‹ Les primitifs; études d'ethnologie comparéeChapitre 57 sur 149 · VENER1I2 SACREE · texte numérisé non relu

VENER1I2 SACREE

^ï^treprises par rassemblée, qui ne s'y ménage

. P'aut-il expliquer que les vessies, échauffées par *^ flamme, symbolisent les souffles du printemps, ^^^quels vivifient oiseaux et poissons, la forêt et tous '^^s habitants ? Qu'elles symbolisent l'esprit de vie (2) ^^i entre dans les narines ? N'avons nous pas lu ^^ns les Lettres à Emilie que Flore est réveillée par ^éphyre ?

A leur Coleda, les Serbes font brûler une bûche ^6 chêne, l'arrosent de vin, la frappent en faisant ^oler les étincelles, et crient : « Autant d'étincelles, autant de chèvres et brebis ! Autant d'étincelles, autant de cochons et de veaux ! Autant d'étincelles, •autant de réussites et bénédictions (3) ! »

Nous avons sous les yeux une gravure (4) représentant une fête anglo-saxonne aux temps de Hen- §ist et Horsa. La cérémonie esquimale s'y retrouve ^n ses éléments essentiels. On danse autour d'un t>ilIot flambant, le Yule log, au-dessus duquel rôtissent les porcs dont on va se régaler. Herlha, ^t à ses côtés deux garçons affublés en corbeaux ^ large bec, Hertha arrive sur un char que traîïient de robustes gaillards mufles en ours. Suit 1© cortège : loups, sangliers, renards, cerfs aux ^uels les chasseurs font fête; Thypocras et l'hydromel coulent à tirelarigot. De ces fêtes k noscarï^avals, aux mascarades du Moyeii-Age, la transition est facile.

(1) Hall.

(2) cr. Isaïe, II, 22, ,Iob, xxvii, 3.

^-3) Schwenck, Mythologie derSlaven.

(4) D'après un tableau de Corbould,

114 LES 1NOÏT8 OCCIDENTAUX.

Variante kolîoulehe :

Les officiants font leur entrée, s^Mmoiicant comme chasseurs et gibier : les premiers tout ans, mais armés de poignards en cuivre, à lame brillante; les autres accoutrés en phoques à peau luisante et tachetée, en poissons et volatiles, en loups et chiens fièrement panachés. Ils tournent autour d'un grand feu allumé dans la salle. Des souris, des oiseaux empaillés avec soin sont suspendus à des ficelles (i). Surgit une sourde et lente cantilène :

Hi yangah yangeh, Ha ha yangah (2),

indéfiniment répétée, qui, semblant venir des profondeurs de Tespace, se rapproche, s'avive et s'accentue en éclats de tonnerre, puis s'arrête brusquement. Un rideau se lève. Paraît un chamane, cheveux flottants, figure masquée en mufle, manteau accoutré d'affiquets bizarres, de colifichets fantasques. Gravement il se dirige vers le foyer, les spectateurs lui faisant place avec respect : il traverse le cercle des chanteurs et chasseurs, contemple longuement la flamme avec son masque aveugle. Soudain, il détale, se met à courir dans le sens du soleil. Les chasseurs le saluent de cris sauvages, brandissent leurs poignards, et se lancent à sa poursuite comme une meute. L'autre file comme le vent. Ils pressent les coups à son adresse, lui les esquive avec une admirable agilité, son masque ne l'empochant pas (le tourner et virer, de sauter à droite, de bondir h

(i) W'ranffell, Obsenuilunis (htnslc N.-O. Amérique. (2) Ilooper's Tunki.

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