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LE SACRIFICE UNIVERSEL

Brahma est « l'impérissable sacrifice » ; Indra, Soma, Hari et les autres Dieux s'incartièrent en animaux (i), à la seule fin de se faire immoler. Pourousha. l'Être universel, fut égorgé par les Immortels. De sa substance naquirent les oiseaux de l'air, les animaux sauvages et domestiques, les offrandes de beurre et de caillé (2). Le monde, déclaraient les Rishis, est une série de sacrifices se muant en d'autres sacrifices. Les arrêter, ce serait suspendre la vie de la Nature (3). Siva, auquel les Tipperahs du Bengale passent pour avoir sacrifié jusqu'à mille victimes humaines par an, disait aux brahmanes : « C'est moi qui suis la véritable hostie; c'est moi que vous égorgez sur mes autels. »

Et la religion hindoue s'accorde avec toutes les religions qui ont conscience d'elles-mêmes. Quetzalcoatl, — si l'espace le permettait, nous pourrions commenter les multiples et étonnantes ressemblances entre la symbolique des sacrifices mexicains et celle des mériahs, — Quetzalcoatl se piqua aux coudes et aux doigts pour en tirer du sang qu'il offrit sur son propre autel. Pendant neuf jours et neuf nuits, le dieu Scandinave Odin fut, en l'honneur d'Odin, pendu à l'arbre secoué par les vents :

€ Je sais avoir été, pendant neuf longues nuits, pendu à l'arbre secoué par les vents. Une lance m'avait transpercé ; j'étais voué h Odin, moi môme à moi-même î/|). »

Encore aujourd'hui, le prophète ÉHe, invisible

(1) Vastou-Yaj^a.

(2) Brahma karma.

(3) Wilson's. Vialinu Surana.

(\) Eilfla, Odins Runenlwd.

sur le mont Morijali, continue à faire fumer des holocaustes en bonne odeur à rÉternel. « N'était le sacrifice perpétuel, le monde ne pourrait subsister », affirment les rabbins (i). Philon de Byblos rapporte le mythe de Bélus l'ancien , immolant son fils Bélus le jeune (2). Bélus, sacrifiant Bélus, se faisait le précurseur de TÉternel Jéhovah. Mais reprenons le fil de notre liturgie :

« Tous les vivants souffrent, et tu voudrais, toi, être exempte de la douleur commune ? Sache qu'il faut du sang pour faire vivre le monde et les Dieux, du sang pour maintenir la création entière et perpétuer l'espèce. N'était le sang répandu, ni peuples, ni nations, ni royaumes ne conserveraient l'existence. Ton sang versé, ô mériah, étanchera la soif de la Terre, qui s'animera d'une vigueur nouvelle.

4(. En toi, la Pennou renaît pour souffrir, mais, déesse à ton tour, tu renaîtras dans sa gloire. Alors, mériah, souviens-toi de ton peuple khond, souvienstoi du village où nous t'avons élevée, où nous avons eu soin de toi !

« Tari Mériah ! délivre-nous du tigre, délivrenous du serpent ! Pennou Mériah î donne ce que notre ûme désire ! »

Et chacun d'exprimer alors ce qui lui tient le plus à cœur. Les invocations no sont pas terminées, que le djanni saisit sa hache et approche la mériah. Il ne faut pas qu'elle meure dans ses liens, puisqu'elle meurt volontairement et de son plein gré, dit-on. Il la détache du poteau, la stupéfie en lui faisant avaler une potion d'opium et de datura, puis, à revers de hache, lui casse coudes et genoux.

(1) Kisenmenger.

(2) Vaslou-Yaga.

(3) Tiele. Histoire da relujuma (inriennea.

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