INFANTICIDE
^*^imaux, à leur sortie tumultueuse, les écrasassent
fous les pieds. Les petits cadavres étaient enterrés,
Jamais brûlés. Certes, il y a des malthusiens autres
HfUe les ouailles du Révérend Malthus, apôtre de
^'Évangile selon iManchester.
Le gouvernement anglais interdit sévèrement Tin- ^^nticide. Marshall, après recherches minutieuses, ^ér.lare que ce crime a disparu, constate un fait singulier : la natalité féminine, loin de balancer, ou à peu près, la natalité masculine, n'atteint que la proportion de 70 pour loo; anomalie qu'il explique par la prédominance que de longues générations auraient donnée aux familles qui produisaient, par hasaM, moins de filles que de garçons. La tendance aurait été fixée et nous aurions, dans les Todas, iine variété pi'oductrice de mâles. Du reste, le même fait se présenterait, dit-on, dans tous les pays d'infanticides féminins. On croit avoir des raisons suffisantes pour affirmer qu'en pays de polyandrie, il y a excès de naissances masculines ; excès de naissances féminines dans les contrées où règne la polygamie. La nature semblerait s'accommoder à nos caprices. Ces problèmes ne sont qu'indiqués, la démographie ne possède pas des documents suffisants pour les résoudre. Quoi qu'il en soit, la peuplade diminue constamment, et nombreuses sont les raisons qu'on assigne à cette décroissance. Une période est assignée aux espèces animales et végétales : la famille des Todas a fait son temps.
Le système adelphogamique s'en va, lui aussi; présentement, il n'est Toda tant soit peu à son aise qui ne veuille avoir sa femme à lui tout seul ; le mariage polyandrique n'est que pour les plus indigents. Cependant le lévirat, dernier corollaire de
240 MONTICOLES DES NILGHERRIS.
cette coutume, le lévirat que Thistoire de Booz et de Rutti a rendu familier à juifs et chrétiens, reste en vigueur aux Nilgherris, où la veuve a toujours le droit de se faire épouser par un beau-frère. De manière ou d'autre, celles qui ne sont pas. trop défraîchies, trouvent à se remarier, et la veuve de trente ans, qui refuserait de convoler en noces nouvelles, serait montrée au doigt : « Elle est folle ! » dirail-on. Il faut dire que jamais Toda n*a maltraite Todelle. En pays de polyandrie, un mari butor ou brutal est chose inconnue. Cela se comprend : il n'a pas droit de propriété.
Les mariages entre proches n'ont eu aucune fâcheuse conséquence. Cette peuplade^ pratiquant Tendogamie la plus étroite depuis des siècles, jouit d'une constitution athlétique, d'un physique agréable, est renommée pour la douceur des mœurs, la paix et la tranquillité de son existence.
A la mort du père, le bétail est partagé entre les fils par égales portions. La maison va au plus jeune, qui logera et entretiendra les femmes de la famille, leur vie durant. C'est le droit de « juvignerie » qu'on retrouve en mainte contrée, chez les Mrus, les Kohls et Cotas, chez les Tatars, et, sans aller si loin, dans quelques cantons du Périgord. Le * Borough English » de la Grando-Hrelagne, ou la « coutume de Ferrettc », comme on dit en France, est fondée sur la préférence naturelle que les mères et les grands-paronts éprouvent pour les plus jeunes tout spécialement confiés à leurs soins et à leur tendresse; le « niais », le « béjaune » est toujours le cliéri de la niére ; mais l'aîné a généralement les préférences du père. La loi de Manou faisait de la procréation du j)remier devoir strict, ordonnance religieuse, abandonnant au bon plaisir la gêné-