HABITAT
prendre comment les maisons communes se désagrégèrent sous rinfluence des ménages particuliers, »quand même elles n'eussent pas été battues en brèche par des étrangers se disant porteurs d'une civilisation supérieure, c'est-à-dire de schnik et d'armes perfectionnées.
Dans ces bâtiments qui subsistent encore, la partie médiane est libre et appartient à tous ; les côtés sont divisés de distance en distance par une cordelette, qui parque les familles, chacune en son compartiment; on dirait une écurie avec double rangée de boxes ; chaque ménage y dispose d'un espace qui nous paraîtrait à peine suffisant pour un seul cheval : sur le carré que prendrait un de nos meubles, père, mère et la géniture s'entassent autour de la lampe. Toute famille possède barque sur mer et lampe au kaehim. Pour économiser le terrain, on dort, soit. dans une niche creusée en la paroi, et garnie de pelu9| soit accroupi sur les talons, le menton sur les genoux^ dans l'attitude que nombre de primitifs donnent aux cadavres. Dali, qui a passé au tamis « les débris de cuisine », et les décombres de plusieurs kachims préhistoriques, est persuadé que ces demeures étaient habitées simultanément par les vivants et par les morts. Si l'un des occupants venait à mourir, sou» sa place accoutumée on creu* sait un trou, on Fy déposait, on le recouvrait de terre ; deux pieds d'argile séparaient les habitants des deux mondes... Nous n*y contredisons pas.
Aucun autre feu que la flamraule des lampes qui fondent la glace pour en faire de Teau potable ; la chaleur de tous ces corps vivants resserrés sur un petit espace — il est tel de ces enclos qu'on dit habité par deux à trois cents personnes — suffit pour faire monter la température ù un degré si
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élevé, que tout ce monde, hommes et femmes, filles et garçons, se débarrassent de- leurs vêtements.
Rien ne nous étonne davantage, nous autres policés d'Europe, vieux d'une civilisatibii relative *le trente siècles ou environ, que Tabsence de pudeur, que l'innocence paradisiaque de la plupart de ces Hyperboréens, accoutumés à la nudité presque constante dans la maison commune, se baignant ensemble, comme naguère Japonais et Japonaises, sans songer à mal. 11 n'est fonction physiologique ou besoin naturel qu'ils aient gêne à satisfaire en public. — « Une coutume n'a rien d'indécent, quand elle est universelle », remarque philosophiquement un de nos voyageurs (i). Ajoutez que l'Aléout, curieux personnage, se montre parfois d'une réserve qui nous étonne et nous scandalise presque ; ainsi devant un étranger il n'oserait adresser la parole à sa femme, ni lui demander le moindre service. .
Quoique généralement malpropres, ces gens ont, comme les autres Inoïts et la plupart des Indiens, la passion des bains de vapeur, pour lesquels le kachim a son installation toujours prête. Avec l'urine qu'ils recueillent précieusement pour leurs opérations de tannage, ils se frottent le corps ; l'alcali, se mélangeant avec les transpirations et les huiles dont le corps est imprégné, nettoie la peau comme le ferait du savon ; l'odeur acre de cette liqueur putréfiée paraît leur plaire, mais elle saisit à la gorge les étrangers qui reculent suffoqués, et ont grand'peine à s'y faire (2).
— Horreur !
^ Horreur! oui, pour ceux qui ont un pain.de
(2j^agoskine.