‹ Les primitifs; études d'ethnologie comparéeChapitre 34 sur 149 · HABITAT · texte numérisé non relu

HABITAT

sommets, couverts de neiges éternelles, quelques cratères fument sans discontinuer, d'autres éclatent par intervalles. Les vestiges d'éruptions se rencontrent à chaque pas ; partout on trouve des rochers noircis par le feu. Toute la partie continentale du district d'Ounalaska est traversée par une chahie de monts élevés, parmi lesquels neuf bouches éteintes. Les feux souterrains ont bouleversé l'île Ounimak, où le Chichaldin, haut d'environ 3.ooo mètres, jette encore des flammes, par accès. En décembre i83o, au milieu de foudres et de bruyants tonnerres, il se couvrit d'un brouillard épais, et quand l'obscurité se dissipa, il avait changé de forme. Toutefois, les effets volcaniques ont perdu de leur intensité, depuis le temps que se combattaient les montagnes :

« Un jour les monts d'Ounimak et d'Ounalaska luttèrent pour la prééminence. Ils s'entre-lancèrent pierres et flammes. Les petits volcans ne pouvant tenir contre les grands, sautèrent en éclats et s'éteignirent. Il ne resta que deux pics, le Makouchin d'Ounalaska et le Retchesnoï d'Ounimak. Le feu, les pierres et les cendres exterminèrent tous les êtres animés, tant l'air était suffocant. Le Retchesnoï succomba ; et quand il vit sa défaite, il rassembla ce qui lui restait de forces, enfla, éclata et s'éteignit. Le Makouchin victorieux s'assoupit, et maintenant il n'en sort plus qu'une petite fumée de temps en tertips (i). »

Le climat, de caractère maritime, n'est pas chaud, ni très froid non plus, mais d'une humidité calamiteuse. Le thermomètre que Wiljaminof observait à Ounalaska oscillait entre 38 degrés, la température moyenne étant de -+- 4°- La saison, vraiment belle, ne dure que dix semaines, de mi -juillet à fin sop-

(i) Veiisiaminof.

60 LES INOITS OCCIDEiNTAUX.

tembre. Déjà en octobre tombe la neige, qui ne fondra qu'en mai. Dans les îles méridionales, les plus longues pluies tombent au printemps ; Sitka compte parmi les endroits les plus mouillés du globe. Longs brouillards pendant l'automne (i).

En été foisonnent herbes et broussailles, mais le soleil n'arrive pas à faire pousser des arbres, saut sur les îles rapprochées de la terre ferme, où abondent les trembles et bouleaux, et aussi les cyprès, pins et sapins. Les céréales qu'on voulait introduire n'ont pas mûri. Les choux, les pommes de terre et divers légumes, rémunérèrent les soins des colons étrangers, toutefois les indigènes ont toujours dédaigné de cultiver la terre, n'ont aucun goût pour ce travail. Des fleurs, il y en a, mais dépourvues de parfum ; les baies ne manquent pas non plus, mais aqueuses et insipides. Les poules importées ont dû se faire à se nourrir de poisson ; aussi leurs œufs puent le pourri et -semblent avoir trempé dans T'huile de foie de morue.

Quelques houillères donnent un combustible dont, jusqu'à présent, on n'a pas tiré grand parti. Les Aléouts de l'ancienne génération se chaufl'aieiit en s'accroupissant sur un feu d'herbes.

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La ressemblance frappante des Aléouts avec les Yakouts et les Kamtschadales leur a fait attribuer une origine mongole. DalL qui les a étudiés longuement et soigneusement, affirme sur l'autorité de traditions locales que des Inoïts, chassés d'Amérique par les incursions indiennes, il n'y a pas plus de

(i) Von Killlitz.

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