‹ Les principales puissances d'aujourd'huiChapitre 119 sur 154 · I. — Population · texte numérisé non relu

I. — Population

a. — Éléments de la population. — L'Amérique britannique est encore presque vide d'hommes, en dehors des provinces orientales du Canada. Sur ses 9 millions de kmon compte seulement huit millions d'habitants.

De la population autochtone [Eskimos, Indiens) il y a peu à dire.. La décadence des Indiens ne s'arrête pas : ils ne sont plus guère qu'une centaine de mille. Pourtant le gouvernement a beaucoup fait pour eux : organisation d'écoles professionnelles, de fermes modèles, etc.

La population blanche compte environ 2 millions d'hab. de langue française (plus 1 million au moins de Canadiens- Français aux États-Unis), et plus de 4 millions d'hab. d'origine britannique.

Les Français ne sont donc pas la majorité, et c'est une erreur de se représenter, grâce à la magie des souvenirs, le Canada comme un pays français. La « xNouvelle-France » existe toujours, mais dans la province de Québec seulement, où l'élément canadien français représente 80 p. lOC' du total.

Le vojageur qui entre au Canada rencontre une nomenclature toute française : la Rivière aux Outardes, le Portneuf, le Sault du Cochon, les comtés d'Argenteuil, de Montmorency, de Bonaventiire, les villes de Chapeau, l'Allumette, la Prairie, la Grand-Mere, les Trois Pistoles, etc. Sur les lèvres des habitants il retrouve le parler de France, l'accent normand, breton, poitevin, avec un parfum du xyiu*^ siècle. De tout cela, le touriste pressé a tôt fait de conclure que le Canada est une terre française et que les descendants des 77.000 Français de 1763 demandent le retour à la mère-patrie.

La vérité, c'est que les Canadiem-Français sont avant tout Canadiens. La France qu'ils aiment, c'est moins la nôtre que la France catholique et monarchique du xvii*^ et du xviii® siècle. Si dans leurs fêtes ils arborent, à côté du drapeau britannique, non plus le drapeau blanc, mais le drapeau révolutionnaire, c'est par politesse pour des parents qui leur restent, malgré tout, sympathiques. Ils se trouvent du reste fort bien du régime qu'ils ont imposé de haute lutte à. l'Angleterre, régime qui leur assure une liberté absolue de conscience, de langue, de vie politique et sociale.

Ce qui fait la forée du groupe canadien-français, c'est que la population de langue anglaise a beaucoup moins d'unité : pas d'unité d'origine (Anglais, Écossais, Irlandais, Américains des Etats-Unis), — 'pas d'unité de tendances (Anglais et Ecossais impérialistes. Irlandais ennemis-nés des Anglais, Yankees demandant l'annexion du Canada aux Etats Unis), — pas d'unité religieuse (une cinquantaine de sectes protestantes diverses, en face des Canadiens-Français catholiques et fortement embrigadés par leur clergé). G est dans la province d'Ontario que l'élément proprement anglais est le plus nombreux.

3. — Immigration. — Pour renforcer la population canadienne, on a créé à Londres un bureau spécial d'émigration, qui, par de savants procédés de réclame et de publicité, cherche à détourner vers les terres de colonisation du Centre canadien le flot des émigrants. Les terres sont données gratuitement ou vendues à bas prix.

cv Une littérature dithyrambique, traduite dans toutes les lan-

gues, annonce des « millions de foyers gratuits » au Canada. La France (la Bretagne en particulier) reçoit, non sans effet, sa large part de ces brochures. On y trouve régulièrement la lettre

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