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VANNES

Les plaines de lœss se terminent sur le golfe du Petchili et la

Mer Jaune par une côte basse, plate et marécageuse, encombrée d'alluvîons. Seul, le massif montagneux du Chantoung, rattaché au continent par les boues du Houang-ho, a des côtes très découpées.

La Chine du S, dépourvue de lœss, a une allure plus variée, plus montagneuse. Les Alpes du Sseu-tchouen et du Yuji-nan y atteignent, au SW, de grandes altitudes. A TE, de grandes barrières parallèles entre lesquelles coulent les affluents de droite du Yang-tseu, s'abaissent par échelons vers le Pacifique. Leplaines, dans la Chine du S, ne sont plus que de vastes bassin fermés, isolés par des gorges profondes. Le littoral est rocheux, escarpé, morcelé en golfes profonds, riches en ports : Chang-hai, Fou-tchéou,Amoy, Hong-kong {fig. p. 439), Canton.

3. — Climat, fleuves el prodnetions natarelles. — Entre l'extrême N, qui est par 44^ lat. N (Montauban}, et l'extrême S, qui atteint le 20° parallèle (banc d'Arguin), les contrastes sont grands. Cependant les influences continentales, qui régnent sur tout TE de l'Asie, dominent le climat chinois, même dans la zone des moussons (voir p. 80).

La Chine du N a des étés brûlants, où les vents du S amènent la pluie, les vents du NW des tourbillons de sable qui « transforment le soleil en un globe jaune, nageant dans une mer de poussière ». L'hiver est très rigoureux, le golfe du Liao est souvent gelé en partie. Pékin (latitude des Iles Baléares) oscille entre des moyennes de près de — 5^* en janvier, de 26» en juillet Les pluies d'été, souvent amenées par des typhons, ne dépassen ; pas 53 cm ; la neige est rare.

La Chine moyenne est encore froide. Chang-haî a, en janvier. 13 degrés de moins qu'Alexandrie, qui est à la même latitude ; Tony a relevé les températures extrêmes de — 12° et de -j- 38°7. Les pluies sont plus abondantes, mais l'hiver est sec.

Dans le S, malgré les moussons, lécart est encore sensible. Même une station insulaire comme Hong-kong oscille entre 27* en juillet et 14° en février, tandis qu'à Calcutta le mois le plus froid approche de 21°, La neige tombe parfois à Canton, sous le tropique. Les pluies s'élèvent ici à plus d'un mètre : no cm à Canton et, exceptionnellement, 230 à Hong-kong. Le renversement de la mousson est marqué par de violents typhons.

Ces alternatives de sécheresse et d'humidité, de grands froids et de fortes chaleurs, ont donné aux Chinois une remarquable endurance, grâce à laquelle ils sont aptes à supporter tous les

climats. Ils bravent les froids de la Sibérie et la chaleur étouffante de Java ; ils s'adaptent à la vie dans le désert comme à la vie dans les pays humides.

La Chine est le pavs de deux fleuves, le Fleuve Jaune et le Fleuve Bleu, le fleuve du N et le fleuve du S.

Le Houang-ho prend sa source dans les m'ontagnes du Tibet nord-oriental : il sort de lacs situés à plus de 4.000 m. De là il décrit un cours immense de 4M 50 km., constitué par des courbes gigantesques, et qui draine un domaine grand comme deux fois l'Espagne. C'est d'abord un fleuve de steppe aux eaux limoneuses ; il contourne la région sablonneuse des Ordos, où il a plusieurs fois changé de cours, et où il commence à être utilisé par l'irrigation. Il se dirige ensuite pendant 700 km du N au S, à travers le lœss du Chan-si et du Chen-si, où il prend cette coloration jaune qui lui a valu son nom. Son affluent le Yéi-ho lui imprime la direction WE ; il taille dans le granit des gorges étroites, puis débouche dans les plaines basses où il dépose les matériaux dont il s'est chargé. Il exhausse son lit, il rompt souvent les digues, hautes de 120 m, entre lesquelles on a voulu l'enfermer. Aussi sa navigabilité est-elle médiocre, et son embouchure difficile.

A plusieurs reprises, le Fleuve Jaune s'est livré dans son cours inférieur à des j^/'omenades redoutables, qui ont coûté chaque fois la vie à des millions d'êtres humains; du vu® siècle avant notre» ère au début du xix^, on ne compte pas moins de dix catastrophes, qui ont valu à ce fleuve voyageur le nom de « douleur de la Chine ». En 1851-1853 (les digues ayant été négligées pendant la révolte des Taïpings), il se mit à former vers le NE des étendues maiécageuses, et s'ouvrit, au N du massif du Ghantoung, une embouchure encombrée par une barre. En 1887, à la suite d'une crue formidable, il se précipita de nouveau vers le S, si bien que ses bouches se confondirent presque avec celles du Yang-tseu. Depuis 1889, il a repris son lit septentrional, mais il a encore deux fois changé d'embouchure. 11 n'y a pas, sur la terre, d'exemple d'un fleuve qui divague autant. Il n'a pas comme le Fleuve Bleu de grands lacs régulateurs. Peut-être le développement des travaux d'irrigation dans la steppe arrivera-t-il à modérer les crues de son cours inférieur.

Bien plus important est le Yang-tseu-kiang. Son lit est plus profondément creusé, il ne traverse pas le lœss. Il sort des régions N du Tibet, et coule de bonne heure entre les rangées montagneuses du Sseu-tchouen, où il est encore à 500 m d'altitude, et où il reçoit de riches affluents. 11 débouche, entre de»

montagnes de grès rouge, dans un 1 assin cultivé et peuplé où il mérite, par sa limpidité, le nom de Fleuve Bleu, et dont il sort par les gorges grandioses et les rapides d'I'Tchang. Pendant les hautes eaux d'été, la navigation à vapeur remonte jusqu'à Soui-Tchéou (2.800 km de la mer) et Kia-ting ;sur le Min). A Han-kéou, au confluent du Han et du Slang, à 960 km de l'embouchure, arrivent les navires de haute mer, « au centre d'une immense plaine d'alluvions où pointent çà et là, comme des récifs sur lOcéan, quelques cimes rocheuses » (Monnier). En aval, tantôt, lit immense, le fleuve erre capricieusement entre des bancs de gravier, tantôt il se resserre entre des murailles montagneuses. Un large estuaire, encombré dîlots en formation, bordé de terres basses, écoule dans la mer, « énorme tache jaune sur l'Océan », les eaux du grand Kiang, qui vient de parcourir plus de 5.100 km, et qui draine un domaine de 1.775. 000 km'-^, parcouru par des affluents navigables comme lui-même.

A côté du Houang-ho et du Yang-tseu, les autres fleuves chinois font petite figure : à l'extrême N, le Peï-ho (Fleuve Blanc) n'a que 500 km; à l'extrême S, le Si-kiang (4.800 km) est coupé de nombreux rapides.

Les fleuves chinois (surtout le Yang-tseu) ont remplacé, pour ce pays à côtes peu dentelées, « la mer Egée, la mer Tyrrhénienne, et l'on peut dire jusqu'à un certain point la Méditerranée ; ils ont servi, comme notre « mer entre les terres », au rapprochement, à la civilisation réciproque des peuples » (E. et 0. Reclus).

La Chine est cultivée depuis une si haute antiquité qu'il est difficile d'y retrouver le primitif manteau végétal. La forêt a été défrichée pour accroître l'aire labourable. Au N croissent les bouleaux, les châtaigniers, les pins, les chênes-verts, le mûrier, à qui la Chine a dû de devenir la Sérique, le « pays de la soie », et aussi le sorgho, la patate, la ramie.

Le S est caractérisé par la végétation buissonneuse, par le magnolia, les lauracées, les caméliacées. Au nombre de ces dernières *est le précieux arbre à thé, qui croit jusqu'au 40'* lat. N, mais dont les sites d'élection sont entre le 27" et le 32°, dans le voisinage de la côte, de préférence sur les collines au sol sec et léger. La plaine centrale de Han-kéou et les deltas sont le domaine du bambou, et surtout du riz (fig. p. 443), la céréale des Jaunes. Ajoutez les arbres à vernis et à laques, le camphrier, le pavot à opium, la vigne, le bananier, le grenadier, le pêcher, le cerisier, les légumineuses, le tabac, le coton et la canne ': sucre.

Les ressources minérales, mal connues encore el peu exploitées, sont immenses. La Chine possède d'énormes réserves de houills et de fer. Le sel, l'or, le plomb, le cuivre, l'élain sont probablement surabondants ; le kaolin a été pendant longtemps une spécialité chinoise.

Fi2. 143. — Chinoises repiquant le riz.

4. — Popuiaiion. — On ne peut donner une évaluation précise du nombre des « Célestes ». Dans les 18 provinces, la population monte peut-être à 400 millions (Je double de la population des Amériques), et la densité à 100. 3Iais cette densité dépasse 400 dans les deltas ou dans la plaine centrale du Yang-tseu : là les habitants, n'ayant plus assez de place sur terre, vivent en partie sur des radeaux, formant des villages flottants ç^'> lis cultivent du riz.

Le peuple chinois, « le plus grand peuple civilisé de raceraongolique », semble originaire du bassin tibétain du Tari m. D© bonne heure accoutumé à l'agriculture, il a refoulé dans les montagnes boisées les aborigènes. Il a su absorber Içs envahisseurs nomades du N. Letyp2 varie du N, où il est plu» clair de peau et plus grand, au S, où il est plus brun et petit. On distingue aussi le Chinois de haute race, aux yeux fendus, à la bouche mince, au nez aquilin, de l'homme du peuple aux traits aplatis, au nez grossier, aux cheveux épais.

Les traits essentiels du caractère chinois sont la puissance de la tradition, qui se manifeste par un véritable culte de la famille et des ancêtres, mais aussi par la routine, par le mépris de tout ce qui n'est pas chinois et par la haine des étrangers, — Vardeur au travail et à un travail Incessant, car le repos hebdomadaire est chose inconnue en Chine où il n'y a que quinze jours fériés (en février, à roccasion du renouvellement de Tannée) ; — et aussi le mépris de la propreté la plus élémentaire.

La véritable religion nationale des Chinois est le culte des ancêtres, mais, concurremment avec ce culte, sont pratiquées d'autres religions, le bouddhisme, le confucianisme et le taoïsme. \. 'Islam a fait de nombreux adeptes (30 millions), surtout dans le S, et quelques millions de Chinois sont groupés en chrétientés, vues d'un mauvais œil par la masse de la population.

La République chinoise est divisée en dix-huit provinces, qui se subdivisent en départements (fou), en arrondissements (tchéou), et en cantons {hien).

Bien que la Chine soit avant tout un Étût rural, elle contient des villes populeuses dont il est très difficile de dénombrer les habitants. On estime qu'il y a 16 villes de iplus de 100.000 hab. (à peine plu> que dans la France, pourtant dix fois moins peuplée) ; 10 villes paraissent avoir plus de 500.000 hab., et 2 plus d'un million. Ce sont de vraies fourmilières, où grouille une foule bruyante.

Les villes chinoises sont presque toujours entourées de hautes murailles ; elles comprennent généralement une ville tatare, où résident les fonctionnaires, où se trouvent les palais et où l'on ne peut pénétrer qu'avec une autorisation spéciale, — et une ville chinoise proprement dite ; dans certaines villes, il y a en outre un quartier réservé aux Européens. Les rues des villes chinoises sont d'une saleté repoussante : « Dès qu'il a plu.

c'est à-dire pendant tout l'été, une boue de deux pieds de profondeur; lorsqu'il fait sec, une poussière épaisse et putride soulevée souvent en tourbillons par un violent vent du N. Les côtés, toujours plus bas que le centre, sont en grande partie occupés par des mares à leau verdàtre, où pourrissent, en exbalant une odeur infecte, des détritus variés, des cadavres d'animaux, tous les déchets des maisons voisines » (Leroy-Beaulieu).

TEMPLE W//^m SOLEIL

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