Ibid., p
ouvrages de painture qu’il a faiz pour nous, dit le roi, en nostre chastel de Saint-Germain-en-Laye ». Vers
1382, « maistre Jehan d’Orliens, paintre du roy », reçoit des exécuteurs testamentaires du tombier llennequin de Liège la somme de 8 francs, « pour une ymage de saint Jehan-Baptiste, qui fut mis à Saint- Denis pour le roy, dont satisfacion a esté faite audit Ilennequin ». On peut penser qu’il s’agit de la peinture d’une œuvre sculptée par Ilennequin. Comme ses frères Charles V et Jean de Berry, Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, eut recours au talent de notre artiste ; je me bornerai aux détails suivants. Vers
1383, Jean d’Orléans, peintre du roi,- fit, pour le duc Philippe, un diptyque de forme ronde : l’un des volets représentait le Christ au sépulcre, avec un ange qui le soutenait ; l’autre, la Vierge s’appuyant sur saint Jean. Aux revers, en grisaille probablement, étaient figurés d’un côté saint Christophe et de l’autre l’Agneau mystique. Le tableau muni de fermoirs et de charnières d’argent fut placé dans un étui garni de feutre et aux armes du duc. Jean d’Orléans continua a être sous Charles VI peintre et valet de chambre du roi : on lui donne ce titre dans des documents de
1384, 1387, 1390, 1392, 1398. L’année suivante, à l’occasion des joutes de Cambrai, « Jehan d’Orléans, paintre... contrefait neuf plumes de faisans d’Inde,
dont aucunes furent mises sur les heaumes du roy et sur cellui de messire Pierre de Naverre, et les autres furent mises sur le bacinet du roy ». Le 16 mars 1390, Charles VI prescrit de lui verser 200 francs d’or pour divers objets ou travaux : deux tableaux représentant la Vierge, destinés au souverain et à son frère le duc de Touraine; « deux histoires faictes » en un reliquaire, offert au duc; six blasons; un diptyque sur lequel on voit, d’une part, Notre-Dame et sainte Catherine et, de l’autre, saint Jean-Baptiste et saint Georges. L’artiste doit en outre « refaire un tableau » pour le duc de Touraine et restaurer, au château de Beauté, certaines peintures, parmi lesquelles celle du saint Christophe qui est à l’entrée. Il jouit sans doute h ce moment d’une grande réputation, car c’est lui qui figure en tête des peintres nommés dans les statuts de 1391. En 1392, nouvelle œuvre : à l’occasion de la naissance du dauphin Charles, Jean d’Orléans peint « bien richement » sur « uns tableaux de bois » une Annonciation , destinée à cet enfant. Plus tard, en 1396, nous le trouvons occupé à des travaux de décoration, lors du mariage d’Isabelle de France avec Richard II d’Angleterre.
Vers 1404, François d’Orléans, fils de Jean, lui succéda comme valet de chambre et peintre du roi. Mais le père continua à toucher les gages attachés à
l’emploi. A quelle époque ce dernier mourut-il? On l’ignore. Dans un acte de Charles VI, du 23 janvier 1418, il est parlé incidemment de l’hôtel de « feu Jehan d’Orléans », situé rue Saint-Pol, à l’enseigne du Croissant et qui, après être devenu la propriété d’Iléluis la Pépine, appartenait alors au ménestrel du roi, Jean d’Avignon. Quant à François, nous le retrouvons, en 1422, chargé de décorations se rapportant aux funérailles de Charles VI.
On ne connaît pas les liens qui ont pu exister entre notre artiste et Jean Grancher ou Grangier, dit d’Orléans, peintre au service du duc de Berry et de Charles VII, de 1410 a 1459 environ.
Les détails que je viens de donner sur Jean d’Orléans trouveront leur excuse dans l’intérêt qu’il y avait, semble-t-il, à grouper les divers renseignements qui se rattachent à ce nom, l’un des plus importants pour l’histoire de la peinture à Paris, durant la seconde moitié du quatorzième siècle l.
Il a été attribué à cet artiste différentes œuvres, en particulier le Parement tV autel de Narbonne, ainsi
1 . c f. V. Dufour, ouvr. cité, et L. Jarry, Jean Granclier de Trainon, dit Jean d'Orléans, peintre des rois Charles VI et Charles Vil et de Jean , duc de Berry , dans Bulletin de la Société archéologique et historique de V Orléanais, t. VIII, 1886, pp. 515 à 526. Voir aussi B. Prost, Gazette des Beaux-Arts , 1887, t. XXXV, pp. 327- 329, et Recherches sur les peintres du roi..., loco cit., pp. 399 et suiv.