NOVICIAT DU SORCIER
fermés aux femincsdu commun, s'ouvriront à deux battants devant elles. On est persuadé que ces filles feraient d'une fréquentation malsaine, si elles i^'avaient été purifiées par le commerce d'un homme cie Dieu. — Les braves gens ! Et l'on a prétendu cju'ils manquaient de religion !
Religieux autant que tout autre peuple, sinon davantage, les Inoïts révèrent les esprits (i) des rocs ot des caps, des glaciers, buttes et banquises ; présentent leurs respects à toute chose inconnue ou dangereuse. Leur chamanisme ou théorie magique est identique en substance à la doctrine professée par les population© de l'Asie et de l'Amérique septentrionnales ; il a été développé dans la suite des temps avec une rigueur surprenante, si bien que Vinstitution despoa///c,des angakoiil (2), eijossakids, forme, avec les doctrines et traditions qui l'accompagnent, le lieu moral des tribus éparpillées sur cet immense territoire.
Tout le monde n'est pas apte au saint ministère ; pour devenir angakok il faut une vocation bien déterminée, un caractère spécial, un tempérament que n'a pas tout le monde. Les prêtres en fonctions ne recrutent point leurs élèves au hasard ; ils les choisissent de bonne heure, garçons ou filles, ne s'arrétant pas au sexe; plus intelligents en cela que la plupart des autres sacerdots. On en a vu qui s'adressaient à des époux particulièrement qualifiés, leur demandant un sujet d'élite, à former,
(1) Jnoe.
(2) Angakok, sorcier, pluriel Angakout.
î^ Li:S INOÏTS OCCIDENTAUX.
mt^me avant sa naissance, par une éducation appr^ priée et un entraînement spécial. Le père et la mè^ du futur sorcier jeûneront souvent et longtemp. ^^ ' rechercheront certaines viandes, en éviteront d'a u^ ^ ^ très, supplieront les ancêtres d'envelopper le pré^^^ , cieux rejeton de toute leur sollicitude. Sitôt née, \9r ^^^ petite créature sera aspergée d'urine, on Tirapré^ ^ gnera de son odeur caractéristique, — c'est décidé — ' ^ ment leur eau bénite. Ailleurs, la barbe, la che- '"""^^^ç. velure, Tentièrc» personne des rois et sacrificateurs ^^^ sont ointes d'huiles conservées en saintes am- ^ poules ; ailleurs, on les beurre et barbouille de "^
bouse soigneusement étendue. Chacun son goût. On requiert (jne le petit ne soit pas comme tout le monde, que par ses gestes et sa démarche, il s'annonce comme étant pétri d'une autre pâte que le commun des mortels; car il aura pour principal titre : celui qui a été mis à part (i) : Sacer esio ! Façonné par les abstinences et les veilles prolongées, par la dure et la gène, il faut qu'il apprenne à supporter stoïquement la douleur, à dominer ses besoins pljysiijues, à faire que le corps obéisse sans murmure aux ordres de Tesprit.
Les j)rofanes sont bavards, lui sera taciturne, comme il convient aux prophètes et diseurs d'oracles. De bonne heure, le novice fréquente la solitude. Il erre (2), i)endanl longues nuits, à travers les plaines silencieuses que la lune emplit de sa froide blancheur ; il écoute le vent gémir sur la banquise désolée. Au large, comme un troupeau d'ours blancs allant aux aventures, avancent machis et bosculis ;
<i'i Inidïntir ou Injjnilaonl .Cf. le Nnzaréal juif, ol U^s, Actes des A])ôlre.<i^ XII, 'A.
'% Seniblablcinent, les Polynésiens ap))ellent leurs prêtres Ilaaropo ou jironwnenrs de nuit iMoereiihoul^.