‹ Les primitifs; études d'ethnologie comparéeChapitre 46 sur 149 · LA VOCATION · texte numérisé non relu

LA VOCATION

les engaica Bantou, les piodjis australiens, les ascètes et sorciers ?///// çua/i//. L'objet de leur ambition est Textase, l'union avec Dieu, l'absorption dans 1 Esprit infini, dans l'Ame universelle, — bref, la ▼ïe religieuse par excellence, dont les manifestations, ^^putées miraculeuses, rentrent toutes, malgré la ^^versité du détail, dans la catégorie du Mal Sacré; [■^lèvent de la physiologie névrotique, beaucoup ^**Udiée, encore obscure. Sans prétendre expliquer ^^ïrcas, il est facile de voir que ces malheureux ont '^vaille à se faire une existence en dehors de ^I3?8iè«e et du Jjon sens. Pour se mettre au-dessus j ^ la Nature ils la violentèrent ; aussi en portent-ils ^ peine, et leur existence est souffreteuse autant ^ ^'anormale. Ils ont, malgré leur apparence en- ^^rmie et leur physionomie apathique, des luci- ^^tés singulières, des perceptions d'une acuité sur- P^ï*enante ; on dirait leur âme absente, mais ils éprouvent des sensations d'une délicatesse extraordinaire, d'inexplicables accès de force et de vigueur, ^es sensibilités et des insensibilités qui passent ^véance. En môme temps ils croient aux persécutions de démons qui viendraient les tracasser et tourmenter, même les égorger, si, par un serment terrible, ils ne s'engagent à leur obéir. Dans leurs accès prophétiques, ils se livrent à contorsions extravagantes, à mouvements désordonnés et convulsifs, poussent des hurlements qui semblent n'avoir plus rien d'humain ; une voix rauque sort d'une bouche écumante, leur teint s'empourpre et leurs yeux s'injectent ; et souvent, ils deviennent aveugles à la suite de congestions (i). Ils passent par des fatigues et des épuisements dont on ne se fail

'i) Venjaminof. traduit par Krnian.

92 LKS INOÏTS OCCIDENTAUX.

pas idée ; ils sont harassés par toutes les fibres d^^ corps, exténués par chaque fibrille du cerveau (i) ^ Quoi d'étonnant à ce qulls soient tristes et mélan coliques, enclins aux idées noires! « Leurphysiono mie communique à Tâme un sentiment pénible et^ profond (2). » On observe chez eux une crainte excessive de la mort; ils redoutent jusqu'à là vue d'un cadavre, et ceperldant ils versent dans les pensées de suicide. Hall raconte :

« La femme de Jack ramait quand elle fut prise d'un accès que je pris d'abord pour une crise d'épilepsie. Elle éclata en cris sauvages, familiers, paraît- . il, à ceux qui pratiquent la sorcellerie. Tous alors de redoubler d'efforts. Sa voix vagissait étrangement; de ses lèvres partaient comme des pétards. Les matelots répondaient en chœur. Sa mélodie s'accentuait de minute en minute, se faisait toujours plus sauvage ; en même temps elle poussait à la rame, déployait une vigueur surhumaine. De retour au camp, la représentation reprit dans la nuit. Jack disait une sorte de liturgie, les femmes chantant, les hommes répondant. Cela dura plusieurs heures, le lendemain, puis le surlendemain, on en fît autant »

Autre observation :

« 11 se faisait tard. Nous devisions encore dans la hutte quand éclata un cri retentissant. Rapides comme la pensée, mes Inoïts sautèrent de leurs sièges, se jetèrent sur les longs couteaux qui se trouvaient par là, les fourrèrent dans une cachette. A peine avaient-ils repris place qu'un angakok se glissa en rampant par l'étroite entrée. Se traînant sur les genoux, il tAtait devant lui, et tout aveuglé

(1) Wranjîell, Observations, etc.

(2) Hyacinthe, le Cluimnnismc en Chine

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