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travaillaient le bois, l’étain, etc., fortement organisés en corporations ; c’étaient des écrivains qui couvraient de belle gothique moulée les vélins dont sont formés les livres somptueux de l’époque; des calligraphes comme Gobert, le maître qui composa l'Art d'écrire, les deux Flamel, Sicart, copiste du roi d’Angleterre, Guillemin du grand maître de Rhodes, Crespy du duc d’Orléans, Perrin de l’empereur Sigismond. Car à Paris, on s’approvisionnait, même de l’étranger, de manuscrits de luxe qu’enluminaient des artistes dont je vais parler.
Quoi de surprenant que, dans un semblable milieu, l’art de peindre ait brillé d’un vif éclat ! Comparez à ce milieu, en lisant par exemple Froissart, celui de Gand ou de Bruges, au même moment. Il vous apparaîtra, par les rapprochements que vous serez ainsi amenés à faire, qu’à Paris comme dans les Flandres, l’heure était propice à une merveilleuse éclosion d’art. Et cet art ne pouvait être qu’un art réaliste, reflet de la vie ardente, magnifique et positive de l’époque.
Dans ce mouvement, deux hommes ont joué un rôle des plus importants ; ce sont les oncles de Charles VI : Jean, duc de Berry et Philippe le Hardi, duc de Bourgogne. Ils ont été pour leur temps d’incomparables promoteurs d’art. Jean, duc de Berry, avait, dit Froissart, « grandement sa fantasie de tous-
jours faire ouvrer de tailles et de pointures 1 ». 11 possédait, en dehors des fresques et sculptures qui décoraient ses châteaux et hôtels, de splendides collections de toutes sortes formées avec soin. On en trouvera les inventaires dans la publication de M. Jul es Guiffrey citée au début 2. Son éclectisme qu’on loue beaucoup était une marque de l’époque. Nous avons remarqué qu’alors régnait l’internationalisme artistique. Le duc de Berry s’est adressé indifféremment à des artistes de nationalité française, flamande ou italienne. Mais il semble avoir fait une part assez belle h l’école parisienne. On rencontre, dès 1369, à son service un peintre, Etienne Lannelier, qu’on croit pouvoir identifier avec Etienne Lenglier, qui est nommé immédiatement après Jean d’Orléans, dans les statuts de 1391. Cette même année 1369, le duc, nous l’avons vu, utilise aussi ce dernier.
Un autre artiste, bien plus connu et dont heureusement il subsiste des œuvres, est André Beauneveu de Valenciennes. « Maistre Andrieu », comme on l’appelait, ne nous touche pas directement. Mais qu’à un moment donné, il ait subi l’influence de