RÉGÉNÉRATION PAR LE PRÊTRE
Toute l'Inde est imbue de la croyance que le sang sa< cerdotal est doué de vertus régénératrices. Les prêtres itinérants de Siva, connus sous le nom de djangoumas, sont pour la plupart célibataires. Lorsque Tun d'eux fait à une adepte l'honneur d'entrer dans sa maison, tous les mâles qui l'habitent sont obligés de sortir et d'aller loger ailleurs; laissant leurs femmes et leurs filles avec le saint personnage, qui prolonge son séjour autant qu'il lui plaît*. Déjà VAdi Parva du Maha Bharata abonde en historiettes de grands princes et puissants héros qui vont présenter leurs femmes et leurs filles, ornées et magnifiquement vêtues, à un hermite dévot, riche en pénitences, pour qu'il daigne leur accorder un fils de ses œuvres. C'est, pour commencer, l'auguste Pandou, — c'est le roi Bali, — c'est Vitchitravîrya, — c'est Vipaçman, — c'est Djarâsandha, — c'est Bhima, — c'est Khounti bhodja — et il y en a d'autres.
On croit que nous exagérons? — Eh bien, passons la frontière, et entrons en Birmanie, où les grandes familles ont un directeur de conscience, auquel, avant la noce, elles envoient leur fille : « hommage lui est fait de la fleur virginale », suivant l'expression officielle. La première nuit de l'épousée cambodgienne appartenait ou appartient encore au prêtre, digne homme qui ne se laisse pas ainsi déranger de ses prières pour la première venue. Les nobles maisons reconnaissent le service par des cadeaux généreux et de magnifiques présents; en pareille matière, il n'y a pas à lésiner. Les familles bourgeoises s'y prennent à Tavance pour économiser la somme requise ; les pauvres la ramassent par souscriptions, ou de bonnes âmes Tavan-