‹ Les primitifs et leurs signaturesChapitre 81 sur 149 · Paris (Paulin), Manuscrits français, t. IV, p · texte numérisé non relu

Paris (Paulin), Manuscrits français, t. IV, p

2. Van den Ghevn (Le P.), Catalogue de la Bibliothèque royale de Bruxelles, t. V, p. 21.

3. Voir Paulet, Jacmart Pilavaine, miniaturiste du XVe siècle, né à Péronne. Amiens, i858, in-8°.

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Cliché Mély.

Fie. 261. — Les deux lettres fleuronnees Q. M. dans la borduro de la première page du ms. fr. 9071 •

(Bibl. nationale.)

LES MAITRES MINIATURISTES (i39i-XVP SIÈCLE)

« Omnis pictura ac Jloritura istius libri depicla ac Jlorala est per Marga- i|

ritam Scheiffartz de Mer- lï

roede, quondam j ilia in (

Bornhem regularissa in Schillings cape lia. »

L'abbaye de Bornheim était au diocèse de Matines, el Marguerite Scheiffartz appar tenait à la célèbre famille de Mérode.

n Tuminc Cctamam:- > Jdmi pion:

Cliché Mély.

Fie. 261. — Le Clidteau périlleux. Miniature par Jehan Pion.

(Bibl. nat. ms. fr. 445.)

Le très aimable D‘ Sigmund von Balkr, conservateur de la bibliothèque du Musée national hongrois de Pesth, a eu l'amabilité de me donner la description suivante d'un Hymnarium missale de ses collections.

Grand f° ( 07 X 4o cm.), vélin, xv‘ s., 2i4 tb numérotés : grandes lettres initiales en or et en couleur sur tond damassé de lleurs avec des bordures sur les f" 1, 10, 69, 84. n3\ 109.

La grandeur des initiales est respectivement de 7 X 8 cm . et de 4 X 8. Dans le texte, il y a aussi des lettres en couleur, mais sans ornements.

Sur le v° du f° i35 011 peut lire :

Ce manuscrit a été donné au Musée national hongrois, par le comte Charles Wickenburg.

Le 20 mars 1703. le Président Foucault adressait à Gaignières la lettre suivante :

« J'ai faict un voyage à Lisieux, le plus heureux cjuc je ferai de ma vie, M. 1 éves- (|ite m’ayant donné un missel qui est la pièce la plus curieuse que vous ayés veue.

11 a esté faict pour l’abaye de Scliurborn, en Angleterre, qui d’évesché qu'elle estait est devenue abaye. 11 est plus gros et plus grand que les livres de chant du plus grand volume qui soient dans les églises. Les armes et les portraits au naturel des rovs, fondateurs, évcsques et abés y sont peintes en belle mignature ; l’establissemeut des ordres et le temps de la naissance des anciennes hérésies en Angleterre y sont marqués, et il y a une infinité de choses curieuses et de traits d’histoire que l’on trouve dans ce livre, qui d’ailleurs est enrichi de vignettes, de testes naturelles d’hommes, d’oiseaux, de bastimens et de mille autres choses. Le nom du moyne qui les a faict est escril dans le livre en plusieurs endroits ; mais la date du temps auquel il a esté escrit n'y est point. On présume cependant, par beaucoup de circonstances qu’il doit estre du milieu du xv" siècle. J'espère vous le faire voir un jour, mais comptés qu'il n’y a rien de plus beau dans le Cabinet du roy. »

Cette lettre a été publiée par L. Delisle, dans le Cabinet des Manuscrits (t. I. p. 376). Elle montre bien qu’au xviii* siècle aucun érudit ne songeait à l’humilité des primitifs, à l’interdiction de signetleur nom. puisque le Président Foucault dit au contraire que le nom du moine qui l’a fait « est escrit dans le livre en plusieurs endroits ».

Mais ce nom, ni le Président Foucaull, ni L. Delisle ne le donnent : et nous resterions dans l’ignorance de l’artiste si Sir E. M. Thompson, après avoir retrouvé le précieux manuscrit que L. Delisle avait suivi seulement jusqu’à la vente de Selle, où il n avait pas trouvé d’acquéreur, ne l’avait décrit dans les Procès-verbaux des Antiquaires de Londres (t. XVI, 1896, pp. 226-230), si dans les Fac simile du British Muséum (64) on n’en trouvait quatre pages reproduites, si enfin M. J. -A. Herbert, le savant conservateur des manuscrits du British Muséum, ne l’avait étudié dans ses Manuscrits (1 9 1 1 ) où il l’a rapproché du Lectionnaire de Lord Lovel1 (ms. Harl. 7026), dont

Voir Warner, Reproductions, t. II, 16.

LES MAITRES MINIATURISTES (i3gi-XVR SIÈCLE)

voici la première page portant au bas la signature de l’artiste, Jean Siferwas1 offrant son œuvre à Lord Lovel (fig. 263).

Le volume dont parle le Président Foucault est donc le gigantesque Missel de Sherborne, écrit par Jean Was, enluminé par Jean Siferwas, appartenant actuellement au duc de Northumberland. D'après les portraits qu on y voit, Richard Mitford, évêque de Salisbury (1396-1407) et Robert Bruyning, abbé de Sherborne, dans le Dorsetshire (i386-i/|i5), le manuscrit date des premières années du xve siècle, ce qui correspond bien d ailleurs au temps du Lectionnaire de Lord Lovel. qui l’offrit en i4o8 à la cathédrale de Salisbury2.

I'ig. a63. — Jean Siferwas offrant le livre enluminé par lui à Lord Lovel.

Dans le bas sa signature, Fraler Johannes Siferwas.

Le manuscrit 1 8 de la (Britisl‘ ms- HarL 7°,6>

bibliothèque de M«' le duc d’Arenberg à Bruxelles, est un petit Livre d heures fort précieux, qui porte dans le pavage du Mois de Janvier, la marque t+J.

En étudiant Y Histoire du bon roi Alexandre du Musée Dutuit (p. 207), qui poi-te la marque de Vrelant, fft, tî, nous avons été amenés

1. Encore une fois je veux remercier M. J. -A. Herbert, à qui je dois cette excellente photo-

graphie. 1

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