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HOSPITALITÉ

poing, chassés de leurs hameaux, sans asile, délogés de leur héritage, les fugitifs allèrent Irapper aux portes qui avaient été les leurs, et s'adressant à ceux qui les avaient mis à mal :

— « Nous sommes dépourvus de tout. Veuillez nous donner l'hospitalité.

— « Entrez et soyez les bienvenus ! »

« Et tous maintenant de cohabiter sous le môme toit, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois ; les vaincus nourris, abreuvés, vêtus, servis par les vainqueurs. Cela dura toute une année. A la fin, les hébergeurs, n'y pouvant plus suffire, entrèrent en pourparlers :

— « Si vous vouliez reprendre vos maisons? reprendre vos champs ? Si vous vouliez bien nous rendre votre amitié (i)? »

L'asile accordé aux ennemis n'est point refusé aux criminels ; et, chose forte à dire, tel meurtrier chercha et trouva refuge chez le père de Thomme qu'il avait tué. Cette hospitalité héroïque, ils la donnent quand ils savent qu'elle sera funeste, même à leur patrie. Exemple, la grande guerre de i835 qui mit fin à leur indépendance. La Compagnie des Indes exigeait des fugitifs qu'on lui refusait :

— € Mais réfléchissez donc ! Vous étiez de nos amis jusqu'ici. Ne nous obligez pas à montrer que nous sommes les plus forts. Vos champs seraient dévastés, vos bourgades incendiées, vos guerriers mitraillés. Et, si l'on envient jusque-là, dures seront les conditions imposées.

— « Il ne sera pas dit qu'un Khond ait forfait à l'honneur, et qu'il ait livré le malheureux qui était venu l'implorer. »

On en vint aux mains. Les barbares — c'étaient

(i) Macplierson.

des barbares — se déltodirent avec une bravoi ^^^^ ^ que ne pouvaient trop adnifer \e» Artois, En pl^^"^ d'une rencontre, ils se firent tut^r jusqu'au derni^^^^^- Finalement, les l'ugitifs indous farwàl livrés, m^^^^s par des Indous, les KUonds restant ïBébranlabU^^^^ dans leur fière et généreuse loyaiuté.

€ Pendant une campagne de deux mois, ^^^'* ttéslep^ ils^ montrèrent une énergie indomptab^^V^* Décimés à la fbfejMHplapeste, parla famine et l'épé— "'^' il ne s'en trouva pas an do»i faiblît le dévouementrr^à la cause publique. Et quand les patriarches, trahis ^} livrés, encore par des Indous, furent eondamnés ^

mort, avec quel admirable courage, quelle tou» ^~ chante résignation, quelle simple dignilé, ils sufc::::^'rent une mort ignominieuse devant leurs habitatiocr is saccagées ! »

Dirons-nous, par contraste, comment respecter: ^l le droit d'asile certaines nations qui se targue^i^^t de marcher à la tête du progrès et volontiers ^^e proposent en exemple au monde (i) ?

Tels étaient les sauvages qu'on avait dépeints sou^^s les plus noires couleurs. En 1820, lorsqu'il envalm it le Colehan avec ses trou[)es, le major Roughsed^"^ s'attendait à trouver des jungles: il débouchait dans un pays ouvert, légèrement ondulé, soigneusement cultivé. Les villages s'abritaient sous los tamarins et niangotiers ; les maisoimettes se cachaient sous le feuillage des citrouilles et concombres.

1; Krril au nioincnl où la France a failli livrer IIarlinann;i la Hussic.

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