Les populations brîtanuîques. — Le Royaume Uni
de Grande Bretagne et d Irlande vient actuellement, pour la population au troisième rang en Europe (après la llussie et l'Allemagne), tandis qu'il n'occupe que le sepiVime rang pour la superficie (après les 2 Etats ci-dessus
b6 LES PRINCIPALES PUISSANCES DU MONDE
et en outre la France, l'Espagne, la Suède, la Norvège). Il compte 46 milions d^ habitants, dont plus des 3/4 vivent dans l'Angleterre, sur la moitié seulement de la superficie du royaume; il n'en comptait que 16 millions en 1801.
La population s'est donc considérablement accrue au cours du JLP siècle; elle a ^lus que doublé. Mais, depuis plusieurs années, le taux de raccroissement annuel a baissé, car la natalité du Royaume-Uni n'est plus supérieure en Europe qu'à celles de la France et de la Suède.
D'autre pari, le mouvement de la population a été très inégal suivant les régions : l'Angleterre a quadruplé, l'Ecosse a triplé, tandis que l'Irlande a vu le nombre de ses habitants diminuer de 4/6. Cela tient au développement de l'industrie dans l'Angleterre du NVV ainsi que dans l'Ecosse du Centre, et aux mauvaises conditions économiques de l'Irlande.
L'émigration enlève au Royaume-Uni une forte part de l'excédent de sa population. Cette émigration est le fait de toutes les classes sociales sans exception, et non pas seulement des classes rurales comme dans la plupart des autres pays européens. On estime que, depuis 1815, l'émigration a porté sur plus de 20 millions de sujets britanniques, dont plus de 12 se sont rendus aux Etats-Unis, 3 au Canada et 2 en Australie. Dans les années qui ont précédé la guerre, le chiffre annuel de l'émigration britannique dépassait 400.000 individus. Une bonne partie de ces émigrants étaient des Irlandais, chassés de leur pays par la misère : « l'on peut compter que sur les 20 millions de sujets britanniques émigrés depuis 1815 figurent près de 6 millions d'Irlandais et près de 2 millions d'Ecossais » (d'après Gonnard) .
V immigration dans le Royaume-Uni, bien qu'elle soit extrêmement forte, et continuellement accrue depuis 1870 (surtout par le fait des populations orientales, Russes et Polonais], ne compense pas l'émigration.
Le Royaume-Uni est l'un des pays de l'Europe qui ont la plus forte population spécifique ; 146 hab. au km-. 11 n'est dépassé que par la Belgique (258) et les Pays-Bas (181).
Mais cette densité est très inégale suivant les régions {fig. p. 58). En Angleterre, elle est énorme dans les régions industrielles du N et de 1 W, ainsi que dans les environs de Londres;
elle n'est que moyenne dans l'ensemble du Bassin de Londres, ei elle est faible dans les régions montagneuses dn Pays de Galles, de la Chaîne Pennine et du Gumberland. En Ecosse, le contrasta est absolu entre les Basses-Terres du Centre, qui ont souvent plus de 500 hab. au km^, et les Hautes-Terres du N, qui en ont moins de 25. Vlrlande, pays avant tout agraire, ne présente prs de contrastes aussi accusés ; la population y est à peu près également répartie et de densité moyenne (25 à 75 hab. au km*), sauf dans le iNE où elle dépasse 150 au km^.
hdi population rurale est aujourd'hui relativement très peu noynbreuse dans le Royaume-Uni, et spécialement en Angleterre. Les campagnes britanniques se dépeuplent de plus en plus.
Vers 1850, le chiffre de la population rurale et celui de la population urbaine s'équilibraient en Angleterre. Le pourcentage était pour toutes deux, de 50 p. 100. A partir de cette date l'équilibre se rompt au profit de l'élément urbain Dès 1861, la population des campagnes tombe à 37 p. 100. En 1871, elle n'est plus que de 35 p. 100; en 1881, de 33 p. 100; en 1891, de 2S p. 100; en 1901, de 23 p. 100. En 1911, enfin, elle se réduit à 22 p. 100. Sur les 36 millions d'habitants de l'Angleterre et du Pays de Galle -— rirlande et l'Ecosse restant à part — les villes en renferment plus de 28 millions, soit 78 p. 100, et les campagnes un peu moins de 8 millions. Les villes de plus de 100.000 âmes sont au nombre de 46, et celles de plus de 50.000 au nombre de 78. A elles seules, les villes de plus de 20.000 hab. comprennent une population égale à près de 70 p. 100 de la population totale (d'après Gonnard et le recensement de 1911).
Parmi les 46 villes de plus de 100.000 h., la plupart s'entassent dans la zone industrielle de l'Angleterre du Nord-Ouest.
La population britannique, l'une des plus composites de l'Europe, puisqu'elle renferme des éléments celtes, néoromans, germaniques et Scandinaves, parle en grande majorité (95 p. 100) la langue anglaise, où les mots d'origine germanique voisinent avec les mots d'origine française. Cette langue simple, de ayntaxe rudimentaire, convenait h merveille à un peuple de commerrants. Aussi est-
elle, de toutes les langues européennes, celle qui a la plus grande extension dans le inonde.
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Densité de la population du Royaume-L'ni.
Le Rojaume-Uni est liin des États de l'Europe où la diversité confessionnelle est le plus grande. Dans ce pavs, où la foi et»! demeurée très vive, le nombre des sectes protestantes, nées de la Réformation du xvi® siècle, est infini.
L'Irlande, seule, est restée en grande majorité fidèle au catholicisme, dans lequel elle voit une sauvegarde de sa nationalité-
♦Le nombre des catholiques est au contraire très faible en Angleterre et en Ecosse.
Il y a donc dans la population du Royaume-Uni des éléments très variés. Mais si divers que soient les Anglais, les Écossais, les Gallois (les Irlandais seuls sont vraiment à part), il existe un type britannique, façonné par le milieu physique.
La nature adresse à l'homme, dans ces pays, une promesse et une menace : « promesse d'un énergique développement s'il persévère dans son effort, menace d'un dépérissement inévitable s'il l'interrompt. On imaginerait difficilement un ullimatum plus impérieux et en même temps une invilation plus engageante adressée à la volonté humaine... La nalure extérieure a été pour la nation anglaise une école ôJinitiative, d'activité, de prévoyance, de self-control » (Boutmv). De là, la passion des sportSy V esprit d'initiative, le sang- froid, le goût des entreprises lointaines, développé jadis par les longues guerres contre la France. De là aussi, Vabus des boissons fortes, excitantes Végohmey la rapacité et la dureté, qu'on a si souvent reproches au peuple, anglais. Au total, un peuple bien préparé à la lutte pour l'existence, qu'il a acceptée sans hésitation, et dans laquelle il a remporté des succès dont on l'accuse d'être trop porté à s'ennorgueillir.