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D'où sortirent les premières étoffes de calicot

2. Ou Tambouri, Tamouri, qui nous est mieux connu aous la forme arabisée de Zamorin. Les princes s'appelèrent Tambouran et les princesses Tambourefti,

178 LES NAÏRS.

Polo s*émerveillait de la richesse des villes, de la richesse des campagnes; prospérité que Camoëns et les Portugais admiraient encore au milieu du xvi^ siècle.

« A Calicut, le Samori ou Zamorin est l'un des plus grands et des plus riches princes de l'Inde. Il peut mettre en armes 150,000 Naïres, sans compter les Malabares et Mahométans, tant de son royaume, que de tous les pirates et corsaires du pays, qui sont sans nombre. Tous les roys Naïres de cette côte sont ses vassaux, lui obéissent, et cèdent à sa grandeur, excepté celui de Coôhin, avec lequel il a presque toujours la guerre, depuis que les Portugais sont à Cochin *. »

L'arrivée des Portugais, leur invasion pacifique d'abord, porta un premier coup à l'existence de la confédération ; que, par la suite, désagrégèrent et démantelèrent les Hollandais, les Français et enfin les Anglais auxquels réussit la conquête totale.

Trois religions s'employèrent dans le Malabar contre la famille maternelle : celle de Brahma, celle de l'Évangile, celle de Mahomet.

Suivant une légende qu'il serait difficile de prouver ou de réfuter, l'apôtre saint Thomas aurait abordé ces parages, où sa prédication lui aurait valu les palmes du martyre. Ce qui est prouvé par le fait suivant : au lieu du supplice, la terre resta rouge. Les pèlerins qui s'administrent de cette argile sont aussitôt guéris de leurs fièvres et autres

X Voyage de François Pyrard,

LES CHRÉTIENS JAGOBITES. 179

maladies * ; prodige semblable à celui de Tantah , en Egypte, où tout un champ resta coloré du sang des martyrs, au nombre de quatre-vingt mille, tous décollés au même endroit^. La gloire de saint Thomas pénétra jusque dans la Gaule mérovingienne, et saint Grégoire, écrivant en la cité de Tours, rapporte que dans la chapelle mortuaire de l'apôtre

« ... Une lampe, placée devant le tombeau, brûle jour et nuit, sans mèche et sans être alimentée par de Thuile. Le vent ne Téteint pas, elle ne se renverse jamais, éclaire sans se consumer. Car elle est entretenue par une vertu de Tapôtre, inconnue à l'homme, mais où l'on sent la puissance divine^. »

Les voyageurs sont intéressants à entendre sur ces chrétiens, les Thomistes, appelés aussi Jacobites. Us ont quantité de livres qui traitent de sortilèges, avec lesquels ils assurent que leurs prêtres font tout ce qu'ils veulent, et que les diables leur obéissent*... Us invoquent les saints, prient pour les morts, mais ignorent le Purgatpire. Leur eau bénite jouit de propriétés miraculeuses, — sans doute» parce qu'elle a été mélangée de la susdite terre rouge, — ils rejettent la transsubstantiation, communient avec de l'arrak en guise de vin*^, avec du pain de froment levé, assaisonné d'huile et de sel, et pour le consacrer, font tomber le gâteau sur l'autel, par un trou mélangé dans le plafond.

A l'instar de l'Eglise primitive, ils célébraient des aga-

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