COSTUME
^^Or chevelure, qu'ils nouent en panache; mais, dès Qu'ils ont embrassé la religion seule véritable, les missionnaires leur coupent la houppette, en signe Qu'ils ont jeté bas le vieil homme et qu'ils participant au céleste héritage (i). Sans qu'il eût été besoin de faire intervenir les baïonnettes, les Hosses ^e Singbhoum, renonçant spontanément à la mode antique, avaient compris qu'une pièce de madras ^st plus souple, plus décorative, et surtout plus "Voyante que les branchages dont elles se troussaient naguère dans leur frétillante danse dite du Coq ^i des Poules. L'ancien costume avait aussi ses avantages ; par moments, on le regrettait. Les fluctuations du marché ayant fait hausser l'article tissus et tîouveautés, les belles déclarèrent net aux colporteurs que, s'ils ne revenaient aux premiers prix, elles reprendraient l'ancienne mode. On les savait femmes de parole, elles obtinrent gain de cause.
Les cabanes sont toujours recouvertes de chaume, ot même le code Manou ne permettait pas d'autre toiture. Elles afi*ectent fréquemment la forme de ruche. Les parois consistent en clayons de bois enduits de boue, construction des plus primitives. L'habitation renseigne promptement et exactement sur la civilisation des gens et le confort auxquel ils sont parvenus. Jugés à cette mesure, les Mags du Bengale ne seraient pas haut classés dans réchelle sociale, bien qu'ils perchent en un poulailler à un ou deux étages, formé par des bambous attachés à des pieux ; au rez-de-chaussée les cochons domestiques. Ne brilleraient pas non plus les Pan-
(i) Grundemann, A'/e/nc Mi.-ishns Bihlialhek.
djas dé Djeypour, qui» avec des bfttons éaduîls d'ql^^^ gîle, eodosent des bauges dans lesquelles ils entre^^^^^ en rampant et se tordant. L'espace intérieur ezJ^^^^ trop étroit pour qu'un homme, même de petite taîUK^ ^^t s'y étende de son long ou se tienne debout, le tav -i^' dis n'ayant guère qu'un mètre de haut, nous âlS^ îton. Père et mère, enfants et adultes, s'encaqnent ^^
s'empaquettent, cuisent à Tétuvée, émettant d^- ^^ transpirations qui nous épouvanteraient, mais q- Tui ne troubleraient guère des Chinois (i) ; s'il est vi— "^J qu'ils se mettent à douze dans une chambre de vin^ ^ pieds carrés, pour manger, boire, travailler et do — ^mir. Ne se distingueraient pas davantage par ^^
somptuosité des demeures, les Dchouangs, qui, r^^*^ cemment encore, n'employaient que le silex po«^— ^r armes et outils, n'avaient aucun mot pour le fer ci-^u le métal. Les Dchouangs ou « Ceints de feuilles* » couvrent aussi de ramures leurs huttes ; elles occ^k-J" peut une superficie qu'on assure ne pas dépass-*^^'' cinq à six mètres carrés : pour nos fermiers, cherr^^^ médiocre', porcherie insuffisante. Encore se part<^^gont elles en deux compartiments : le garde-mang^ ^» le peniim des pénates antiques, et le dortoir, c:^^ mioches et filles dorment sous les yeux des parent^- — Les garçons? Ils couchent ailleurs. Dchouangr^» Gonds Ouraons, Koukis, Nagas, nombre d'aborigènes qui habitent depuis les Vindhyas jusqu'aux monts Garos et Khassias, construisent des baraques (2) que nous appellerons des « garçonnières *- Y habitent les éphèbes* qui se brimadent pour faire apprentissage d'homme ; y habitent aussi tous les adultes non mariés. C'est le plus beau, le spacieux
(1) Journal des Missions èvangèliques.
{2) Appelées dhamjar bcisa^ djirgal. dchom herpa^ doiim coaria' mnndar gliar.
VESTALATS. 319
bâtiment du village, le palladium et le sanctuaire de la tribu. On y garde les tambours, .gongs et tamtams, les reliques des ancêtres, les armes de prix, les trophées de chasse ; cVst aussi le prytanéc où les étrangers et tous hôtes sont traités avec rhospitalilé généreuse qui distingue les peuples pauvres.
Quant aux filles, le plus souvent, elles couchent sous Tœil même des parents; car elles sont une propriété de rapport, qui peut se vendre assez cher, si elle n*appelle les voleurs et ne s'enfuit avec eux. On les loge aussi chez des veuves. Les Khonds, Malers et Koupouirs ont des c filleries (i) », — pour employer un terme emprunté au phalanstère de Fourier, des veslalais, — parfois attenant à la garçonnière ; le plus souvent, l'un et l'autre établissement occupent les extrémités du village. A la tête du bataillon féminin marche une virago, duègne intrépide et robuste, armée d'une longue gaule, pourchassant les garçons et les tenant à distance On trouverait semblables institutions chez les Herrnhouters d'Allemagne, et en certaines communautés religieuses d'Amérique. Les jeunesses se visitent, se contrevisitent, entreprennent des expéditions, se donnent fêtes et banquets, dansent, content fleurette, — en attendant mariage.
Ne pouvant pas épuiser tous les sujets, nous serons bref sur le chapitre des institutions communales, tout intéressantes qu'elles seraient à étudier dans leur simplicité primitive.
(i) Dhangarin hasn ,
Le gouvernement que les tribus indigènes se son f^ donné pourrait être rangé au même droit, et parm i *^ les autoritaires et parmi les démocratiques. La démarcation n'est pas rigoureuse entre le pbuvoitdu chef et celui du peuple ; le peuple se confond avec le chef et le chef avec le peuple. Tel chef se gère en autocrate, en Rey neiio, tel autre en simple exécuteur de la volonté publique ; l'un se pose en tyran, l'autre en despote éclairé, celui-ci en monarque constitutionnel, celui-là en roi dTvetot. Quoi qu'il en soit, la communauté est fort respectée par son. chef, quand elle est petite, d'autant plus qu'elle est petite. Cela s'explique. Dans les hordes com— posées de dix à cent familles, chaque adulte^ compte pour sa personne ; tout mâle forme à lui seul une fraction du public ; ni sa voix ni ses bra^ ne sont à dédaigner ; son opinion, ses désirs et sen — timents seront toujours pris en considération dan^^ les conseils du chef, les délibérations du sénat e^^t de l'assemblée populaire. Mais que pèse, que peu'^K
peser une monade humaine dans les nations mo
dernes, dans ces États monstres, composés de dix -^ vingt, trente, cinquante ou cent millions d'âmes "z^ L'individu, absorbé dans la masse, n'est plus qu'ur^ grain de sable, qu'une goutte en l'étang. Ce qu^ perdent les particuliers est gagné par le pouvoir* central, quelque nom qu'on lui attribue, monarque, protecteur, président, doge ou stathoudcr. Seul, le roi ou empereur compte vraiment en son État; il est un être réel, en face de ses sujets dont la valeur n'est qu'abstraite et conventionnelle. La cité barbare, peuplée de citoyens effectifs, constitue un organisme vivant. Son mécanisme, composé essentiellement du peuple et de son chef, se complique biontAt d'un facteur intermédiaire: le Sénat, lequel