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1850, dans la Virginie occidentale; en 1900, non loin alndianopolis.
3. — Éléments de la popnlation. — La population des États-Unis est formée des éléments les plus divers. Les races indigènes ne représentent qu'un très faible continrent. Loin de s'accroître, les Indiens diminuent constam-
Fig. 166. — Densité de la population aux Etats-Unis, vers 1900.
ment de nombre : parqués dans des territoires {réserves) où ils ne peuvent continuer leur vie habituelle et qui leur sont sans cesse disputés par les blancs, ils ne sont plus guère que 250.000.
Les nègres, amenés en Amérique par la traite, sont beaucoup plus nombreux : 10 millions environ. Grâce à leur forte natalité, ils s'accroissent rapidement; aucun nègre n'a été importé en Amérique depuis l86o, et à cette époque la population noire n'était, pas de '4 millions d'hommes. C'est surtout dans le S, dans les anciens États à esclaves, que les nègres sont nombreux. Il y a plus de oO p. 100 de nègres dans les États du Mississipi et de la
Caroline du Sud, et plus de 40 p. 100 dans la Floride, la Géorgie, l'Alabama et la Louisiane.
Bien qu'ils représentent près de 10 p. 100 de la population totale, les noirs sont considérés par les Américains comme un corps étranger dans l'organisme social des natals- Unis. Malgré l'égalité qui leur est garantie depuis 1865 par un amendement à la Constitution, ils sont méprisés et haïs par leurs concitoyens blancs. Non seulement on les confine dans des Yoitares spéciales en tramway ou en chemin de fer, non seulement on viole à leur détriment les règles élémentaires de la justice, mais certains États ont trouvé le moyen de les dépouiller pratiquement du droit de suffrage. On leur reproche, il est vrai, leur paresse, lem* ivrognerie, leur immoralité, leur manque de conscience politique. Ces défauts, leurs anciens maîtres et leurs concitoyens blancs en sont en grande partie responsables. Ils s'opposent même aux efforts que l'on tente pour relever l'intelligence et la moralité de la race noire.
Aux 250.000 Rouges et aux 10 millions de Noirs viennent s'ajouter 150.000 Jaunes — autant de Japonais que de Chinois, — venus les uns et les autres à travers le Pacifique et débarqués à San Francisco.
La concurrence des travailleurs jaunes, aptes à tous les métiers et se contentant d'un maigre salaire, a provoqué un abaissement du prix de la main-d'œuvre. Les syndicats d'ouvriers blancs ont protesté contre l'invasion chinoise, et l'entrée du sol américain a été interdite à « John Chinaman ». Seuls les Japonais peuvent encore, et non sans difficulté, pénétrer aux États-Unis.
4. — L'Immigration enropéenne. — L'accroissement prodigieux de la population américaine provient avant tout de l'immigration européenne (fig. p. 513) : de 1820 à 1913, plusde56> 7?u7/iO?is d'immigrants européensse sont établis aux Etats-Unis, dont 6 millions d'Allemands, 5 millions d'Irlandais, 4 millions d'Anglais, 4 millions d'Italiens, 4 millions d' Auslro- Hongrois, 2 millions de Scandinaves, 500:000 Frajtçais. Au xx° siècle l'immigration anglaise et l'immigration allemande ont notablement diminué. Dans les années qui ont précédé la guerre, la
majorité des immigrants étaient des Italiens du Sud, des Polonais, des Russes, des Scandinaves, des Juifs chassés de Russie, de Galicie ou de Roumanie par les persécutions ou la misère. De nombreux Franco-Canadiens ont égale-
Fig. 167. — Vimmigration européenne aux États-Unis, depuis 1820. \)'Q.^vè?,yAnnual Report of the Commissioner-Generat of Immigralion) .
ment pénétré par terre aux Etats-Unis et se sont fixés dans les Etats du NE.
A la veille de la guerre, l'immigration blanche ne paraissait pas près de fléchir. La moyenne des années 1909-1913 avait été à'un million d'immigrants transocéaniques. Cependant le gouvernement américain se montrait très sévère sur la qualité des nouveaux venus qui prétendaient
s'incorporer au peuple américain : les a déchets d'humanité » étaient impitoyablement rejetés. D'autre part, tous les admis ne se fixaient pas : environ 20 p. 100 des immigrants débarqués dans les ports des Etats-Unis repartaient soit vers l'Europe, soit vers les autres pays américains. Restait un gain total de plus de 700.000 têtes par an.
Les éléments très divers que l'immigration a fait pénétrer sur le territoire américain se sont très vite amalgamés ; ils ont oublié leur patrie d'origine et désappris leur langue, ou tout au moins appris la langue anglaise.. Ils ont formé un peuple, une nation. une patrie : le peuple y^ankee (pour le désigner par ce sobriquet), la nation yankee, la patrie yankee. Le type physique luimême s'est modifié sous l'action du climat, qui a façonné une race nouvelle : « Le ciel habituellement serein et lumineux, l'air sec et électrique, les grands écarts de température maxima et minima, resserrent les tissus, affinent le squelette, font grisonner la peau, rapetisser les pieds et les mains, font saillir les apophyses, creusent l'orbite, sculptent les chairs par le relief des os, exaltent l'activité nerveuse, et produisent une capacité d'endurance supérieure à celle des autres peuples » (Boutmy).
S. — Les villes américaines. — La population des États- Unis est surtout une population urbaine, et ce caractère s'accentue de plus en plus. En 1790, la population des villes ne représentait que 3,3o p. 100 de la population totale ; aujourd'hui, elle est de 30 p. 100. De 1880 à 1890. la population urbaine s'est accrue de 49,57 p. 100, près de moitié; de 1890 à 1900, elle s'est encore augmentée de 32 p. 100. En 1880, les États-Unis avaient 20 villes de plus de 100.000 habitants; en 1918, ils en avaient 70, dont 29 de plus de 200.000 habitants, parmi lesquelles 6 dépassaient le 1/2 million {Détroit, Pittsburg, Baltimore, Cleveland, Boston, Saint-Louis) et 3 autres le million (Philadelphie, Chicago, New York).
Ces villes ont grandi avec une rapidité déconcertante. New York, qui a plus de 5 millions d'hab., en avait 33.000 en 1790: Saint-Louis avait 16.000 hab. en 1840, il en a plus de 700.000 aujourd'hui. Chicago, qui n'existait pas en 1830, a dépassé aujom*-
d'hni le deuxième million. On peut, en Amérique, dans l'espace de quelques années, voir naître, grandir — et parfois mourir — des villes auquelles la rapidité de leur croissance a fait donner le nom de « villes champignons ». Le croisement de deux lignes de chemins de fer, la découverte d'une mine, parfois la fantaisie
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Kig. 105. — Une rue de la ville de Détroit. d'un syndicat financier ont fait surgir des villes comme celles-ci :
NOMBRE D HABITA^"rS
En 188U. Eu 1890. , En 1917.
Omaha .
Memphis, Seattle. .
Les villes américaines [flg. p. 515),' se distinguent des villes européennes par des caractères spéciaux. Villes toutes récentes, elles n'ont pas les vieux monuments qui font la gloire de nof
cités, les rues tortueuses, si pittoresques, de nos vieux quartiers. Elles sont bâties sur un plan géométrique, avec des voies se coupant à angle droit et souvent désignées par desimpies numéros. Bien qu'elles occupent une grande surface — Chicago a 40 km de longueur — elles ont des maisons très hautes: 15, 20, 30 étages, construites en fer et en briques et pourvues d'ascenseurs constamment en marche. Dans les rues, d'ailleurs mal pavées, c'est un mouvement incessant: voitures, tramways, chemins de fer aériens et souterrains ; on se préocupe moins de la commodité que de la vitesse : c'est en Amérique surtout que le temps vaut de l'argent. L'activité bourdonnante ne fait trêve qu'au voisinage des beaux parcs dont a touIu se parer chaque ville américaine.
6. — Organisation des États-Unis. — A un territoire presque aussi vaste que l'Europe, formé de régions très différentes et habité par des hommes de toute origine, une organisation unitaire semblable à celle de la plupart des États européens ne pouvait convenir. C'est sur la base du fédéralisme que se sont organisés les Étals-[/?iis. L'Union est formée actuellement de 48 États, et de 2 territoires non encore organisés [Alaska et Hawaï), qui sont en dehors des limites de l'Union. Chaque État est divisé en comtés, chaque comté en communes. Le gouvernement fédéral siège à Washington, dans le District Fédéral indépendant des 48 Etats {District of Columbia, par abréviation D. C).