Dennys, Folklore in China
LES BACCLIANTS. 277
« Mainte fois, quand, suivant la coutume anglo-indienne, je chevauchais avant le lever du soleil, j*ai rencontré leurs bandes revenant de la fête nocturne. Haute et belle race que ces habitants de la côte occidentale. Quand je regardais les torches flamber sous les pins, et ces femmes couronnées de fleurs, drapées à l'antique dans un vêtement à vives couleurs, il me semblait voir Bacchantes et Ménades, le Cithéron frémissant au bruit des clairons et cymbales *. »
La vie ascétique menée par les divins bergers, la persuasion qu'ils sont les frères et compères du soleil, valent à ces Todas la crainte et le respect des étrangers. Depuis longtemps les Badagas auraient cessé de payer les petits boisseaux de grains que réclament les soi-disant suzerains du sol, n'était que de temps à autre un Palkarpal descend des hauts sommets. Chacun tombe devant lui, la face contre terre; il commande et tous obéissent, craignant qu'il ne déchaîne le farcin et la clavelée sur les troupeaux. Nul n'oserait lui déplaire.
Le Couroumba, lui aussi, est sorcier par droit de naissance. Le Toda respecte le Couroumba, le Couroumba respecte le Toda; le pauvre Badaga redoute l'un et l'autre; berger et agriculteur tout ensemble, il craint tout de tous, et principalement du Couroumba, malingre, difforme, toujours affamé, qui passe pour un fauve plutôt que pour un homme. A le rencontrer inopinément, des enfants ont été pris de convulsions, des femmes sont tombées mortes dans la forêt. Par surcroît, le Badaga doit encore se garer de l'humble Iroula. La divinité émane la crainte comme le soleil, ses rayons. Les enfants d'Israël juraient par le