‹ Les principales puissances d'aujourd'huiChapitre 128 sur 154 · La région du Pacifique. — La région du Pacifique · texte numérisé non relu

La région du Pacifique. — La région du Pacifique

est le véritable « Midi » des Etats-Unis.

Plus encore que la Colombie, elle jouit d'un climat privilégié. Longée par le courant tiède de Californie, elle a des hivers très doux, et la chaleur n'y est pas excessive en été. Astoria, à l'embouchure de la Colombia (latitude de Rochefort) a une température moyenne de 4° en janvier, de 16*^ en hiver; San Francisco (latitude de Palerme) a 9^ en janvier et 14° en juillet; Los Angeles (latitude de Casablanca) a 11° en janvier et 22"* en juillet. Les pluies, dont la condensation est provoquée par les hauteurs qui bordent la côte, sont abondantes et tombent surtout en hiver, comme dans les régions méditerranéennes.

C'est le domaine des forêts sur les pentes des Monts des Cascades et de la Sierra Nevada exposées au vent d'W, du blé dans le N, de la vigne et des arbres à fruits dans le S : la Californie, dont le nom évoque le tintement de l'or, est aujourd hui le potager et le verger des Etats-Unis, en attendant qu'elle devienne l'un des vergers de l'Europe.

Entre les montagnes sont insérées de fertiles plaines allongées du N au S : telle la plaine de Portland, telle la dépression de Californie, où coulent en sens contraire le Sacramento et le San Joaquin, et qui s'ouvre vers la mer par la baie de San Fran-

cisro.

La grande métropole du Pacifique américain est San Francisco (470. 000 hab.), bâtie au bord d'une baie magnifique, point terminus de plusieurs transcontinentaux, et port d'attache de quelques grandes lignes de navigation vers l'Australie et l'Extrême-Orient. Les Etats du Nord- Ouest ont pour principaux centres Portland (310.000 hab.) et surtout Seattle (370.000), dont là position sur le Puget Sund, les relations avec l'Alaska et le Japon font une dangereuse rivale maritime de « Frisco ». Los Angeles (535.000 hab.) est le grand marché agricole de la Californie.

40. —Les plateaux de l'Ouest. — Sur les plateaux de l'Oudst américain, au contraire, le climat est excessif. 11 fait froid en ^iver, et en été la chaleur est forte. Sait Lake City, par exemple (latitude de Tolède) a une température moyenne de janvier de — 3° et une température moyenne de juillet de 24<>. Et surtout la sécheresse est extrême: ces plateaux fermés ne reçoivent guère plus de 20 cm d'eau de pluie par an. Aussi renferment-ils des déserts, notamment au S : le désert Mohave n'a pas moins de 100.000 km^. Même là où ne règne pas le désert, l'eau est extrêmement rare. "^

En dehors des régions appelées à la vie par une irrigation savante, véritables oasis perdues au milieu des roches calcaires ou volcaniques, seuls les procédés de la « culture sèche » {dry farming) permettent d'arracher des récoltes à la terre aride des vastes étendues demidésertiques. Mais le sous-sol recèle en grandes quantités \qs minerais les plus divers et les plus précieux. C'est pour rechercher le plomb, le cuivre, et surtout V argent ou l'or que l'homme s'est aventuré d'abord, s'est fixé ensuite dans ces régions inhospitalières.

L'exploitation des mines a fait naître, au pied même des

Rocheusbs, la ville de Demev, qui n'existait pas en 1858 et qui compte aujourd'hui :270.000 habitants.

«1. Les plaines du Ceutre. — Les plaines du Centre

englobent la région des Lacs et le domaine du Mississipi.

Elles aussi, elles ont de fortes variations annuelles de température, qui s'expliquent par l'éloignement de la mer : Saint-Paul (latitude de Bordeaux], — 1 2^*, + 22*^ ; Saint- Louis (latitude de Lisbonne), 0«, 26°. Elles sont en outre exposées à de brusques variations de température, dues à l'arrivée subite des vents froids du N qui peuvent faire baisser le thermomètre en quelques heures de 30'^, et qui « brûlent » sur pied les récoltes. Les pluies ne sont assez

abondantes (0 m 60 à 1 m 30) que dans la partie orientale (/Ç^. p. D 19), à TE du méridien 400*'. A l'W de ce méridien, leur hauteur oscille entre 0 m 20 et 0 m 60, mais elles tombent surtout au printemps et au début de Tété, c'est-à-dire au moment où' elles sont le plus nécessaires, pendant la période de croissance des végétaux.

Les immenses prairies de la « Grande Valle'é », que draine le Mississipi, étaient le domaine de chasse des Indiens; elles sont restées une zone d'élevage (bœufs, porcs); mais peu à peu la grande culture les a transformées en champs de blé ou de maïs. L'industrie y fait chaquejourdes progrès, grâce à l'utilisation des ressources du sous-sol (houille, pétrole, fer).

La densité de la pqpulation s'accroît rapidement dans xette région si favorisée. Les grandes villes y sont déjà très nombreuses.

Sur le Missouri, au centre de la Prairie, Oniaha-Citj (180.000 ha.h.), Saint-Joseph (85.000 hab.) et,Kansas-Cily

Fig. 169. — Chute annuelle des pluies suivant le parallèle 40°N.

(300.000 hab.) sont d'immenses abattoirs et d'immenses fabriques de conserve de viande.

Sur le Mississipi supérieur, Minneapolis (375.000 hab.) et Saint-Paul (250.000 hab.) ont .d'importantes minoteries qui utilisent les chutes du grand fleuve naissant. Saint-Louis au confluent du Mississipi et du Missouri, a 770.000 hab., et Memphis, plus au S, 150.000.

Sur rOhio, Louisville (240.000 hab.) et Cincinnati (400.000 hab.), ville aux 2/3 allemande, jalonnent les routes qui mènent à la grande région industrielle de Pennsylvanie, dominée par la cité du fer et de l'acier, la « ville noire » par excellence, Pittsburg, accrue de son faubourg Alleghany (ensemble 600.000 hab.).

Entre TOhio et les Lacs, Indianopolis compte :i80.000 hab., et Columhus 220.000. Sur la magnifique voie navigable des Lacs et des canaux qui les relient, se sont développées de nombreuses cités : d'abord Chicago (2.600.000 hab.) qui « est déjà et deviendra de plus en plus le centre commercial, agricole et industriel des Etats- Unis »; point de convergence de plus de 30 lignes de chemins de fer, Chicago rêve de se transformer en port de mer, ce qui pourrait se faire en portant de 3 à*7 m. le tirant d'eau des canaux; puis viennent Duluth (100.000 hab.), grand port du fer, Milwaukee (450.000 hab.), peuplé en majorité d'Allemands, Détroit (620.000 hab.), Toledo (200.000), Cleveland (700.000), Buffalo (475.000), Rochester (265.000) ei Syracuse (160.000).

IS. — Le iVord-Est atlantique. — La Région atlantique du

NE, douée d'un relief médiocre et par suite d'excellentes voies navigables, a un climat plus tempéré que celui des régions du Centre ; toutefois elle se trouve refroidie en hiver par les eaux marines du « mur froid », et par suite les écarts de température y sont plus xronsidérables que dans les régions de l'Europe océanique situées à la même latitude : si New York (latitude de Naples) a 23° en juillet, elle donne en janvier une moyenne de — 1°. Les pluies sont abondantes, grâce au voisinage de l'Océan.

Orientée vers l'Europe, la Région atlantique a été lo premier domaine de la colonisation : elle est restée la

partie la plus peuplée des Etats-Unis. C'est à la fois une grande région de cultures de ferme {blé notamment), à'induslries agricoles et manufacturières.

Les grandes villes y foisonnent; on en compte une vingtaine de plus de 100.000 hab. Boston (770.000 hab.) est un port important, en même temps que le principal centre intellectuel des Etats-Unis, Worcester, Fall RiDer^

Cliché LéTy.

Fis. 170.

L'Hudson.

Promdence, Scranton, Newhaven ont de 100 à 300.000 hab., Paterson (140.000 hab.), centre de l'industrie de la soierie, peuplé surtout d'Italiens, Jersey City (310.000 hab.) et Neivark (420.000 hab.) touchent à New York (plus de 5 millions d'hab.).

New York doit d'être lai seconde agglomération urbaine du globe (après Londres) à sa position sur une baie magnifique fermée par l'île de Long Island, au débouché de l'Hudson [flg. p. 521). qui, par le lac Champlain et la Rivière Richelieu d'une part, par le Mohawk d'autre part, ouvre une double voie de communication vers le Saint-Laurent et les Lacs. C'est la « Cité Empire », centre des opérations financières et grand marché des cotons,

des pétroles et des grains. En 1913, New York était le troisième port commer.cial du monde, avec un tonnage de 27 millions de t. ; c'est le point d'entrée et le centre de distribution des émigrants. Le vieux New York se trouve dans le S de l'île Man-« hattan, comprise entre l'iludson de FEast-River; c'est le New York des ruelles sombres et sordides. Mais la ville s'est étendue, a franchi les fleuves, fondé des faubourgs, tels que Brooklyn, auquel la relie un gigantesque pont suspendu; sous l'Hudson des tubes de 1.500 m assurent ses communications avec Jersey City.

Ail S de New Y'ork, Philadelphie (1.730.00.0 hab.) est un énorme centre industriel; Baltimore (600.000 hab.), au fond de la baie Ghesapeake, exporte les cére'ales et les charbons ; Washington (450.000 hab.) est la capitale politique de l'Union.

13. — Le Sad. — Le Sud a une double façade maritime, sur l'Atlantique et sur le golfe du Mexique. Voisin du tropique, il a une température élevée : la chaleur est constante, et par là-méme accablante pendant l'été ; en hiver la moyenne de la température reste assez forte, mais il y a parfois des froids vifs. A New Orléans (latitude du Caire), les moyennes de janvier et de juillet sont respectivement 13° et 28". Une saison sèche alterne avec la saison estivale des pluies.

C'est la zone du tabac et du cotonnier, et, à l'extrême S, celle de la canne à sucre et des plantes tropicales. L'industrie, notamment Vindustrie cotonnière, y a pénétré a une époque récente; elle se développe rapidement, en mettant à profit le voisinage de l'immense bassin houiller des Appalaches.

La population est en grande partie formée, de nègres. Peu de grandes villes. Charleston n'a que 60.000 âmes, et Savannah 70.000. Mais, dans le delta du Mississipi, New Orléans (380.000 hab.) a grandi malgré son insalubrité; c'est le principal marché du coton.

OUVRAGES A CONSULTER Voir p. 539.

Les villes aux Etats-Unis : naissance, développement, aspect. Localisation et importance des principales villes des Etats-Unis. La région Pacifique du Canada comparée à celle des Etats-Unis. La population nègre aux Etats-Unis • son développement, son rôle économique et social.

L'immigration jaune en Amérique.

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