‹ Les princes de l'art: architectes, sculpteurs, peintres, et graveursChapitre 4 sur 36 · NOTICE 8UB LES BEAUX-ASTS · texte numérisé non relu

NOTICE 8UB LES BEAUX-ASTS

lequel it prend ses mesures, lorsqa'après avoir dégrossi le marbre dont il doit se servir et lui avoir donné à peu près la forme des objets qu'il veut représenter, il attaque enfin la partie sérieuse de son travail et fait sortir de cette masse insensible une tête qui pense, des membres qui semblent prêts à se mouvoir, un cœur qui bat de douleur, d'espoir et de joie. Quand il a patiemment manié le ciseau, il fait disparaître les traces du travail que son œuvre lui a coûté ; la lime enlève les raies et les aspérités du marbre, qu'il ne i*este plus qu'à polir.

On sculpte la pien*e absolument comme le marbre; «eolement les outils dont on se. sert peuvent être moins forts, et l'on est obligé d'avoir près de soi un vase renfermant du plâtre détrempé avec de la poudre de la pierre qrfon travaille, afin de pouvoir, à l'aide de ce mélange, en remplir les creux et en dissimuler les déûiuts.

Le bois sert à faire de petits modèles et souvent aussi à exécuter des travaux importants. La sculpture en bois, dont on trouve de magnifiques morceaux dans un grand nombre d'anciennes églises et dans quelques vieux châteaux, après avoir été longtemps négligée, a repris fkveur, et les bahuts sculptés et armoriés de nos pères, les sièges à dossier artistement fouillés, les tables à pieds contournés sont redevenus, grâce à la mode, qui cette ibis a eu raison, de véritables objets de luxe.

On emploie, pour les grandes pièces de sculpture, le diêne et le châtaignier ; pour les moindres, le poirier et le cormier ; enfin, pour les ouvrages délicats, le tilleul et le buis. Ces bois doivent être coupés depuis longtemps ;

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car s'ils étBÎent travaillés avant d'être secs, ils se gerceraient.

Outre le bois, la pierre et le marbre, on se sert du bronze pour reproduire et transmettre à la postérité les traits des guerriers illustres, des grands artistes, des bienfaiteurs de l'humilité, ou pour porter aux siècles â venir la mémoire de quelque grand événement.

L'art de fondre les métaux était connu des anciens ; mais on ne croit pas qu'ils l'aient souvent employé â couler de grands morceaux de sculpture. Cependant Myron, célèbre sculpteur grec, qui vivait vers l'an 442 avant notre ère, coula en cuivre, dit-on, une vache si parfaitement imitée, que les animaux eux-mêmes s'y trompaient. Lysippe de Sicyone, qui s'illustra dans la sculpture environ cent ans après, et qui fut choisi pour faire les statues d'Alexandre le Grand, comme Apelles pour iaire ses portraits, jeta en bronze l'une de ces statues, qui était, assure-t-on, d'une merveilleuse beauté. L'empereur Néron, qui la possédait, en faisait grand cas ; mais comme elle n'était que de bronze, il voulut la faire revêtir d'une couche d'or. Ce travail ne réussit point ; on fut forcé d'enlever cette riche enveloppe, et, en l'enlevant, on gâta le chef-d'oeuvre de Lysippe. Disons, pour ne pas revenir sur l'histoire de ce grand sculpteur, qu'il ne laissa pas moins de six cents morceaux, tous fort remarquables, mais parmi lesquels on citait, outre la statue dont nous avons parlé, celle de Socrate, celle d'Alexandre enfant, et un Apollon de quarante coudées de haut, connu sous le nom de VApoUon de Tarente,

Les Romains s'occupèrent aussi de couler en m^tal

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îeura sculptures, témoin la statue en bronze de Marc- Aurèle ; mais cette statue, comme celle de Côme de Médicis à Florence, et celle de Henri IV â Paris, fut fondue â plusieurs reprises. La statue équestre de Louis XIY fut le premier groupe colossal coulé d'un seul jet ; et si Ton songe qu'il pèse plus de trente mille kilogrammes, on comprendra l'admiration et l'étonnement causés par ie succès de cette fonte.

Le bronze est un mélange de menus grains de cuivre et de zinc, matières qui acquièrent par la fusion un degré de solidité supérieur â celui de tous les autres métaux.

La peinture est un art qui, par des lignes et des couleurs, représente sur une surface unie tous les objets visibles. Comme tous les autres arts, la peinture n'a produit dans l'origine que des ouvrages très-imparfaits. On ne dessinait que les principaux traits d'une figure, et ce ne fut que longtemps après ces premiers essais qu'on se servit de la couleur. Une seule fut d'abord adoptée pour chaque dessin, puis on en employa quatre : le bleu, le rouge, le noir et le jaune.

Cest en Egypte que la peinture paraît avoir été le plus anciennement cultivée; mais elle y resta stationnaîre. Chez les Grecs, elle parvint â un haut point de gloire. Zeuxis, Parrhasius, Timante, Protogène, Apelles s'illustrèrent par d'admirables compositions.

Cet art fut en honneur chez les Romains ; mais ils ne

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