréviaire Grimni.

° 8 (Bibl. do Venise).

dans une lumière dorée, comme

les étincelles légères qui s'en vont vers le ciel, dans le gris bleuâtre d'une fumée très claire. Et je lis sur le galon de la chape de l'évêquè :

II O ER. IASENO CVOREI.

HOER? Quel est donc ce mot, séparé de la suite par un point? Un nom? Bien probablement, si nous voulons nous souvenir que le chambellan du duc Jean de Berry s’appelait Henri Hoier, et que le Bottin, de nos jours, mentionne au nombre des notables commerçants de Paris un M. Hoer. N'avons-nous pas d'ailleurs à Alten-

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bourg, au xvf siècle, un artiste du nom de Jean Hauer? Et Ion sait combien, à cette époque, l’orthographe des noms propres était

variable. IANSEN est parfaitement un prénom ; 10 qui vient à la suite semble bien celui que nous avons rencontré tant de fois. I abréviation d ’OpiJex. CVOREI. par contre, me paraît rentrer dans l’ordre des cryptogrammes.

Et réellement une page du célèbre Xalère Maxime de Philippe de Comines (British Muséum, ms. flarl. 4^7 5).

enluminé vers 1 4^7 5 1 , paraît confirmer l’hypothèse d un nom d’artiste : HOER.

On trouve en effet sur le coupet de la tente de la miniature IX, dans un ordre régulier, des lettres romaines en clair, alternant avec des caractères cryptographiques; elles donnent H...OE...R (fig. 25o-a5i). Vraiment il semble bien qu’on ne puisse lire là autre choseque I IOER.

Presqueau même endroit, où dans la miniature de Saillie Catherine aux pieds de la Vierge nous voyons IIORVIEü, est tracé dans le galon du bas de la robe du Martyre de sainte Catherine (fig. 262), en place très évidente : MOGAU. Je me garde de proposer une explication, de parler par exemple de Mayence qui pourrait être lu la comme GAND, dans la miniature de Y Extrême-Onction (fig. 241); il faut faire remarquer cependant que la miniature est essentiellement allemande, et de

1 . Warner, Illununaled manuscripts in lhe British Muséum (1899-1903), 2e sér., e 1 18.

Cliché Donald Macbeth.

Fig. a5o. — Miniature de Valerc Maxime. Sur le coupet de la tente H...OE...R.

(British Muséum, ms. Harl. 43/5.)

Fio. 2DI. — Signature de HOER. Détail de la miniature précédente.

LES MAITRES MINIATURISTES (i3gi-XVl“ SIÈCLE)

costume el de facture. L’Empereur à cheval, est coiffé de la tiare impériale, et le bourreau porte à son béret rouge, une cocarde

En résumé, ces constatations sont celles que Morelli, inspiré par Zani, avait soupçonnées : il les avait même relevées. Comment ne les a-t-il pas ulilisées. lisibles comme elles le sont1!1 II est vrai que

la lecture et la transcription qu’il en donne ne sont pas toujours

très fidèles. Pour Zanotto, qui les transcrivit également, il prit soin, après chaque repro¬

duction, de bien préciser qu'il s'agissait de mots sans aucune signification. Mais, aujourd’hui. grâce à la photographie, on ne peut nier

l'évidence. Quant aux miniatures si différentes de forme, d’exécution, d’écoles, passant du sentiment allemand le plus caractérisé, comme le Martyre de Sainte Catherine où se trouve le nom de MOGAU, à la tradition ponentaise, comme les Saintes (fig. 287) comme Sainte Catherine au milieu des docteurs

235) , comme Esther devant ^ Ic> a^3, — ^ar0Te sainle Catherine. Miniature du Bréviaire

\ O ) ' Grimani : dans le galon de la robe de la sainte on lit mogau.

Assuérus (pl. XIX), comme ^ (Bibi. a. ve„ua).

Saint Georges (fig. 2/17). °ù nous trouvons les noms de Thomas Raibi, dHorvieu, de Gosart, les monogrammes HS, II mêlés à des pages si manifestement inspirées de Gérard David, de Jérôme Bosch, le nom de Gand, elles paraissent bien prouver que le Bréviaire Grimani, loin dètre une œuvre de collaboration intime, comme on l’avait sup-

i. Morelli (Jac.), Breviario Grimani (Acc. 92-122 dcl ms. Marciano già Rizervati 73) [Coggiola]. De Mély. 3^

posé, est au contraire, fort probablement, un véritable album, composé d'éléments magnifiques, très artistiquement choisis, mais des plus divers, des plus étrangers les uns aux autres, dans la conception première de leur indépendante exécution.

1/193. Les Heures de la Croix sont conservées à la Bibliothèque nationale (ms. fr. 566 1). Leurs pages sont encadrées de bordures enluminées; les prières commencent par de fort jolies lettrines; quelques onglets, coupés au canif (P» 1. 7. 8) marquent la place de miniatures qui ont été détachées; la devise « Plus qu’autre, Charles », indique qu elles ont été exécutées pour Charles VIII. Au f° 1 v° (actuel), 011 lit : « Cest heure est du roy loys xii"0 » . Elles se terminent par cette mention :

„ q, humble serviteur Robert du Herlin fail à Tours i4g3. »

Un autre manuscrit de la Bibliothèque nationale (fr. 2262) est intitulé Le Pommier de doulceur. Là également nous lisons le nom de Robert du Herlin avec la date de i/t8i. Ici par exemple, la miniature de tête, tout à fait curieuse est restée (fig. 253).

Le ms. fr. 2000. Le jeu des échecs moralises, signalé par M. Couderc {Album des portraits. XCV), porte aussi le nom de Robert du Herlin et la date de i4g3. L'insertion dans le volume des portraits de Jean ou Nicolas d’Anjou, fait supposer à M. Couderc quelle pourrait bien être due à Robert du Herlin lui-même, car, ainsi que nous venons de le voir dans le litre du Pommier de doulceur. il travailla pour le roi de Jérusalem, d'Anjou et de Sicile. René. D’ailleurs, l’encadrement de celte miniature est presque identique à l’enluminure des Heures de la Croix.

L. Delisle signale enfin dans le Cabinet des Manuscrits (t. III, p. 343), un fragment d’un poème inédit à la louange de la Vierge, composé pour Anne de Bretagne par Robert du Herlin, secrétaire des rois Louis XI, Charles VIII et du duc de Bourbon. Nous suivons ainsi 1 artiste de i48i a i49^'

LES MAITRES MINIATURISTES (i3gi-XVI' SIECLE)

La miniature du Pommier de doulceur rappelle les lianlises de Jérôme Bosch (voir p. 267). Bien que du Herlin fût attaché à la cour de France et habitât Tours, elle pourrait nous faire supposer une origine flamande, absolument comme plus tard, celle des Clouet pourtant si français, dont les ancêtres semblent bien cependant devoir être recherchés parmi les Cloet qu’on trouve dans le Keuren de Bruges en 1 /|5g, parmi les Clawet de Cambrai en 1/193. Nous connaissons en effet des Herlin rhénans, dont un,

Frédéric, élève de Jean van Eyck, maître en 1467 après avoir longtemps travaillé à Bruges où précisément Bené d’Anjou vint en i43/[ distraire les ennuis de sa captivité (Lahorde, Preuves, p. xxv) épitaphe, à Nordlingen le 12 octobre 1 4g 1 1 .

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Cliché Mély.

Fig. a53. — Frontispice du Pommier de doulceur, par Robert du Herlin.

(Bibl. nat., ms. fr. 2252.)

mourut, suivant son

Dans le nimbe d'un Christ, qui décore le f° 2 du t. II d’un

Graduel de on peut lire :

Jacobus von Olmuncz, me fecit in Bechinia.

i5oo. Quand à l’année 1 3g 1 (p. 76) il a été question de l’organisation des corporations laïques et des sentences prévôtales qui homologuaient leurs statuts, la succession des règlements nous a conduits jusqu a une ordonnance du 21 mars i5oo, édictée pour assurer l’exécution des Coutumes (p. 79). Cette dernière, qui renouvelait la prescription pour les miniaturistes et enlumineurs de Bruges de marquer les images qui sortaient de leurs ateliers, est accompa-

1. On a de lui, à Nordlingen, une très intéressante Nativité (reproduite dans Die Woche de Berlin, décembre 1 9 1 1) et un Calvaire, au Musée de Cluny, n° 1686.

gnce cl'une page portant les marques, adoptées par les artistes qui. cette année-là, donnèrent dans le Livre nouveau leur nouvelle marque ou renouvelèrent 1 ancienne.

La voici :

Pieter de Wulf .

y-~ s.- \\-tp y

Didier Rivière .

J an Moke .

J an van den Moere.

Adriaen de Raet .

Claes de Coutre .

Adriaen Metteneye ....

Philips van Moghen.

Adriaen Renier .

Antoine de Trompes. .

Svmon Byeninc .

Joos de Burgrave ....

< =» Ufjrw.»

Fig. a5/|. — Marques de miniaturistes qui accompagnent l'Ordonnance du 21 mars i5oo. (Archives de Bruges.)

Nous sommes encore ici en pleins « jeux de mots », en « rebus » auxquels se complaisaient tant, comme nous l’avons vu (p. 81) nos ancêtres du Moyen Age : Didier Rivière barre son O (son eau), Moere prend pour marque une fleur de mûrier ( moer ), Adrien Metteneye signe : met, een. ei, avec, un, œuf. Renier, avec une clé. Mais pour ce dernier, j adopterais beaucoup plus volontiers le texte du Keuren, qui porte à cette place Adrien Kemer, enlumineur; car, Kamer voulant dire chambre en flamand, il est naturel qu elle ait une clé.

De ces artistes nous savons peu de choses. Didier Rivière, né à Langres, était venu s’établir à Rruges en 1/176 : il prenait à cette

LES MAITRES MINIATURISTES (i3gi-XVI‘ SIÈCLE)

époque le lilre de verlichtere ende schildere, c’est-à-dire peintre et enlumineur; il mourut en i5og. Nicolas de Coutre, élève de Philippe de Marolles ou de Mayerolis, fut admis dans la gilde des Librairiers en 1 479 el mourut entre 1 5 1 1 et i5i2. Adrien Renier ou Kemer meurt en 1 5 1 g . Quant à Simon Bening, nous savons parfaitement qui! signait ses ouvrages. A l’Exposition de la Toison d'Or de iqo8, on voyait son portrait, avec son nom inscrit par lui-même.

Ces marques sont d’une importance capitale, surtout quand on sait que les scribes-enlumineurs vont devenir imprimeurs et que les premiers typographes ne marqueront pas autrement les volumes qui sortiront de leurs presses. Il suffît d’ouvrir Silvestre ( Marques typographiques), pour y trouver en foule, les jeux de mots dont il a déjà été question à l’année 1 3g i (p. 8i): Colins signe avec des lapins, Angelicus, avec des anges, Cloquemin, avec deux mains entrelacées, Apiarius, avec un ours qui mange des abeilles, Fezandet, avec un faisan1, Panthoul avec deux paons, de Glen, avec trois glands, du Puy, avec un puits, Dupré, avec un pré,

Lenoir, avec un nègre, Jove, avec un Jupiter, La Forest, avec des arbres,

Gilles Couteau, avec un couteau. Pierre le Brodeulx, avec deux petits brocs,

Olivier de la Herse, avec une herse,

Rohm Thierry, avec trois pailles de riz, Gryphius, avec un griffon.

M ais pourra-t-on objecter, est-il des exemples des marques d’enlumineurs de V Ordonnance de i5oo ? Le R.

P. van de Gbeyn. l’éminent conservateur de la Bibliothèque royale de Bruxelles, a bien voulu m’apprendre que pour un des miniaturistes de cette liste on retrouvait sa marque dès 1 4§4 -

Le Catholicon (mss. gi2i-a3 de la Bibl. roy. de Bruxelles)

Cliché M ily.

Fig. a55. — Première miniature du Catholicon, avec la marque de Jean van den Moere.

(Bibl. roy. de Bruxelles, ms. giai).

. Le Windmill Psciller, du Catalogue Pierpont Morgan, est marqué en tète d’un faisan.

s’ouvre par une miniature attribuée pour des raisons certaines à Jean van den Moere.

Or, dès 1886, M. Destrée faisait remarquer, aux quatre coins du cartouche, une petite fleur de mûrier, marque de uolre enlumineur (fig. 255).

Si donc nous faisons connaissance ainsi avec un d'entre eux. il est certain que l’avenir peut nous en faire découvrir d’autres.

Et je crois alors, sans rien oser affirmer cependant de positif, que ce coq au-dessus d'un V, que nous trouvons comme marque à la première page du ms. fr. 4&7 (6g- 2^d) de la Bibliothèque nationale, de décoration brugeoise, pourrait bien être la marque de l’enlumineur de Coc, que nous trou-

Cliché Mély.

Fig. aol). — Bas de la première page du ms. fr. 457, marquée avec un coq.

(Bibl. nationale.)

vous à Bruges de 1/162 à i5i8(AWn, p. 283). D'ailleurs, le libraire Lecocq, de Paris, va prendre en i5oq la même marque.

xv- Jusqu’ici il nous a été possible de mettre une date, a côte des siècle, noms d'artistes que nous mentionnions; mais le xve siècle va nous en fournir d’aulres pour lesquels nous ne pouvons préciser. Nous rencontrons aussi dans les miniatures des monogrammes, qui sont certainement des signatures, car tous ceux qui ont été aperçus jusqu’ici, ont immédiatement été admis comme telles, par les critiques actuellement les plus sceptiques. Comme il nous est encore impossible de les identifier nous allons les donner simplement dans leur ordre alphabétique.

La lettre A, surmontée d’une croix latine, se voit très ostensiblement dans la troisième miniature d’un magnifique exemplaire

1. Destrce (J.), Bulletin des Commissions royales d’art et d' archéoloi] te de Belgique, t. XXV (l886), P- 288.

LES MAITRES MINIATURISTES (i39i-XVIe SIÈCLE)

incunable d’un Boëce, De Consolalione (Gand, Arend de Keysere, G|85, f1), orné de six grandes peintures, qui a passé dans les premiers mois de 1912, chez le grand libraire parisien Bélin. On a voulu y voir l'initiale d’Alexandre Bening ; car seul, a-t-011 dit. parmi ses confrères, l’artiste portait ce prénom. C’est peut-être une affirmation trop précise : le Keiiren en elTet signale à Bruges, vers cetle époque, Alexandre Fraet, Alexandre Meyno et Alexandre Neelof. Mais en plus, puisqu’il n’y a qu’une initiale, nous ne pouvons oublier qu’au xve siècle, toujours d’après le Keuren, fort nombreux sont les artistes dont le prénom commence par un A : Adrien, Antoine, Anselme, André, Alard, Albert, Augustin, Arnold, Aelimet, Arthur, Alphonse. D’ailleurs, dans la reproduction des marques qui accompagnent l 'Ordonnance de i5oo, ne voyons-nous pas justement un A, surmonté d’un fleuron : signature d’Adrien de Baet? (lig. 254). On ne saurait donc vraiment proposer ici un rapprochement quasi nécessaire avec l’^Uexïimter 2D du Boëce de la Bibliothèque nationale (f. Néerlandais 1), enluminé pour le Seigneur de la Gruthuyse (fig. g5).

D’après le comte P. Durrieu1, il faudrait encore regarder l’A. M. du charmant petit médaillon des Antiquités des Juifs (Bibl. de l'Arsenal, ms. 5o83, f° clix) où un jeune homme embrassant une jeune tille est encadré de la devise : BELLE AMIE PRENDEZ EN GREZ, A. M. (voir p. 280) comme les initiales d’Alexandre Bening et de son amie. Mais il faut rappeler que ces deux lettres se trouvent également dans un dessin, qu’on croit devoir attribuer à Quentin Matsys*. Nous n avons donc, encore de ce côté, aucune précision à proposer.

Deux miniatures des Chroniques de Jésusalem de la Bibliothèque impériale de Vienne, qui sont à rapprocher de l’œuvre de l’artiste appelé « le Maître de la Toison d’Or » (voir p. 2i5), nous donnent sur des tentes les deux monogrammes AV et S + P:l.

1. Gazette des Beaux-Arts, 1891 (1), p. 367 et 1891 (2), p. 54.

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