L EUROPE DU NORD-OUEST
La Manche n'est qu'un canal, comme l'indique son nom anglais {Engiish Channel) : large de 185 km à TW, elle se rétrécit à 31 km dans le Pas-de-Calais.
La Mer du Nord a moins de 40 m de profondeur dans sa partie méridionale, souvent encombrée par les hancs de sable [Dogger Bank) ; elle ne se creuse que très lentement vers le N.
La Mer d'Irlande, continuée par le Canal Saint-Georges et par le Canal du Nord, n'est pas plus profonde;- elle ne dépasse 100 m que dans sa partie médiane.
La température des eaux de l'Atlantique et des mers annexes est presque partout moins basse que la latitude ne le comporte.
1/jvea.u de la mer
Fig.
Coupe perpendiculaire au seuil des Fâr-Œer
Gela tient à l'existence du seuil des Fâr-OEer, qui arrête les eaux froides rfe fond venues des mers polaires {fig. p. 23). Aussi la Mer de Norvège ne gèle-t-elle jamais; par contre, la Mer Baltique, plus profondément engagée dajis le continent, a d'assez basses températures, et le Golfe de Bothnie se trouve fréquemment couvert de glaces.
Le^ eaux océaniques sont soumises à un formidable brassage, grâce aux marées et aux courants. Les marées de l'Atlantique sont puissantes, elles atteignent leur maximum dans les golfes resserrés (canal de Bristol, par exemple). Pour la même raison les marées sont également très fortes dans la Manche et la Mer du Nord. Dans cette dernière, les tempêtes viennent ajouter leur violence à celle des marées, et les eaux livrent aux côtes un terrible assaut.
L'Atlantique NE est traversé par le Giilf Stream. Lorsque ce grand courant arriva au voisinage de l'Europe, il n'a plus, comme au large de l'Amérique, l'aspect d"un véritable fleuve marin, et ses eaux ne se distinguent plus
guère par leur couleur, leur densité et leur température, du reste des eaux océaniques. Il s'est morcelé en une foule de rameaux, dont l'un s'engage entre l'Ecosse et l'Islande pour aller attiédir les côtes norvégiennes, — dont les autres, après avoir contourné les Iles Britanniques, pénètrent dans la Manche, dans la Mer du Nord et dans le Golfe de Gascogne. Vinfluence du Gulf Stream agit sur le cliinat de l'Europe occidentale, en contribuant à diminuer la rigueur des hivers et l'ardeur des étés.
Fig. 9. — Les déplacements des harengs dans l'Atlantique NE.
Au lieu de se déplacer, comme on I*a cru longtemps, des mers quasi-polaires à ia mer du Nord, à la Baltique, à la Manche, etc., le hareng passe, suivant les saisons, des mers profondes aux régions littorales et vice versa.
De profondeur, de température, de salinité très variables, rOcéan Atlantique et les mers qui en dépendent ont une faune également très variée. Les espèces de poissons les plus différentes trouvent, ici ou là, les conditions de vie qui leur sont nécessaires. Les pêcheries présentent une grande importance ; outre les diverses espèces de poissons et de coquillages capturés dans le voisinage immédiat des côtes, on pêche surtout le hareng (flg. p. 24), la sardine, le maquereau, la morue et la haleine.
Les rivages de l'Allantique, qui résultent de cassures pratiquées dans une ancienne masse continentale effon-
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drée, n'onl, dans leur direction générale, aucun rapport avec le relief de V arrière-pays. Tantôt, comme en Norvège, ils sont parallèles aux anciens plissements ; tantôt ils sont obliques comme en Ecosse, tantôt perpendiculaires comme 'dans l'W de la Bretagne. Tantôt l'arrière-pays est une région élevée, massif ou plateau, tantôt une plaine, parfois très basse. Aussi les aspects du rivage sont-ils extrêmement variés.
La faible profondeur des mers annexes {Manche, Mer du Nord, Baltique) et le relief insignifiant des terres voisines rendent très instables les lignes de leurs rivages. Les oscillations (affaissements ou soulèvements) du sol et Vaction érosive de la mer en modifient constamment le tracé. Le littoral méridional de la Mer du Nord en est un exemple frappant (formation de l'archipel frison qui marque la ligne de l'ancien rivage, creusement du Zuider Zee et du Wash, etc.) ; le cap le plus oriental de l'Angleterre, le Lowestoft Ness, paraît avoir reculé de 350 m dans les 50 dernières années.
Les côtes norvégiennes au N, les côtes ibériques au S, sont, au contraire, élevées et rocheuses. Les régions qui offrent les meilleurs ports naturels sont les côtes britanniques, les côtes bretonnes et les côtes de Galice.
2. — Sti'ucture de 1 Europe da ]\ord-Ouest {flg. p, 26). — Les pays qui composent l'Europe du NVV présentent entre eux d'assez notables différences de structure, mais ils offrent tous ce caractère commun, d'appartenir à la zone des massifs les plus anciens de V Europe. Leurs vieilles montagnes se rattachent, les unes au plissement calédonien! (massif Scandinave, massifs de l'Ecosse et de la majeure partie de l'Angleterre, hauteurs du ~N de l'Irlande"^, les antres au plis emenl hercynien (hauteur du S de l'Irlande, du S du Pays de Galles et de la Cornouaille, Massif Armoricain, Massif Central français, Vosges, Ardennes).
dfs furent autrefois aussi puissants que le sont aujourd iiiii les Alpes ou peut-ct -e même I s IliaKilajas. Mais, soumis
Piiuc'|)alc3 puissances du monde. 2
à une longue dénudation par le fait des agents atmosphériques, par le fait surtout des glaciers qui recouvrirent dune calotte semblable à celle du Groenland toute l'Europe du N et la majeure partie des lies Britanniques, ils ont été comme rabotés, réduits à ne plus former que des plateaux, des croupes surbaissées
iZone calédonienne ?3Zone orierrtale
iiillMZone hercynienne
HDirection des plis ^^^ alpins ^ '-^'
Fig. 10. — Schéma de la structure de VEurope. (D'après Suess).
OU des plaines. Le sommet le plus élevé de la Grande-Bretagne, le Ben Nevis écossais, n'a pas plus de 1.343 m, moins que nos Vosges.
Dans le N, le Massif Scandinave, soumis simplement à un lent mouvement de bascule qui l'a tantôt affaissé, tantôt relevé, est resté un bloc compact, que l'érosion a réduit à un squelette.
Dans le S, au contraire, de nombreuses dislocations onl morcol' 'il région franco-britnnnique en compartimenis, dont certains ^ sont trouvés surélevés, les autres elfondrés. Les régions dellou-