‹ Les princes de la maison royale de SavoieChapitre 3 sur 8 · I. PRINCES d’aCHAIE · texte numérisé non relu

I. PRINCES d’aCHAIE

Thomas de Savoie, fils du comte . Thomas P' de Savoie, naquit en 1199 et, comme la plupart des puînés de la maison de Savoie, fut destiné à l'Eglise et pourvu de la prévôté de Valence en Dauphiné ; mais il ne tarda pas à l’échanger contre un apanage composé du pays de Yeillane, et reçut, en 1S35, le titre do lieutenant-général en Savoie (1). Il fut presque constamment chargé d'expéditions militaires, notamment en Flandre, en Brabant, et il partagea même, avec son frère, au retour d’un voyage en Angleterre, la dignité de vicaire-général do l’empire. Il occupa réellement une situation considérable, mais en 1254 il perdit une bataille importante contre les Piémontais, fut fait pri-

(t) Il portait le titre de comte de Maurienne et fut prince de Capoue par io- TMtiture du pape et donation du roi de Naples.

sonnier et ne recouvra sa liberté qu’à la suite d’un traité par lequel il déclara renoncer à ses droits sur Turin, mais il obtint de l’empereur la cassation do cet engagement et fut remis par lui en possession de tous ses biens. Il mourut avant d’avoir pu terminer cette restauration, ayant épousé d’abord, en 1236, Jeanne, comtesse de Flandre et de Hainaut, fille de Baudouin, empereur de Constantinople, veuve du prince de Portugal et qui le rendit ainsi titulaire du comté do Flandre pour lequel il fît hommage à saint Louis ; et ensuite Beatrix de Fiesque. Il n’eut d’enfants que de sa seconde femme, et la Flandre passa à la sœur do Jeanne, femme du seigneur d’Avesnes. Cos enfants furent Thomas qui va suivre ; Amédée qui devint comte de Savoie, et Léonore de Savoie, mariée à Louis do Forez, seigneur do Beaujolais et de Bombes.

Le comte Thomas aurait dû succéder à Boniface I**’ dans le comté de Savoie, mais la couronne fut dévolue, comme nous l’avons vu , à son oncle, et il no paraît pas avoir songé à faire valoir ses droits. Prisonnier avec son père dans la malheureuse attaque do Turin, il s’en vengea brillamment en reprenant cette ville et en se rendant maître du marquis de Montferrat et de sa famille qu’il garda quelques mois en prison. Il mourut en 1281, ayant pris alliance avec Guye de Bourgogne, fille du comte de Chalon et d’Agnès de Méranie. « Ce fut un prince pieux, vaillant, généreux et hardi, écrit Guichenon, mais malheureux, n’ayant jamais eu l’avantage en aucune bataille ou entreprise de guerre qu’en la surprise de Turin sur le marquis de Montferrat, dont il no jouit pas longtemps. »

Il laissa cinq fils dont quatre entrèrent dans les ordres : Pierre , doyen de Sarisbéry en Angleterre, puis doyen du chapitre de Lyon, et archevêque de cette ville en 1307; Amédée, archidiacre de Reims; Thomas, chanoine d’Amiens, et 'Guillaume, abbé de la Cluse en Piémont.

Philippe, l’aîné (1), obtint, en échange de ses réclamations à la couronne, tout le comté du Piémont, et bientôt, ayant épousé en 1301 Isabelle de Villehardouin, fille unique de Guillaume de Yillebardouin, prince d’Acha'ie et de Morée, devint titulaire de ces deux principautés qu’il vendit six ans plus tard à Charles d’Anjou, roi de Naples, en échange de la principauté d’Albe dans les Abruzzes. Il eut à combattre pour se maintenir dans son apanage et è reprendre Turin ; U demeura constamment fidèle au comte de Savoie et le servit en plusieurs circonstances. Devenu veuf, il se remaria avec Catherine, fille d’IIumbert, dauphin de Viennois : il eut onze enfants, savoir, du premier lit :

Marguerite de Savoie, femnâe de Regnauld de Forez ;

Jacques, qui continua la lignée ;

Amédée de Savoie, chanoine de Lyon, évêque de Maurienne, puis de Lausanne ;

Thomas do Savoie, aussi chanoine de Lyon, évêque de Turin ;

Edouard do Savoie, abbé de Suse, évêque do Belloy, puis de Sion et enfin archevêque de Tarentaise ;

Isabelle de Savoie , qui épousa Jean de la Chambre, comte de Leuille.

(O Né en 137S.

Du second lit naquirent :

Alix de Savoie, mariée à Manfroid de Carroto, marquis de Savone, puis à Anselme d’Urtière ;

Léonore de Savoie, femme de Manfroid de Saluces- Farillan ;

Jeanne de Savoie, alliée à Amédéo de Poitiers, fils du comte de Yalentinois ;

Beatrix de Savoie, unie à Humbert VI , sire de Thoire ;

Âymon de Savoie, seigneur de Villefranche, qui n'eut pas d’enfant de Mencie de Cève.

Jacques de Savoie continua à porter le titre de prince d’Achaïe, qu’il voulut se faire rendre solennellement par le roi de Naples, sans y parvenir. Ce fut un prince turbulent et aventureux qui souleva tous les seigneurs de la Haute-Italie contre lui et força môme le comte Vert à l’attaquer et à lui enlever le Piémont pendant quelque temps, en 1360; il mourut peu après, ayant vu son flls aîné, Philippe , se joindre à ses ennemis (1388). Ce dernier était le seul enfant du prince Jacques et de Sibille de Baux, sa seconde femme ; étant veuf de Béatrix d’Est- Forrare il se remaria encore avec Marguerite de Beaujeu, dont il eut deux fils en qui s’éteignit sa descendance (1).

Philippe n’eut pas d’enfants et on croit même qu’il ne fut que fiancé avec Marie, fille du comte de Genévois. Amédée entreprit encore de recouvrer la principauté d’Achaïe, et s’allia dans ce but avec les Vénitiens, mais cette tentative fut vaine et il ne fut guère

(1) Il eut aussi on bâtard, Antoine, tige du rameau des seigneurs de Busqué.

plus heureux dans sa lutte contre le marquis de Montferrât : il mourut en 1402, n’ayant eu que deux filles de Catherine de Genévois : Marguerite, mariée à Théodore Paléologue, marquis de Montferrat et qui, devenue veuve, prit l’habit du tiers-ordre de Saint-Dominique, et Madeleine, femme de Louis, duc de Bavière.

Louis de Savoie, frère cadet du précédent, devint comte de Piémont et en jouit paisiblement jusqu’à sa mort (1415); tandis qu’il faisait avec éclat la guerre au dehors, et jusque dans le royaume de Naples, pour le compte du roi de France, il soutenait avec non moins de succès la cause de son cousin. Il n’eut aucun enfant de Bonne de Savoie, fille du comte Âmédée VII, et ne laissa qu’un bâtard qui forma le rameau des seigneurs de Raconis. Âmédée YIII, premier duc de Savoie, hérita de tous ses biens d’après ses dispositions testamentaires.

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