‹ Les primitifs et leurs signaturesChapitre 8 sur 149 · Bibliothèque de l'École des Charles, 1904, p · texte numérisé non relu

Bibliothèque de l'École des Charles, 1904, p

2. Jahrbuch der Kunsthistor. Saniml. (Vienne), t. XII (1892), p. i-36, fig. i3.

Raban Maur écrit donc que c’est ici son image qu’il a peinte lui-même en adoration devant la Croix.

A l'exposition du Burlington Club de 1908, le Trinity College de Cambridge avait envoyé un fort bel exemplaire du même ouvrage, écrit au x” siècle. Dans cette miniature (lig. 5) on lit le nom de HRABANUS. Assurément, je me garderai bien de présenter ce nom comme une signature authentique d’arliste, puisque le manuscrit est postérieur d’un siècle à la mort de Raban. Mais devant cette page, quand nous venons de voir que l’archevêque de Mayence était un véritable artiste, on ne peut s’empêcher de rappeler que Léopold Dclisle nous a montré nombre de manuscrits, si servilement copiés dans les siècles suivants, que tous les détails, même les signatures des scribes, étaient fidèlement reproduits (cf. p. 55).

870. Le Codex aureus de Saint Emmeran de Ratisbonne, aujourd’hui à la bibliothèque de Munich (Cod. 1 4oo), fut fait à Saint-Denis1. Il est orné de six miniatures dont la première représente Charles-le-Chauve assis sur un trône byzantin (pl. I). Une petite pièce de vers qui se trouve à la fin du volume, fixe la date d’exéculion à l'année 870, et fail en même temps mention du nom des deux artistes, Deringard et Liuthard qui l’ont exécuté.

« En Beringarius, Liuthardus, nomine dicti.

Quis fuerat sudor, difficilisque nimis

Tibimet, lector, succédant verba precantis Ut dicas capiant régna beata Dei. »

« Voici ceux qui s’appellent Beringard et Liuthard. Lecteur sache leur peine et leurs difficultés et prie pour qu’ils obtiennent le bienheureux royaume de Dieu. »

C’est très probablement le même Liuthard qui enlumina le Psautier de Charles-le-Chauve (Biblioth. nat. ms. lat. 1162) décoré de trois miniatures, et qui se termine par ce vers :

« Hic calamus facto Liuthardi fine quievit. «

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