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MER

ÇASPIEJ^J^E

Plus de 500m <^ ressions au-dessous du niveau de la mer.

..-^Chemins defer

Fig. 134. — La Caucasie.

riorité serait encore plus accusée, si le montagnard du Caucase était aussi travailleur et aussi industrieux qye celui de nos

Alpes » (CaMENA d'ALMEIDA).

La Transcaucasie comprend une éivoile plaine, dans laquelle coulent en sens inverse le Rion vers la mer Noire et la Koura vers la Caspienne: cette plaine, dont l'extrémité occidentale s'appelait jadis la Colchidc, et dont la partie centrale forme la Géorgie, se trouve écrasée au N par le Caucjise, au S parles contreforts septentrionaux du Massif arménien. De relief très enchevêtré, l'Arménie, quaffedait jadis un volcanisme intense, était politiquement partagée entre la Ktissie, la Perse et la

Turquie. La pyramide du Mont Ararat, qui s'y dressait comme une borne-frontière à la limite des trois empires, culmine à plus de 5.000 m.

Abritée par l'écran du Caucase, la Transcaucasie a un climat plus chaud que la steppe ciscaucasienne. L'humidiié y est très inégalement répartie. L'W, exposé aux vents venus de la mer Noire, reçoit beaucoup de pluies ; la côte, que domine le Caucase, puissant condensateur de nuages, est même humide au point de devenir marécageuse et fiévreuse : Batoum reçoit par an plus de 2 m de pluie. L'E, au contraire, est très sec; il ne tombe à Bakou que 0 m 25 d'eau par an, 10 fois moins qu'à Batoum. Aussi les rivières [Koura et Araxe) passent-elles par des alternatives de crues (au moment de la fonte des neiges) et de sécheresse.

3. — Population. —En 1913, la Caucasie comptait 12 millions 1/2 d'hab., c'est-à dire 26 au km^

Les vallées profondes du Caucase ont été de tout temps le refuge des tribus refoulées par les peuples du N et du S; aussi le monde caucasique est-il une vraie « mosaïque a de races, de langues, de religions, paradis des ethnographes et des philologues. « Nulle part, sur un espace relativement si petit, ne se trouvent accumulées autant de races et de peuples différents; certaines de ces races ne se rencontrent nulle part ailleurs. » On peut compter au bas mot 40 à 50 nationalités.

1° La montagne est habitée p&r des peuples pauvres, guerriers, indépendants et farouches.

2* Les Géorgiens (15 4/2 p. 100), devenus agriculteurs, horticulteurs, viticulteurs, sériciculteurs, occupent surtout les provinces de Koutaïs et de Tiflis. Ils sont en majorité orthodoxes.

3® Les Tatars (45 p. 100), musulmans fanatiques, sont agriculteurs ou semi-nomades.

4° Les Arméniens (plus de 12 p. 400) ont de l'intelligence, des aptitudes commerciales, qui leur ont permis d'établir leur domination économique sur les autres peuples de la Caucasie, et qui les en font détester. Chrétiens grégoriens, ils ont pour chef religieux le Catholicos d'Edchmiadzine : la situation de ce monastère en territoire russe assurait à la Russie une sorte de protectorat sur les Arméniens de Perse et de Turquie.

5° Les Russes sont aujourd'hui près d'un tiers de la population.

Enfin la Caucasie contient des Juifs (tribus agricoles très

anciennement fixées), des Kourdes (quelques-uns païens), des

Grecs, des Tsiganes, des colons allemands, etc.

Les grands centres de la Ciscaucasie sont lékatérinodar (100.000 hab.), Stavropol (60.000 hab.) et Vladicauca^e (75.000 hab.) ; cette dernière ville commande l'eritre'e du défilé de Darial, par où passait jadis la grande route terrestre de communication avec la Transcaucasie. au débouché de cette route, dans une excellente situation stratégique et commerciale, se trouve Tiflis (300.000 hab), jadis capitale du gouvernement général de la Caucasie. Au bord de la côte rocheuse de la Mer Noire s'élèvent les ports de Poti et de Batoum (40.000 hab.). Dans l'Arménie russe, Kars était une grande place de guerre et Érivan un marché important. La Mer Caspienne a une grande ville, Bakou (200.000 hab.), dont la rapide fortune est due à l'exploitation des sources de naphte.

4. — DéveloppemcHt économique. — A l'exception des steppes orientales, la Caucasie constitue un ensemble de territoires agricoles assez riches, particulièrement en céréales (maïs, blé, riz en Transcaucasie, millet). Le cotcn (variétés américaines) est cultivé en Transcaucasie, etcçtle culture commence à faire reculer celle des céréales. Les arbres fruitiers sont très variés (olivier, agrumes, arbres de l'Europe centrale); la viticulture prospère dans les régions non musulmanes; le miXrier permet le développement des magnaneries. On a même essayé avec succès la culture du théier. Car les différences d'altitude, d'exposition, de climat introduisent dans les cultures caucasiennes une infinie variété.

Mais l'importance économique de la Caucasie tient surtout à ses riches sources de pétrole. Les principales sont dans la péninsule d'Apchéron, à 1:2 km environ de Bakou. Des conduites (a pipelines ») amènent l'huile de naphte aux raffineries de la « ville noire » où l'on procède à une distillation qui permet de séparer le pétrole des produits annexes (benzines, huiles lourdes, etc.). Le pétrole <^st ensuite expédié soit en wagons-citernes {Bakou à Batoum,

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Bakou à Rostov), soit en bateaux-citernes (Bakou à la Vulga). La production pétrolière de la Caucasie ne joue plus d'ailleurs dans le monde qu'un rôle secondaire; elle ne représentait plus en 1917 que le dixième de la production mojidiale (sept fois moins que les États-Unis).

Avant la guerre, le commerce était en progrès. Les transactions se faisaient surtout avec la Russie, puis avec la Perse (chemin de fer en construction c?e Ti/lis à Tebriz) et avec l'Angleterre.

Depuis la Révolution russe de 1917, la Caucasie a été boule-- Tci-sée par de violentes luttes de races et par de graves conflits politiques. Aux dépens de l'ancienne Caucasie russe se sont formées plusieurs Républiques dont l'indépendance n'a cessé d'être compromise (Géorgie avec Tiflis et Batoum, Azerbaïdjan avec Bahou. Arménie avec Erivan, etc.), et qui ne résisteraient sans doule pas à la restauration de la puissance russe

IL i^E TURKESTAN RUSSE

5 — Milieu phonique. — L'Asie Centrale russe, ou T-irkestan russe (fig. p. 418), comprise entre les hauteurs d.;s steppes, la mer Caspienne et le rebord des plateaux de 1 Iran et de l'Asie centrale, s'étend sur plus de 3 millions i/i

de km^

Cette région est très inégalement partagée entre les vastes plaines touraniennes et les montagnes du centre de l'Asie.

Les plaines ne dépassent pas 300 m ; elles n'ont plus que 17 m vers l'Aral, et sont même creusées par des dépressions dont l'une est à 44 m au-dessous de la Caspienne (qui est déjà à — 26 m). On distingue : 1° les steppes glaiseuses, formant parfois des plateaux (Oust-ourt, entre la Caspienne et l'Aral), où la végétation herbacée apparaît au printemps, mais sur lesquels « il ne reste en été que de rares touffes d'absinthe, qui ( ouvrent des milliers de km* » ; 2^* les sables désertiques, Karakoum ou sables noirs, Kizil-koum ou sables rouges; c'est le royaume du vent; les roches désagrégées ont été transformées en sables, et les dunes mouvantes [harkhanes] absorbent toute humidité; tout au plus rencontre-t-on quelques dépressions fangeuses que l'été transforme en dépôts de sel-

Quel contraste avec les montagnes qui limitent cette région au S ! « Eclatant dans le lointain brumeux de neiges éternelles, ces masses montagneuses furent toujours pour les peuples nomades des plaines la limite du monde qu'ils connaissaient, au delà de laquelle commençait le royaume du froid et de la mort. » Ce sont le Kopet-dagh, l'Hindou kouch, le Pamir. l'Alaï qui atteint 7.000 m et dont les cols s'ouvrent à 3.500 et 4.000 m.

Fig. 135. — Le Turkestan russe.

les Tian chan (monts Célestes), avec le majestueux Khan-Ten~ gri (roi des Esprits, à 7.200 m); « leurs pirs neigeux se dessinent sur le fond bleu sans nuages du ciel et constituent comme une digue gigantesque, établie par la nature contre les sables du N » (Séménov) .

Au pied* de ces montagnes, riches en glaciers, en lacs alpestres et torrents, s'allongent de riantes et fertiles vallées : la plus belle est celle du Ferghana, sur le haut Sjr-Daria,

L'Asie centrale russe est comprise entre les latitudes de Nevers et de Tlemcen (47° et 35°). Mais elle a un climat tout continental. Les steppes sont en hiver des glacières, lorsqu'un épais verglas, recouvrant les herbes, fait mourir de faim les troupeaux, lorsque les furieux bouranes de neige v font descendre le thermomètre jusqu'à — 30°; elles deviennent en été des four-

LA RUSSIE d'aSIE 419

naises, où l'on peut cuire des œufs dans le- sable que le soleil • chauffe jusqu'<à 70». Les précipitations sont rares (9 cm de pluie seulement à Petro-Alexandrovsk) ; elles sont absorbées, et audelà, par une évaporation surabondante.

Les montagnes du S ont des hivers polaires, avec des mini ma de — 40*^ ; les chutes de neige, durant des mois, isolent les labitants des hautes vallées du reste du monde, mais constiuent d'immenses réservoirs pour les fleuves.

\ussi les rivières, à leur sortie des montagnes, sont-elles ibondantes. L" Amou-Daria (2.500 km de long) a sur certains points 2 km de large; encore au pont de Tchardjoui, « l'œil du voyageur, qui vient de traverser depuis Krasnovodsk 1.150 km de désert sans eau, est frappé d'admiration à la vue du fleuve puissant qui roule ses flots troubles d'un jaune brun... » Mais bientôt agit Vévaporation ; l'Àmou, ne recevant plus un affluent sur 1.000 km, diminue progressivement; ses eaux disparaissent, à la lettre, « dans l'océan de l'air. »

Les fleuves touraniens sont d'autant moins utiles à l'homme (en dehors de l'irrigation) qu'ils se jettent dans des nappes fermées : VAmou et le Syr-Daria vont à l'Aral, l'Illi au Balkhach; d'autres se perdent dans les sables : tels le Zarafchan et le Mourghab, anciens affluents de l'Amou.

Toute l'Asie centrale russe forme ainsi une région sans écoulement vers la mer ; la superficie de ses lacs, après avoir diminué de 1850 à 1880, semble aujourd'hui en voie d'augmentation notable, par suite de pluies plus abondantes.

La végétation n'existe naturellement que là où l'humidité est suffisante.

Dans la plaine du Touran, on ne trouve d'arbres que le long des fleuves, rideaux de peupliers et de saules. Sur la steppe même il y a seulement quelques touffes d'absinthe, quelques buissons épineux de saxaoul, dont les racines vont chercher l'humidité dans les profondeurs du sol ; c'est « la steppe de la faim j), où l'on élève des troupeaux souvent décimés par la sécheresse et le froid, où passent les caravanes de chameaux, où l'on sème rapidement un peu de blé, en comptant sur la pluie possible. Pourtant le sol est souvent formé d'un lœss fertile, perpétuellement enrichi par les poussières qu'apporte le vent, et qui n'attend que l'irrigation. Les oasis et les vallées méridionales offrent le blé, l'orge, le millet, le sorgho, le mûrier à soie, les cultures de jardins (melons, pêchers, abricotiers), et aussi des plantes subtropicales, le coton (une espèce y est indigène), et la canne à sucre

420 LES principales' puissances du monde

L'étude minéralogique du Turkestan russe est encore très peu avancée, maïs on sait qu'il renferme du pétrole, de ld.houille, du fer, de l'or, du cuivre.

Le Turkestan russe est donc une région désolée, mais bordée par une région alpestre assez riche pour justifier les efforts tentés en vue d'assurer la traversée rapide et sûre de la zone désertique : d'ailleurs l'irrigation pourra reconquérir sur cette zone de nouveaux espaces cultivables. D'anciennes oasis, florissantes avant les invasions mongoles, et que l'on croyait mortes, se mettent à revivre lorsque les ingénieurs russes y ramènent l'eau. Il y a là une « Egypte russe » (Levât).

«. — Popnintion. — L'Asie centrale russe compte environ Il millions d'habitants, soit 3 au km-. Ils sont d'ailleurs très inégalement répartis : la steppe et le désert n'ont qu'un nombre insignifiant d'habitants nomades, tandis que la population sédentaire des oasis et des vallées fertiles est extrêmement dense.

Théâtre de séculaires luttes de races, le Turk^^stan offre un mélange de Turco-mongoU et d'Indo-européens, Touraniens et Iraniens. Les Iraniens [Tadjiks], peu nombreux, sont des sédentaires qui habitent la région montagneuse du Ferghana. Parmi les Touraniens, les Khirgizes vivent toute l'année dans des yourtes (tentes de feutre) et poussent leurs troupeaux dans la steppe, — les Turcomans sont devenus semi-sédentaires au S, dans des villages peu durables, formés de huttes de glaise, — les Ouzbeki (Turcs) du pays de Samarkand (capitale, au xiii« siècle, de lempire mongol de Timour) et du Ferghana sont aujourd'hui eu iiiimense majorité sédentaires.

Les Sartes, mélange de Touraniens et d'Iraniens, « vifs, a iroits, bien doués, enclins au commerce » et aux petites industiies, peuplent surtout les villes, où se trouvent aussi des Chinois, des Juifs, des Arméniens.

Les Russes^ dont le nombre s'est accru sensiblement depuis la construction du chemin de fer transcaspien, forment maintenant environ 1/10 de l'ensemble de la population totale, fonctionnaires et colons.

La majeure partie du Turkestan, dans lequel les Russes

ont commencé à pénétrer au xviii*^ siècle a été annexée à la Russie. Seuls Y émirat de Khiva et le khanat de Boukhara, soumis à un protectorat très étroit, avaient conservé jusqu'à ces dernières années uneindépendanco nomimale.

Les villes importantes sonl au débouché des rivières qui descendent des montagnes dans la région irriguée.

Pour la plupart, elles sont doubles : à côté de la ville orientale, qui enfouit sous la verdure ses mosquées, ses maisons à terrasses, sans ouvertures sur les rues étroites et malpropres, ses bazars où se concentre l'activité commerciale, un quartier européen s'est édifié qui ressemble de tous points -aux villes russes.

Les principales sont dans le Ferhhana : Tachkent, la capitale, le grand marché de coton, qui compte 270.000 hab. ; Khokan (115.000 hab.); Narnangan (80.000 hab.) ; Andidjan, terminus actuel du ïranscaspien ; Khodjend. D'autres s'alignent sur le cours du Zarafchan : Samarkand (100.000 hab.), centre intellectuel du Turkestan; Boiikara (70.000 hab.), au milieu d'une véritable oasis. Sur l'Amou- Daria, Khiva est une ville déchue, dont la population ne dépasse guère actuellement 5.000 habitants.

Le long des montagnes bordières de l'Iran se trouvent da nombreuses oasis dans lesquelles vit une population très dense: mais ce ne sont pas de véritables villes : Merv, par exemple, n'est qu'une agglomération de cabanes ou de tentes.

•3. — Développement économiqae. — Jusqu'à présent le Turkestan russe est presque uniquement un pays d'agriculture et d'élevage.

L'élevage est pratiqué par les nomades de la steppe, surtout celui du cheval (lait fermenté de jument ou koiimi/ss), du mouton, du chameau, de l'àne, etc.

L'agriculture est. très développée dans les oasis et les vallées; Virrigalion ione un rôle capital : c'est l'eau, plus que la terre, qui est la véritable propriété; la distribution en est réglée par des coutumes séculaires.

Le Turkestan, dont les produits agricoles tiennent une place de plus en plus grande dans la vie économique de

Principales puissances du monde. ' 9;

la Russie, tend à devenir grand producteur de céréales, de cot07i et de soie. A ces cultures fondamentales se joignent les arachides et la vigne.

La culture du coton, introduite dans le Ferghana au moment où la guerre de Sécession privait l'Europe du coton américain, a été perfectionnée, et les tissages russes étaient alimentés en partie par les 200.000 t. de coton que fournissait avant guerre annuellement le Turkestan. On commençait à remplacer les espèces indigènes par les espèces américaines.

Uindustrie est encore très peu avancée dans ce pays ouvert depuis si peu de temps à la civilisation européenne. Les industries indigènes sont celles des tapis, des cuirs, des soieries. On y joint maintenant la fabrication des huiles de coton, et l'on commence à exploiter le pétrole du Ferghana.

Le commerce atteignait un chiffre considérable si on le rapporte à la faible population du pays; il se faisait presque exclusivement avec la Russie d Europe.

Les régions les plus reculées du Turkestan sont aujourd'hui reliées à la Russie par des chemins de fer, dont la construction a été des plus pénibles. Le Transcaspien, qui aune longueur de 2.000 km, va de Krasnovodsk, sur la mer Caspienne, à Andidjan; une autre ligne, plus récente, évite la traversée de la Caspienne en reliant directement irenbourg à Tachkent; on projette dejoindre le réseau du Turkestan au Transsibérien, ce qui permettrait d'amener les blés de Sibérie au Turkestan et de consacrer uniquement le Ferghana à la culture du coton.

Ce réseau ferré a puissamment contribué à rendre effective la domination russe dans l'Asie centrale. L'embranchement de Mei'v à Kouchk ouvre aux Russes une voie d'accès vers l'Afghanistan, pays qui les sépare de l'Inde.

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