CHAPITRE XXVIII VUE D'ENSEMBLE SUR L'AMÉRIQUE DU SUD
Relief. — La Cordillère Tolcanlque des dindes enferme les hauts Plateaux péruviens et boliviens. — La Plaine Centrale comprend VAmenonie, les Chacos et les Pampas. — Les Hauteurs anciennes de l'E sont représentées par le Massif des Guyanes et le Plateau brésilien.
Ltittoral. — Moins découpé que celui de l'Amérique du Nord, le littoral est dominé par les Andes sur le Pacifique, mais offre âur l'Atlantique quelques larges estuaires.
Clitmct. - L" Amérique du Sud, coupée par léqua'.eur, présente du N au S toute la série des zones climatiques : équatoriale, tropicale, désertique, tempérée chaude, tempérée froide.
JEtiux counmtes. — De grands fleuves navigables {Amazone, fi/o de /a Plata) vont à l'Atlantique.
JPi-oductions naturelles. — A la forêt vierge (selvas : caoutchouc) succèdent la savane tropicale (campos, chacos : café) et la steppe prairie des régions tempérées pampas : blé, bétail).
Popitlatiotis et Étutft. — A côté des Indiens autochtones, restés nombreux dans la zone tropicale. l'Amérique du Sud (densité : 2,5) a vu s'établir des immigrés blancs (Espagnols, Portugais, Italiens, etc ). Parmi les anciennes colonies espagnoles et portugaises, seuls le Brésil et la République Argentine jouent un rôle mondial.
t. — Relief. — L'Amérique du Sud est beaucoup plus massive que l'Amérique du Nord ; elle rappelle la configuration des autres continents austraux, l'Afrique etl'Australie. Comme l'Amérique du Nord, l'Amérique du Sud présente de rw à l'E trois grandes zones de relief : Cordillère occidentale, plaine centrale, massifs orientaux (ftg. p. Mi).
a) La Cordillère occidentale de l'Amérique du Nord, prolongée par le formidable alignement volcanique de l'Amérique Centrale, forme, dans l'Amérique du Sud, le puissant système des Andes.
Tantôt celui-ci s'épanouit en chaines parallèles que séparent de profondes vallées fluviales, comme dans les sierra* colon-
Principales puissances du monde. 31
LES PttlNCJPALES PUISSANCES DU MONDE
bieunes et vénézuéliennes. — tantôt il enferme de hauts plateaux comme les panas péruviennes ou le Plateau bolivien. — tantôt il se trouve réduit à une muraille presque infranchissable que précède une chaîne en partie submergée, comme dans le S du Chili Mais toujours la Cordillère reste dominée par des volcans qui sont pour la plupart en activité ;■ son point culminant, VAconcagua (7.130 m), est un volcan.
b) Entre la Cordillère occidentale et les vieux massifs orientaux s'étend la plaine centrale de l'Amérique du Sud. Elle comprend dabord la plaine de VOrénoque, puis la dépression de V Amazonie.
Montagnes et Plaines riateauxàe]'W.\ du Centre
Hauteurs del'Bst
Fig. 178.
Coupe de V Amérique du Sud, suivant le parai' ele -JO'
L'Amazonie, aussi vaste à elle seule que la moitié de l'Euroi commence immédiatement au pied des Andes et des hauteiiirorientales. On passe presque sans transition de la montagne ou du plateau à la plaine; des chutes ou des rapides marquent sur le cours des affluents de l'Amazone l'entrée en plaine.
Cette plaine, qui a été formée par le lent dépôt des ailuvions fluviales arrachées aux hauteurs d'alentour, est d'une horizontalité presque parfaite; elle communique par des seuils très peu élevés avec les llanos de l'Orénoque au N, avec les Chacos au S. — circonstance heureuse, qui permet l'établissement de communications faciles entre les trois grands systèmes fluviaux de l'Amérique du Sud : Orénoque, Amazone, Rio de la Plata.
Au S de l'Amazonie, la plaine centrale se prolonge par le Grand Ghaco et les Pampas, que le rétrécissement mer' dional de l'Amérique du Sud amène en contact direct av
rOcéan Atlantique, vers le 35' parallèle. Au delà du Rio Colorado, qui limite la Pampa, commence le plateau de Patagonie; une dépression dont le fond est occupé par de grands lacs séparé ce plateau du massif andin.
c) Les hauteurs très anciennes de 1 E sont plus massives dans l'Amérique australe que dans IWaiérique boréale. Elles forment deux groupes séparés par la vaste dépression où coule l'Amazone inférieur : le massif des Guyanes au N, le plateau brésilien au S.
Le vieux massif des Guyanes occupe un espace double de la France. L'érosion en a notablement diminué l'altitude et l'a réduit à. n'être plus guère qu'un plateau dominé dans sa partie occidentale par la Sierra de Roraïma (2.620 m), et à l'E par les monts Tumuc Humac (800 m).
Le plateau brésilien est une immense ruine : la ruine d'un massif qui dut être gigantesque et que l'érosion, en s'y exerçant pendant des milliers de siècles, a réduit à n'être plus qu'un plateau incliné doucement vers l'W et le N, et relevé vers le SE. Pas de chaînes de montagnes ou de massifs au sens qu'on donne d'ordinaire à ces mots ; mais les roches les plus dures ont résisté à l'érosion, tandis que les roches tendres ont disparu ; il en est résulté des talus, des alignements de pentes abruptes, nommés serras. Les plus hautes serras dominent la côte du SE {Sena do Espinhaço, Serra do Mar, Serra Gérai) et c'est là que se trouve le point culminant, Vltatiaya, qui ne dépasse pas 2.712 m. L'ensemble du plateau, très monotone dans le Matto 6r?'osso,' paraît avoir une altitude moyenne de 300 à 600 mètres.
A la différence delà Gordillière occidentale, les hauteurs orientales n'occupent pas toute la longueur du continent; elles sont interrompues au N du Rio de la Plata.
s. — Littoral. — Le littoral de l'Amérique du Sud est peu
découpé : les contours du continent, presque rectilignes, semblent avoir été taillés à la hache; la mer ne facilite nulle part la pénétration à l'intérieur des terres.
A l' \V, la Cordillère occidentale, qui écrase le littoral du Pacifique, annule toute la valeur que pourraient avoir les quelques échancrures d'une côte rocheuse, d'ailleurs refroidie par le courant de ilumboldt ;ce&iune côte fermée.
54i LES PRINCIPALE? PUISSANCES DU MONDE
Au NE, le delta de l'Ore'noque, la côte basse des Guyanes et les alluvions de l'Amazone constituent un littoral marécageux, que d'autre part les grandes vagues océaniques rongent et démolissent sans cesse ; le conflit entre l'œuvre de destruction et l'œuvre d'édification a pour conséquence Vinstahilité des lignes du rinage.
A VEy le plateau brésilien forme une côte élevée, mais assez peu découpée : Pernambouc est un port tout artificiel, abrité par un récif auquel il doit son nom véritable de Recife. En revanche, Bahia et Rio de Janeiro se sont fondés dans d'excellentes baies : celle de Rio de Janeiro est si vaste que les premiers Européens qui y abordèrent l'avaient prise pour l'embouchure d'une rivière, d'un rio.
Au SE, toute la région du Rio de la Plata, où la piaine centrale vient en contact avec l'Océan, a un rivage bas, et parfois lagunaire. Mais le plateau argentin se termine sur la mer par de hautes falaises d'accès malaisé.
Si le littoral atlantique n'est guère plus découpé, dans l'ensemble, que le littoral pacifique, il présente sur celui-ci l'énorme avantage d'offrir, par les estuaires de l'AmaRone et du Rio de la Plata, deux magnifiques voies de pénétration vers les plaines intérieures.
3. — t iimat. — En raison de sa position astronomique et de son élargissement dans la région tropicale, l'Amérique du Sud a un climat plus chaud et plus humide que l'Amérique du Nord. Elle présente d'ailleurs cette originalité d'avoir de hautes altitudes sous les basses latitudes, et de posséder par suite, dans les hauts plateaux andins, des pays à la fois secs et tempérés où a pu se développer une civilisation qui fut brillante.
h'équateur coupe la dépression amazonienne. Si donc nous laissons de côté la Cordillère occidentale, nous voyons se succéder du N au S, dans l'Amérique australe, la série complète des zones climatiques {flg. p. 545),
D'abord la zone éqaatoriale : la plaine de r Amazone, trayersée par l'équateur, et la zoTie côtière jusqu'au voisinage de Santos (sous le tropique du Capricorne) subissent des tejupératures éle-
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