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Le développement éc«noniiqnc des îles Britanniques

— Pendant tout le Moyen Age, les Iles Britanniques furent un i>ays presque exclusivement agricole; ses principales ressources provenaient de la culture des céréales et de Vélevage du mouton, dont la laine était vendue aux tisseurs flamands, L'Angleterre ne devint un pays industriel que lorsqu'elle se mit à tisser la laine de ses moutons.

Elle. naquit à la vie maritime après les grandes découvertes du XVI® siècle, car elle se trouva désormais sur la route d'Europe en Amérique et sur la route des Indes par le Cap ; dès lors, elle n'était plus située sur le bord extérieur de la terre habitée, mais au centre du monde civilisé et de l'hémisphère continental.

La grande industrie, qui commença à se développer en Europe RU xvin« siècle, trouv? en Grande-Bretagne des conditions plus livorables que nulle part ailleurs.

Assurée désormais, grâce à la prépondérance de sa marine, ie pouvoir se procurer les denrées alimentaires qui lui étaient

nécessaires, la population britannique renonça de plus en plus^ r agriculture ; elle se détourna des champs, qui devinrent des prairies d'élevage ou des domaines de chasse, et se porta vers les usines fondées au-dessus des gisements de houille et de minerais. Les régions agricoles du bassin de Londres, qui étaient jusque-là la région la plus peuplée, la plus riche, la plus influente de la Grande Bretagne, se dépeuplèrent et perdirent leur prééminence au profit des régions industrielles de l'Angleterre du NW et des Basses-Terres écossaises. Jamais on ne vit en aucun pays un bouleversement aussi complet dans la répartition des populations et dans les conditions de la vie politique, économique et sociale.

3 — - Agriciiltare. — L'agri-

culture britannique trouve dans le sol généralemenl fertile et dans le climat doux et humide de l'archipel des conditions favorables, sauf pour les plantes qui exigent une forte chaleur en été.

Dans l'ensemble du Royaume-Uni, le sol improductif

n'occupe que 17,6 p. 100 de la superficie; mais cette proportion varie beaucoup suivant les régions : elle est très forte en Ecosse, où les Hautes-Terres échappent à la culture, et en Irlande, où les marais et les tourbières occupent de vastes espaces. Les forêts ont été réduites au minimum : 3,9 p. 100, la plus faible proportion qui existe en Europe, Portugal mis à part. Les champs occupent 12,9 p. 100 seulement (les pays Scandinaves, seuls, ont une proportion moindre), tandis que les prairies et pâturages représentent 65,6 p. 100, plus que n'importe quel autre Elat européen (/Z^, p. 60).

Champs et prairies forment de très grandes propriétés; quelques-unes équivalent en superficie à un de nos arrondissements. La petite propriété est presque inconnue. Les grands propriétaires, qui disposent de gros capitaux, ont pu em[)l(tyer des

e: Péturàf^

Fig. 19. — Répartifion du sol dans le Royaume-Uni.

LES ÎLES BRITANNIQUES Ci

méthodes scientifiques, acquérir un outillage agricole perjectionné, et obtenir ainsi soit de grands rendements à l'hectare, soit un bétail de premier choix.

Avant la guerre, la majeure partie des champs était cultivée} en céréales: la moitié en avoine (30 millions de qx., contre près de 100 en Allemagne, et plus de 50 en France), et le reste en orge (13 millions de qx. contre 12 en France) utilisée pour la fabrication de la bière, et en blé (16 millions de qx. seulement, contre 86 en Francej. Le Royaume Uni produisait à peine le 1/5 du froment nécessaire à son alimentation, il était obligé d'en importer pour plus d'un milliard de fr. par an. Mais la guerre sousmarine a déterminé un nouvel essor de la culture du blé.

La zone de production des céréales est presque exclusivement limitée au Bassin de Londres, spécialement à la Plaine de l'Est, que les Anglais appelent le « pays jaune ».

La culture de \di pomme de terre est très répandue, surtout en Irlande où ce tubercule est l'aliment essentiel.

Les cultures industrielles ont moins d'importance que les cultures alimentaires. Les principales sont celle du lin (dans le NE de l'Irlande) et du houblon, employé dans la fabrication de la boissou nationale des Anglais, la bière (production annuelle de bière, 60 millions d'hl., presque autant qu'en Allemagne).

Vélecage, plus rémunérateur que la culture dans un pays qui laisse entrer en franchise les produits alimentaires de l'étranger, est très développé. Par voie de sélection et de croisement, les éleveurs anglais ont réussi à obtenir d'excellentes races de bœufs de boucherie, de vaches laitières, de moiUons à laine ou à viande, deporcs, de chevaux de trait ou de course.

Le domaine des terres d'élevage, le a pays vert », comprend les régions de climat plus particulièrement humide et de sol relativement médiocre : Ylrlaîide, le .Yord et ï Ouest de V Angleterre , les Haicles-Terres du Sud de V Ecosse et la partie occidentale du Bassin de Londres, où les prairies alternent avec les champs cultivés.

Principales puissances du monde. i

L'élevage du ô-j^w/' de boicherie se fait surtout dans le Dwham, celui des vaches laitières dans la plaine du Cheshirc, en Ecosse (races d'Ayr) et en Irlande. L'élevage du mouton est très important; les principaux centres d'élevage du mouton sont les Doicns et les Cheviots. L'élevage du cheval se fait principalement dans les comptés d'York et de Lincoln. Le porc, dont la viande joue un grand rôle dans l'alimentation britannique, est élevé en grand nombre dans le Yorkshir^ et en Irlande.

Malgré tout, les Iles Britanniques sont tribulaires de l'étranger pour la viande et les produits de fer^ne, de même que pour les céréales. Avant la guerre, l'Angleterre importait un chiffre global de 6 milliards de fr. de denrées alimentaires de toute nature : 1.800 millions de céréales, 1 milliard de produits de ferme, 1.200 millions de viande abattue ou sur pied, 650 millions de sucre, 300 millions de thé, etc. « Si jamais langage des chiffres fut éloquent, c'est assurément celui-là » (Savahy).

Dans ce pays insulaire, bordé par des mers très poissonneuses, les pêcheries ont une grande importance. On compte dans le Royaume-Uni unepopulation de 100.000 pêcheurs; la pèche occupe, directement ou indirectement, environ 4 millions de personnes. On évaluait à plus de ^00 millions de fr. la valeur annuelle des produits des pêcheries exportés par l'Angleterre.

4. — Industrie {fig . p. 64). — L'industrie s'est trouvée favorisée non seulement par V heureuse situation des lies Britanniques, par le développement de leur marine et de leur Empire colonial (facilités offertes à l'arrivée des matières premières et à l'écoulement des produits fabriqués), par le voisinage des gîtes de combustible, de minéraux et de la mer, mais aussi par V activité et le sens pratique de la population.

11 est vrai que, si l'Angleterre dispose d'une main-d'œuvre nombreuse et régulière, cette main-d'œuvre Qsi un peu routinière. L'Angleterre n'a pas su, comme l'Allemagne et les États-Unis, m retire la science au service de l'industrie; elle a eu trop exclusivement conliance dans l'empirisme. « Pondant un siècle, Tin-

dustriel anglais, asservissant à la machine son peuple ouvrier, ne lui a jamais donné l'instruction technique, artistique, scie.ilifîque, qui fait de l'homme, au contraire, le vrai maître de la machine » (Victor Bérard).

Comme on a pu le voir, l'industrie est surtout active dans la région de la Grande-Bretagne formée de terrains primaires qui fournissent en abondance le combustible minéral : W et N de l'Angleterre, Ecosse moyenne. Les seuls centres de grande industrie situés en dehors de cette zone sont le NE de l'Irlande, spécialisé dans l'industrie du lin, et Londres, où sont représentes tous les genres d'industrie.

Au premier rang de l'industrie anglaise vient l'industrie textile, et au second l'industrie métallurgique, soutenues l'une et l'autre par une industrie extractive extrêmement importante.

Les Iles Britanniques sont le pays d'Europe le plus riche en charbon. Les bassins houillers, qui s'alignent sur le bord des massifs de roches anciennes, atteignent une superficie de 16.000 km - ; ils sont situés pour la plupart à proximité de la mer, de sorte que les bennes peuvent être parfois déversées directement dans les soutes des vaisseaux ; l'extraction est généralement facile et la qualité du charbon excellente.

Les principaux bassins houillers des Iles Britanniques sont, par ordre d'importance ; le bassin de Norlhumberland et Durham (20 p. 100) ; le bassin du pays de Galles (18 p. 100) ; les bassir<s d'Ecosse (14 p. 100); le bassin du Yorkshire (12 p. 100) ; le bassin du Lancashire ; les bassins du Centre, etc.

Le nombre des travailleurs occupés dans les houillères britanniques dépasse 800.000, sur un total de 840.000 ou^ vriers des industries extractives. En 1913, la production charbonnière du Royaume-Uni atteignait 292 millions de t. ; elle dépassait de beaucoup la production française (41 millions) et n'était pas encore égalée par la production allemande (279) ; mais depuis quelques années, elle éiviit distancée par les Etats-Unis {oll). L'Angleterre, tout en consommant une énorme quantité de houille,

pouvait en exporter annuellement pour 1 milliard de fr. (96 millions de t).

Depuis la guerre, l'importance de l'industrie charbonnière anglaise semble en décroissance: en l9l^, l'extraction est tombée à moins de 230 millions de t., et l'exportation ne n'est chilïrée que par 35 millions de t.

Sassiis hoyillers

=îe5 cns de grande industrie

':Eiimbourj

' ifci 4V-F;^e la houille

Fif^. :20 . — L'induslrie dcms le Hoyaume-L

1, Bassin écossais: 2, La'^siudu Cumberland ; 3, bassin du Laùcaàin.^ , *. ..u^^iii du Norihumberland el Durliam ; 5, bassin d'York: 6, bassin du cenlre ; 7, bassin du Pays de Galles. — f, fer ; p, plomb ; c, cuivre ; *, zinc ; e, étain.

La crise do l'industrie charbonnière menaçant d'enlever à l'Angleterre la royauté de la houille, elle a cssaj-é de se constituer, contre le monopole' américa'n, une sorte de royauté du pétrole en a'^qiiérant (parfois en pnrtageant avec la France) le 0 contrôle » de la production au Mexiquo, en Mésopotamie, en Perse, etc.

LES ÎLES liRITA.VNICUES 65

A cùté de la houille, le sous-sol britannique recèle de très riches giles de minerais. Si les mines d^élain, autrefois célèbres, sont presque épuisées, les mines de cuivre, de plomb et de zinc sont encore très importantes. Par contre l'Angleterre a cessé d'être une des principales productrices de fer; ses réserves, évaluées à 1.300 millions de t., étaient dès 1900 très inférieures à celles des Etats- Unis, de l'Allemagne, de la France; pour 16 millions de t. extraites en 1913, l'Angleterre en consommait 21 : elle est donc devenue importatrice de fer, su^^dois, espagnol, français, nord-africain. L^Vngleterre a cessé d'être « un bloc de fer et de houille ».

Avant la guerre on estimait à plus de 8 milliards de fr. la valeur totale annuelle des productions minérales du Royaume-Uni.

L industrie métallurgique britannique met en œuvre non seulement les minerais indigènes, mais encore les minerais étrangers importés de tous les points du monde (minerais de plomb d'Espagne, minerais d'étain de Malacca, etc.).

La plus importante des industries métallurgiques britanniques, celle du fer, de la fonte et de l'acier, autrefois sans rivale dans le monde, était à la veille de la guerre, dépassée de beaucoup par le& États-Unis, et nettement aussi par V Allemagne. En 1913, l'Angleterre produisait 10 millions de t. de fonte (Etats-Unis, 31 ; Allemagne, 17; France, 5j et 7 millions de t. d'acier (Etats-Unis, 31 ; Allemagne, 17; France, 5).

Les centres piincipaux de lindustrie métallurgique britannique sont à peu près les mêmes que les centres de production de la houille : V Ecosse centrale [Glasgow, constructions navales), le ^orthumberla)id,\c Cumberland,\e Yorkshire {Sheffield, coutellerie), le S du Pays de Galles [Meyrthyr Tydvil, Swansea) et surtout les Midlands. où Birmingliam, la Reine du Pays Noir, fabrique depuis les plaques de blindage des cuirassés et les locomotives jusqu'aux aiguilles et aux épingles, en passant par les articles de coutellerie et de quincaillerie les plus divers. Au voisinage de Londres sont de grandes usines qui fabriquent le matériel

66 LES PRINCIPALES piissan::es du monde

naval et militaire, les usines Armstro;ig, rivales du ' reiisot, dEssen, de Seraing.

Les industries textilss occupen' dans le Royaume- Uni 1.300.000 ouvrier.-, et font vivre directement ou indirectement 3 millions de travailleurs. En 1913 elles mettaient en œuvre 1 million de t. de coton (Etats-Unis, lâO.OOO t.), 220.000 t. de Iai7ieeti00.000i.de lin, sans parler du ;We, du chanvre et de la soie.

Si considérable que soit encore l'industrie textile britannique, elle diminue ci importance : les importations de laine et de coton baissent, les exportations restent stationnaires ou baissent également ; c'est que Londres et Liverpool ne sont plus les entrepôts uniques où les diverses nations industrielles venaient obligatoirement se ravitailler en laine et en coton.

L'industrie cotonnière, pratiquée dans près de 3.000 manufactures et qui occupe 800.000 ouvriers, est encore la plus importante de V Europe, mais elle est c^épassee depuis le début du xx^ ?>ïhQ\e par V industrie cotonnière des États- Unis, et elle trouve dans l'Inde, le Japon et la Chine de redoutables rivaux qui accaparent de plus en plus les marchés d'Extrême-Orient. L'Angleterre n'en exportait pas moins, avant la guerre (excédent sur l'importation) pour 3 milliards de fr. de coton manufacturé (Allemagne 4o0 millions, France 300;.

Le grand centre de l'industrie du coton, importé des Etats- Unis, de l'Inde, de lEgypte par Liverpool, est Manchester, avec toute la zone manufacturière voisine. Glasgow a également d'importantes manufactures.

Pour l'Angleterre, comme pour tous les pays manufacturiers d'Europe, c'est une grave question de savoir d'où viendra le coton, le jour où l'industrie cotonnière des Etats-Unis aura fait de nouveaux progrès. Aussi l'Angleterre favorise-t-elle la culture du coton dans ses colonies.

V industrie lainière britannique n'a plus en Europe la môme prééminence que l'industrie cotonnière; l'Angleterre exportait avant la guerre (excédent sur l'importa-

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tiow; i-v-L., \^\.,j millions de fr de lainages par an (Allemagne 350, Fiance 170). Cette industrie, qui absorl)e la prodiietion australasienne, est pratiquée surtout dans le Yorkshire {Bradford et Leedsi.

L'industrie du lin est presque le monopole de Y Irlande Ifast) et de V Ecosse {Dundee et Aberdeen).

l.ejiite, importé de l'înde gangétique, est employé pour la fabrication des sacs et toiles d'emballage, surtout à Dundee.

L'industrie de la soie est très insuffisante ; le Royaume-Uni est obligé d'importer annuellement pour près de 400 millions de fr. de soieries.

De même, les industries chimiques sont très loin d'avoir atteint en Angleterre un développement analogue à celui qu'elles ont pris en Allemagne.

Il faudrait encore citer comme de très grandes industries les biasseries, les distilleries, les raffineries, les papeteries, les fabriques de poteries, etc. Mais elles ne jouent qu'un rôle très secondaire, par comparaison' avec les industries extractives, mélalï iziques et textiles.

o — Voies de coiiiumaîcaîloa et ports. — Le Royaumel'i i est le pays du 771 on de oie la circulation eit la plus

[lue. La nature a favorisé, d'ailleurs, l'établissement d un système complexe de voies de communication : le relief n'offre pas de grands obstacles à la construction des routes et des chemins de fer ; les rimères, de régime régulier, sont navigables et ont pu être facilement jointes les unes aux autres; la mer enfin s'offre de toutes parts.

Le réseau àQvoies navigables du Royaume-Uni, malgré sa longueur totale de 6.000 km, ne rend toutefois pas les services qu'on en attendrait, a 11 n'existe pas de grandes rivières comparables aux fleuves du continent, capables de porter de gros bateaux au delà des limites de la marée dans les estuaires, et susceptibles de fournir de fortes masses d'eau pour alimenter les canaux » (Demangeon). Ceux-ci réunissent la Tamise aux autres rivières anglaises, traversent la Chaîne Pennine, unissent le firth de la Clyde

elui du Forth, le firth de Lorn à celui de Moray {Canal

Calédonien), traversent l'Irlande de part en part; mais « la multiplicité d'administrations et la diversité d'origine des canaux ont eu pour conséquence le manque d'uniformité dans la largeur et la profondeur de ces voies navigables, dans les dimensions des écluses et des ponts, comme aussi dans les dimeusions des bateaux » (Demangeox)

Un canal maritime aboutit à Manchester, qui est ainsi devenu port de mer, et il est question de creuser d'autres canaux maritimes de l'estuaire de l'Humber à Leeds et à SheffieJd.

Cest surtout par les chemins de fer que s'opère la circulation intérieure : le partage des marchandises entre les voies navigables et les voies ferrées, qui se fait en Allemagne dans la proportion de 1 à 3, se fait dans le Iloyaume-Uni à raison de 1 à 9 seulement. L'Angleterre, qui est la patrie des chemins de fer (la première ligne fut ouverte en 1830 entre Liverpool et Manchester), a plus de 12 km. de voies ferrées par Mm^; la Belgique seule a un réseau plus dense (29 km. par Mm'^).

Toutes les villes de la Grande-Bretagne sont reliées entre elles et à Londres par des voies ferrées souvent concurrentes. Autour de Londres, le réseau est si dense que, dans un rayon de 19 km. à partir du bureau de poste central, on compte 400 stations de chemins de fer, dont 100 spéciales pour la petite vitesse.

Chemins de fer et voies navigables aboutissent à \s.mer, par laquelle s'opère tout le commerce extérieur et une notable partie du commerce intérieur de la Grande-Bretagne et de l'Irlande.

La marine marchande britannique, qui comptait plus de 20.000 navires montés par 250.000 matelots, représen tait aimnt la guerre près de la moitié du tonnage mo?idial (21 millions de tx sur 43). Très éprouvée par la guerre sous-marine, cette flotte se reconstitue rapidement (près de 19 millions de tx dès juillet 1019), mais la proportion par rapport à l'ensemble du tonnage mondial (45 miL lions de tx) a sensiblement décru, en raison des progrès des Etats-Unis (10 millions de tx).

L'}s 3/4 des dchaages du Royaume- Uni (entrées et soitios), se font sous pavillon britannique. Les grandes com- IMgnies de navigation anglaises {Peninsidar cmd Orient il, White Star, Cunard, etc.), ont des rivales; elles n'ont pas encore d'c'gales.

Grâce à la prépondérance incontestée de sa flotte marcliande, r Angleterre était devenue un immense entrepôt des produits les plus divers : les vaisseaux qui allaient porter à l'étranger les produits de l'industrie britannique utilisaient leur vojage de retour pour ramener une cargaison de denrées alimentaires ou de matières premières, qui étaient déposées dans les docks des ports du Kojaume-Unî, puis redistribuées à travers le monde. Oa estimait avant guerre à près de 3 milliards de fr. la valeur des produits coloniaux ou étrangers revendus annuellement par le Royaume-Uni. L'Angleterre pouvait ainsi régler l'offre et par suite le prix de nombre de matières premières et de denrées alimentaires.

Aussi \esporls du Royaume Uni comptent ils parmi les plus grands du monde; le mouvement de la navigation (en millions de tonneaux, 1913} se chiffre ainsi pour les principaux d'entre eux : Londres, 2o ; Liverpool, 23 ; Cardiff, 18; Ports de la Tijne,\^\ Soulhainpton, 13; IIull, 9; Glasgoio, 6.

6. — Commerce —Il n'est pas étonnant que le Royaume- Uni eût avant la guerre le plus gros chiffre commercial du monde : près de 39 milliards de fr. (commerce spécial) en 1913, dont plus de 16 milliards pour les importations et plus de 13 milliards pour les exportations.

Ce chifïre s'accroissait sans cesse, mais proportionnellement un peu moins que celui du commerce des Etats Unis ou de l'Allemagne (voir chap. xxx). V importance relative du commerce britannique diminuait, par suite des progrès rapides des autres grandes puissances économiques.

L'accroissement du commerce britannique [f\g. p. 70) a commencé à se manifester à partir du milieu du xix° siècle, époque laquelle le Royaume-Uni renonça au protectionnisme étroit

pour adopter le système du libre-échange. Actuellement un petit

Fig. 21. — Exportation des produits britanniques [1S10-i910). (En milliards de francs).

nombre de produits seulement sont soumis aux droits de douane et la plupart d'entre eux sont des articles de luxe, à l'usage de

LES ILES BRITANNIQUES i\

la classe riche (café, chocolat, thé, tabac, vins, sipritueux, etc.).

Mais peut-être, en présence des nouvelles conditions économiques du monde, l'Angleterre sera-t-elle amenée à adopter une nouvelle politique douanière.

La guerre a considérablement modifié la position du commerce britannique. En 1913, les importations (réexportations déduites) s'élevaient à 660 millions de livres sterling i, contre 525 aux exportations; or, en 1918, les importations dépassèrent de près de 800 millions st. les exportations. Mais dès 1920 l'équilibre d'avant-guerre se trouvait rétabli : les importations n'étaient plus supérieures que de 380 millions st. aux exportations, et ce déficit monétaire se trouvait largement composé par les rentrées des fonds qui ne figurent pas dans les statistiques.

En temps normal, les caractères du commerce britannique sont :

1° une Xé^QTQ prédominance des importations (un peu plus de 55 p. 100; sur les exportations ;

2^ dans les importations; \di prédominance des denrées alimenlaires et des matières premières ;

3' dans les exportations, la prédominance, plus marquée encore, des produits fabriqués ;

4° enfin l'universalité du commerce britannique ; il n'est pas un domaine dans lequel il ne soit important, et il en est peu où il n'occupe la première place.

Pavs d'agriculture insuffisante et de population dense, en même temps que pays d'industrie très active, le Royaume-Uni importe une quantité considérable de denrées alimentaires (voir p. 62) : céréales des Etats-Unis, du Canada, de l'Argentine, de l'Inde, de la Russie, de la Roumanie et de la Hongrie, bétail sur pied el viandes des Etats-Unis, du Canada, de l'Argentine, de l'Australie, beurres, fromages et œufs danois, français, canadiens, sibériens, sucres de canne des pays tropicaux, sucres de betteraves d'Allemagne, cacao de l'Amérique tropicale, thé de rinde, de Ceylan, de la Chine, fruits américains, français, espagnols, italiens, vinfi français, portugais, etc. Londres est le plus gigantesque marché de denrées alimentaires du monde et l'on calcule que pas un Anglais sur cinq ne se nourrit avec des produits anglais. Sur le même rang viennent les matières pre-

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