‹ Les primitifs et leurs signaturesChapitre 95 sur 149 · N° 1012, dans la Salle des Primitifs français · texte numérisé non relu

N° 1012, dans la Salle des Primitifs français

siècles auparavant un grand capi laine avait vaincu les Suisses, commanda qu'on lui mît en bon français le récit de César.

L’auteur qui en fut chargé, ne s'enferma pas dans une banale traduction des Commentaires.

Il feint que les deux béros se rencontrent une première fois dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye, puis dans la forêt de Byèvre [Fontainebleau], ensuite dans la maison de Dædalus à Cognac1, enfin dans le bois de Craige [près d’Angoulême]. C’est de la bouche même de César que François I" entendra le récit de la campagne des Gaules.

L’écrivain se laisse aller à une foule de digressions philosophiques et politiques, à des allusions aux hommes et aux choses du temps. Il nous apprend que Perot est le veneur préféré du Roi et que ses meilleurs chiens se nomment Gaillart, Gallehault, Rameau, Arbault, Gerfault, Bellehault, Le blanc Greffier, Myrault, Real.

Lorsqu’arrivent les passages où il est question des lieutenants de César, le Roi fait peindre dans le manuscrit les portraits de ses plus illustres compagnons d’armes : Quintus Pedius est le grand maître Boisv (pl. xxvui, fig. 5) ; Divitiacus d’Autun est l'amiral Bonnivel ([>1. xxviii, fig. 2); Quintus Tiburius Sabinus est Laulrec (pl. xxvm, fig. 4) ; Iccius est le maréchal de Chabannes La Palice (pl. xxvm, fig. 7) ; Lucius Arunculeius Colla est Anne de Montmorency (pl. xxviii, fig. 8) ; Publius Sextius Baculus est Fleuranges, seigneur de la Marche (pl. xxviii, fig. 3) ; enfin Publius Crassus est Tournon (pl. xxviii, fig. 6).

Les volumes, qui appartenaient au Trésor royal, en sortirent probablement au moment du pillage sous Henri 111. Dispersés, le t. I. qui était dans la bibliothèque de Christophe J ustel, conseiller et secrétaire du Roi, passa avec son propriétaire en Angleterre un peu avant la Révocation de l'Édit de Nantes. Juste] mourut en 1698, bibliothécaire du Roi d’Angleterre. A sa vente, lord Harley acheta le volume qui entra ainsi, avec le fonds Flarleien au British Muséum.

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