AVANT-PROPOS VII
ger. L'un et l'autre dépassent d'ailleurs le cadre simplement danubien. L'un d'eux, qui n'a qu'une fenêtre sur le Danube, est par ailleurs le bastion de FEurope centrale et le nœud des communications entre l'Occident et la Russie, entre les mers du Nord et Belg-rade ; l'autre confine à la fois à la Russie méridionale, à la mer Noire et au monde balkanique. Tandis que l'ancienne Autriche-Hongrie faisait converger toutes ses énergies vers deux pôles intérieurs. Vienne et Budapest, les États cohéritiers sont animés de forces d'expansion qui, les sortant du cadre danubien, les projettent vers le dehors.
Pouvions-nous passer sous silence la Russie, dont les immenses richesses, actuellement inexploitées ou dévastées, restent, comme les richesses chinoises, l'un des espoirs du monde? Mais comme la Russie, économiquement, ne saurait se concevoir indépendamment des terres enlevées à l'ancien empire et notamment sans les pays baltiques, nous avons dû faire place, dans ce volume intitulé « les Grandes Puissances », à des États minuscules. — Nous ne parlons pas ici de la Pologne à qui son étendue, sa population, sa force d'expansion, ses ressources abondantes, méritaient une place.
On voit combien ce livre est, à l'image du monde actuel lui-même, une construction provisoire.
Comment en serait-il autrement quand, entre les Etats, les frontières sont encore indécises ? C'est d'hier seulement que la limite vient d'être tracée