ANALOGUES
mois, la tribu des Albanes engraissait une hétaïre pour la tuer à coups de lance devant l'autel d'Artémis (i). — Au retour de saison, des hiérodules, qu'on avait' nourries d'aliments exquis, étaient sacrifiées à la Déesse Syrienne. — « Les esprits de la Terre sont altérés de sang », disait Athénagore.
— Aux Thargélies, les Athéniens ornaient splendidement un homme et une femme qu'ils avaient entretenus aux frais de l'État, les conduisaient en procession et les brûlaient à Torée de la campagne.
— Aux fêtes de Patrœ, en Achaïe, on jetait des animaux sauvages dans un bûcher flambant; — chez les Tyriens, des brebis et des chèvres ; le culte de Déméter et celui de Moloch versaient l'un dans l'autre :
Mos fuit in populis^ quos condidit advena Dido, Poscere cœde Deos veniam, ac /lagranlibus aris^ Infandum dicta, parvos imponere natos ; Urna reducebat miserandos annua casas (2) !
Passons sur les horreurs de Carthage répétées à Upsala parles Scandinaves^ à Rugen et Romova par. les anciens Slaves. Jusqu'à ces derniers temps, les Ispahanais célébraient la « Fètc du Chameau », ou « Sacrifice d'Abraham », notons la synonymie. Le grand-prêtre de la Mecque envoyait un sien fils adoptif, montant un chameau bénit. Cet animal était promené par la ville en beau tintamarre ; à un moment donné, le roi décochait une flèche contre ses flancs. En un clin d'œil, la pauvre bête était abattue, hachée, chapelée, déchiquetée, emportée et
(1) Strahon.
(2) Cf. les relations <]e Thomas Herbert ; Paul Lucas, Voyage fin Levant ; PielroUella Valle, Maggi,
Sai LES KOLARIENS DU BENGALE.
distribuée au loin, chacun en voulait, ne fût-ce que le plus mince des fragments, pour le mettre dans une marmite de riz à large panse (i). LesOhiliaks (2), les Alnos aussi, adoptaient un ourson, lé caressaient, le dorlotaient, le traitaient en enfant gâté, jusqu'au jour où ils s'en disputaient les morceaux. Les nègres contemporains ne croient pas a'cheter trop cher les minces succès de leur agriculture en empalant ou en coupant le cou à des filles superbement parées. Ils sont persuadés qu'il faut du sang pour appeler la pluie (3). Même dogme professé par les Peaux- Rouges. Ainsi, les Pau.nies tuaient une captive des Sioux en lui infligeant d'horribles souff'rances, et de son sang aspergeaient les fèves et les citrouilles (4). — Les Loups immolaient une vierge au Génie du Maïs (5). — Au Mexique et au Nicaragua, la victime, avant d'être égorgée, recevait des honneurs plus que royaux, car on voulait qu'elle représentât la divinité, se faisant immoler pour la prospérité du peuple. On ne nous dit point que sa chair fût enterrée dans les champs, mais le cœur, fontaine do sang, était le revenant-bon des chefs et des prêtres (6). Ces exemples pourront suffire.
De la mériah tailladée et mise en pièces, les djannis ne laissent que les entrailles et la tête, encore celle-ci est-elle le plus souvent dépouillée des cheveux. Les oiseaux, les cliacals n'ont pas longtemps
(1) Silius Ilalicus. Panica.
(2) Deniker.
(3) Adams. Cf. le veau des Ahrifa d'Alj^er.
(4) Bjncrofi, The nalive. Rares of America. — P. de Smel, Annales de la Proimgalion de la Foi, i8.'|3.
(5) James.
(6) Adolf Hastian, Der Mensrh in der (iesrhirhle. Laiços.