La Colombie
Par ses cara-'^'T'^- i.liv^l.m
Colombie britannique est en contraste absolu avec le reste de rAmérique britannique.
C'est essentiellement un pays de montagnes et de plateaux; les archipels côtiers qui longeuL son littoral déchiqueté ont euxmêmes un relief des plus accidentés.
Le climat de la zone maritime présente une douceur particulière, dû au courant tiède venu du Japon à travers le Pacifique; les moyennes y sont d'environ 3° pour janvier, et lô** pour juillet; les pluies apportées par les vents d'W tombent en très grande abondance pendant l'automne et l'hiver (plus de 3 m sur la côte occidentale de Vancouver, 1 m à Victoria) ; la végétation forestière (sapins rouges de Douglas) a par suite une énorme extension, et couvre les 3/4 de la Colombie tout entière. La zone intérieure a un climat plus rude et plus sec; la forêt dense fait place aux bouquets de pins jaunes clairsemés, et aux vastes étendues de « chiendent ».
La Colombie fut d'abord visitée par les pêcheurs de phoques et les chasseurs de fourrures ; aujourd'hui encore la, pêche maritime et fluviale (saumons) constitue un de ses revenus les plus importants. Mais la province ne fut vraiment colonisée que le jour où commença l'exploitation minière. L'or fut découvert en 1854, et aujourd'hui la Colombie est la seconde a province minière du Canada (après le Nouveau-Brunswick); le cuivre de la Boundary, la houille de Vancowoer, Vor (placers du Caribou), le plomb argentifère, le zinc y sont exploités d'après les procédés les plus perfectionnés et l'on est loin de connaître encore tous les gisements miniers.
Vagricullure (céréales, arbres fruitiers) n'a joué pendant longtemps qu'un rôle secondaire).
« La région agricole n'offre qu'une série d'îlots où l'on trouve, dans les bonnes places, les pâturages jusqu'à 1.000 m, des parties cultivables jusqu'à 7 ou 800 m. Sur la côte et dans les vallées des montagnes, trop d'eau, des marécages à drainer, des torrents à endiguer, sur le plateau pas assez d'eau, des travaux dirrigation à entreprendre, dans l'intérieur, à cause de l'altitude et du climat, des sécheresses et des gelées tardives, dans les régions les plus favorisées une forêt drue et dense, rebutaient
ceux dont le courage n'él.ait pas persévérant. Partout la maind'œuvre était rare et coûteuse ; les ouvriers préféraient les mines où la journée se bornait à huit ou dix heures de par la loi, et les camps de bûcherons où l'usage leur donnait le même avantage »
(Métin).
Aujourd'hui les céréales (h\é, avoine, orge) et Idi pomme de terre donnent d'abondantes récoltes. L'exploitation forestière est également une des grandes ressources de la Colombie.
En 1918 on estimait à 20 millions de dollars^ le revenu des pêcheries, à 42 millions le revenu des mines, à 50 millions celui des produits agricoles, à 54 celui des forêts, à 55 celui des produits manufacturés.
La Colombie ne comptait guère encore en 1911 que 400.000 hab., venus pour la plupart du Dominion oriental par le Canadian Pacific Railway, si bien quelleestà vrai dire « une colonie de colonie ». Sur ce total, il y a 25.000 Indiens d'Amérique et 20.000 Chinois ou Japonais; comme en Australie et aux Etats-Unis, cette dernière immigration est vigoureusement combattue par les Colombiens, de même que l'immigration hindoue; les Italiens eux-mêmes, qui représentent une concurrence à prix réduit, sont considérés comme « immigrants non désirables ».
Gomme en Australie également, la population urbaine est plus nombi^euse que la population rurale; Victoria compte aujourd'hui 60.000 hab. ; Vancouver, cité-champignon créée en 1886 pour le chemin de fer, atteint 175.000 hab.; et qui sait ce que sera demain Prince- Rupert, OM tel autre point d'aboutissement d'une nouvelle voie transcontinentale (point dont la situation exacte restera secrète jusqu'au dernier moment, pour arrêter ou favoriser la spéculation) ?
« Une transformation si rapide que, d'une année à l'autre, on voit éclore des villes minières toutes neuves, on trouve la cul»