‹ Les primitiis: Études d'ethnologie comparéeChapitre 251 sur 264 · LITURGIE DU SACRIFICE · texte numérisé non relu

LITURGIE DU SACRIFICE

« Et par les vertus du sang répandu, comineocèrent les semences à germer, les plantes à croître, les animaux à se propager.

« Et Dieu ordonna que, pour maintenir la Terre ferme et solide, elle fût arrosée de sang à chaque saison nouvelle. Ce qu'ont fait toutes les générations qui nous ont précédés.

u Assise sur une pierre, un jour Tari mangeaitrdes pommes. Voilà qu'en les pelant, la déesse se coupa le doigt et le sang tomba sur le sol, humecta le terrain aride. Et tout aussitôt, de chaque goutte, de chaque gouttelette poussèrent des plants de riz, et la campagne se prit à fleurir*.

u Tari considéra le riz si dru, le riz si verdoyant. Elle comprit combien étaient grandes les vertus du sang. Si quelques gouttes seulement avaient fait cette abondance, quelle f«îrtilité ne découlerait pas de ses veines largement ouvertes! Tari pensa donc à s'offrir en sacrifice. Tari se présenta, tendit le front au couteau, disant : Me voici, je suis la mériah, je viens pour être immolée*.

« Les Dieux et les hommes répondirent: Tu dis bien, tu fais bien, 6 Tari Pennou ! Mais si nous t'immolons une fois pour toutes, la vertu de ton sacrifice irait s'affaiblissant de jour en jour. Il vaut mieux te sacrifier tous les ans et chaque fois qu'on en aura besoin .

« C'est pourquoi, ô Pennou, tu entreras dans le corps des mériahs à la saison des semailles, ou quand les mauvais esprits désoleront la terre, souffleront les vents empoisonnés de la sécheresse, les miasmes de l'aridité, de la pestilence. Tu seras alors sacrifiée pour le bien de tous.

« Et la chose fut agréée entre Tari, les Dieux et les hommes. Depuis, ô Khonds, il en fut toujours ainsi.

1. Des flears jaillirent de la blessare faite k Odin par un sanglier. Ainsi les roses surg^irent du sang de Vénus, quand elle s» piqua aux ronces» en courant vers Adonis qui se mourait. Et au même endroits la Mère de Grâce, Notre Dame marchant sur le rocher, se coupa au talon, et laissa derrière elle une traînée de ces fleurs qu'on a, depuis, appelées les « Roses de Jéricho ». Sepp, ffeidenthum und Ckristenthum*

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