LE NOUVEL AN DES COTAS
leur année, est célébrée par une forte mangeaiile, mieux que cela, par une agape, conçue dans l'esprit communiste. Chaque famille apporte des provisions, contribue à une collecte pour acheter dans la plaine des grains» des légumes et du sucre. Ces victuailles sont exposées devant le hangar qui tient lieu de temple. L'officiant supplie les dieux de nourrir le peuple jusqu'à la moisson nouvelle, fouit un trou qu'il garnit de feuilles, y dépose les aliments tout préparés, afin que la Terre les bénisse, et leur communique les vertus du croit. Il les distribue à l'assistance, présente à chacun sa part. Bienvenus sont les passants et étrangers. On mange et boit gaiement, puis on danse autour d'un grand feu jusqu'à minuit. Le lendemain et jours suivants, jusqu'à pleine lune, on se donne plaisir et bon temps. Avant de retourner à leurs occupations accoutumées, les artisans prennent le temple pour atelier, et chacun y fabrique un produit de son industrie. En toute chose, il s'agit de bien commencer.
Passons aux Couroumbas ^ qui, au nombre de deux mille environ, habitent la jungle, les endroits les plus malsains de la forêt, les marécages qu'une chaleur torride assèche et empoisonne. On les a souvent comparés aux Weddas ^. Nourris d'une façon misérable et même répugnante, ce qui étonne, ce n'est point qu'ils soient chétifs et rabougris, mais qu'ils vivent âge d'homme et même perpétuent leur race. On prétend qu'ils tombent malades s'ils séjournent dans un pays salubre, que nul étranger ne dormirait dans leurs camps sans être attaqué de fièvre.
Autour de leurs huttes, des lopins de terre portent
1. Ou Couroumunb€ws, mot qu'on explique par les t^us ou opiniâtres*