NOËL
Tindustric dos religions, qui toutes s appliqueiit ù favoriser la production au grand profit de la consommation.
Les docteurs orientaux enseignent que dans la nuit, entre les deux années, le ciel verse trois gouttes dons les éléments. La première tombe dans l'air, y suscite la puissance créatrice ; la seconde tombe dans l'eau, de là entrera dans les veines des animaux pour réveiller Tamour ; la troisième tombe sur terre, fera bourgeonner les plantes (i).
— C'est bien cela î disent les Hyperboréens, mais nous allons vous conter la chose par le menu :
A Fan nouveau la Mère Gigogne monte de son laudis enfumé, au fond de la mer, s'assied devant une hutte, qui ouvre sur le Midi, aspire l'air frais, éternue, renifle à plaisir. Restaurée, ravigotée, elle quiert sa grande lampe, la garnit, versant de l'huile, versant encore, puis elle allume quand tout déborde. L'huile flambe ; au contact du sol, les flammèches et gouttes brûlantes se font animaux <lui respirent, herbes qui verdoient, boutons qui fleurissent. Mère-Grand asperge les airs qu'empHssent les bruissements des oiseaux prenant leur volée; Mère-Grand asperge les eaux, et poissons ^e frétiller. Quand la Vieille est de bonne humeur, ®llû s'amuse au jeu, fait pleuvoir le lard fondu. Kn tant que Mère Abonde elle fait foisonner toute créature; mais quand elle se montre en Chiche Face, vilaine Chiche Face, il faudra se serrer le ventre. Pourquoi conduite si dissemblable ? ("est que la wïémé est de bonne ou de mauvaise humeur ; de
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112 LES INOITS OCCIDENTAUX.
mauvaise, quand les poux et autres acarus la piquent, lui causent des impatiences. Aux angakout de prévoir la chose, et dans la visite qu'ils lui font, de Tégayer par un bout de causette, tout en nettoyant sa chevelure (i).
Ce thème mythique se prête à des variations nombreuses. Voyons celle des Tchougatches :
« La fête était depuis longtemps attendue par l'école des angakout, qui menaient les idoles s'entrevisiter (2) d'île en île, ae villag^e en village. Pour se rendre mieux accessibles aux influences spirites, les vieux chamanes se sont préparés par un long jeûne ; les membres de leur famille n'ont rien mangé depuis la veille, et même se sont fait vomir.
« Au jour solennel la grand'salle du kajim, éclairée par nombre de lampions, est envahie par des gars affublés d'oripeaux exce;i triques, coiffés de chapeaux, bois ou jonc, façonnés en becs, hures, mufles et gueules ; ils imitent les cris et mouvements des bêtes. Après un superbe vacarme, ils suspendent à des cordes une centaine de vessies, prises à des animaux tous tués à coups de flèches. Quatre oiseaux en bois sculpté: deux perdrix, une mouette et une orfraie, la dernière à tête humaine, sont articulés à la manière de pantins. On tire les ficelles, et l'orfraie de secouer sa tête, la mouette de claquer du bec, comme si elle happait un poisson, et les perdrix d'agiter les ailes. Au centre de l'édifice, un pieu, enveloppé d'herbages, personnifie Jug Jack, l'Esprit de la mer (3). A chaque danse nouvelle, des joncs et feuillages sont mis h flamber devant les oiseaux et vessies. Au dernier acte, des victuailles, préalablement offertes à chacun des Quatre-Vents, puis au Dieu des Nuages, sont
(1) Kink.
(-i) Cf. les lerlislernies romaines, les polilesses que se rendaient les patrons et j)atronnes des ês:Ii«(*s> villes et couvents au moyen
['S) Zagoskine, Annales des Voyages, i85o.