‹ Les primitifs; études d'ethnologie comparéeChapitre 41 sur 149 · PARURE · texte numérisé non relu

PARURE

^'^g du menton. Et dire que les Aléouts, Thlinkets ^^ divers Inoïts, n'étaient pas ou ne sont pas seuls

porter labrette, que les Botocoudes et de nom- ^^^nx Africains sont partisans de cet affiquet qui ^^^shonore la figure humaine ! Dire qu'ils trouvent ^^ut à fait engageant ce hideux appendice, incommode et absurde au possible ! La chose existe; donc, ^Uea sa raison suffisante, pour parler comme Leibnitz.

La réverbération du soleil sur la neige et les Vagues éblouit les yeux et les aveugle : on les protège au moyen d'énormes lunettes, d'aspect fantastique, ou par un casque de cuir ou do bois à large visière, rappelant celle dont Texcellent Daumiergratifiait les académiciens et membres de Tlnstitut. Les indigènes fabriquent l'objet avec du bois qui leur arrive des eaux chinoises et japonaises, amolli par une longue flottaison ; ils donnent la courbure voulue, puis font sécher. Ce casque aflecte plusieurs formes, diverses couleurs ; le plus souvent il est bariolé blanc et bleu clair, on bien ocre et rouge ; des sculptures ivorines ornent le cimier, l'arrière est garni d'un plumet, le devant hérissé de poils d'ours, de barbes et moustaches, prises à des phoques et à des otaries, dont le mufle a été reproduit avec une fidélité naïve qui charme les connaisseurs (i). Déjà Cook avait remarqué le goût et le fini de ces ouvrages ; la plupart des visiteurs rendent le mt^me témoignage et vantent le bien rendu des dessins. Un métis, Krioukof, peignait à la détrempe des portraits d'une ressemblance frappante, et Chamisso détermina neuf espèces de dauphins et baleines sur les images qu'avaient faites

(i) Sauer, Von KiUlilz,

78 LES INOÏTS OCCIDENTAUX.

les indigènes. Doués à un degré supérieur du tale^^^^ d'imitation, ils apprirent des Russes, rien qu'en 1 ^^ regardant faire, presque tous les métiers manuel^^ ^' Ce sont passionnés joueurs d'échecs. Ils se ret -^^' dent maîtres de la lecture et de récriture presque e-^^ , se jouant. Les enfants paraissent aptes à saisir le ^^^. mathématiques élémentaires, et, ce qui charmai ^"^g l'excellent Venjaminof, ils semblaient comprendr^^ les dogmes de la religion chrétienne.

Des masques dont il a été parlé, ils affublent les filles quand elles deviennent nubiles, époque critique pendant laquelle on les claquemure à distance des habitations et on les soumet à une hygiène et une alimentation spéciales. Les Koloches renchérissent sur ces précautions, et les enferment dans des cages d'osier. De grotesques couvre-chefs les emptVhent de voir et d'Otre vues ; on craint que le regard, le seul regard de ces malheureuses souille la lumière du jour, enguignonne tout et tous autour d'elles ; on a l'air de les considérer comme . des vampires.

Ce peuple passe pour sV^tre élevé jusqu'au mar riage. Soit ! mais quel mariage !

En Aléoutie, les parents les plus proches contractent union, le fr^re avec la sœur, et parfois' le père avec la fille. — « Langsdorf en faisait reproche à un Aléout qui répondit : '< Pourquoi pas ? les loutres en l'ont autant I »

Le galant se présente avec un cadeau — quelque bîigalclle — chez les beaux-parents qui font signe à la belle de suivre le jeune homme. Affaire conclue. En plusieurs districls, -^ notamment dans ITlo

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