Grandes régions de l'Allemagne da IVord. — Les
principales régions que comprend l'Allemagne du Nord sont :
La région rhénane-westphalienne, — le littoral frison, — le littoral baltique, — la plaine allemande, — la Saxe, la Lusace et la Silésie.
3. — Région rhénane-i/irestphalienne. — Au N du Massif schisteux rhénan s'étend uneplaiîie séparée de l'Allemagne du Nord proprement dite par l'avancée des hauteurs de la Weser, et que nous pouvons désigner sous le nom de région rhénane-westphalienne.
a. Milieu physique. — Cette région comprend deux golfes de plaines qui pénètrent profondément à l'intérieur du massif ancien : le golfe de Cologne, grande plaine de terrains tertiaires que le Rhin a recouverte de son limon fertile; le golfe de West-
phalie, non moins fertile, drainé par la Lippe, affluent du Rhin, et par VEms qui se déverse directement dans la Mer du Nord.
Sous les terrains récents de ces plaines, se prolonge le bassin houiller dont la partie principale, celle qui est actuellement le plus activement exploitée, occupe la vallée de la Ruhr, c'est-à dire les dernières pentes du Massif schisteux rhénan.
Bien abritée contre les vents d'E et largement ouverte aux influences océaniques, cette région a un climat humide et doux, sans grands froids en hiver, mais sans fortes chaleurs en été, ce qui exclut la culture des plantes qui ont besoin de soleil, et favorise en revanche le développement des pâturages. Cologne a une température de + 2o2 en janvier, de IS^ô en juillet, et reçoit 0°»,63 d'eau annuellement.
h. Développement humain. — La région rhénane-westphallenne a à' importantes ressources agricoles : champs de céréales dans le S, prairies d'élevage dans le N. Mais cette richesse agricole est presque insignifiante quand on la compare à Vimportance de la région au point de vue industriel et commercial.
La présence à'un des plus riches bassins houillers de V Europe, celui de la Ruhr, dont la superficie est évaluée à 2.000 km^ et le volume à 35 milliard^ de m', a déterminé le développement de l'industrie rhénane-westphalienne : industries extractives, qui occupent 200.000 ouvriers et arrachent au sol près de 100 millions de t. de houille par an, la moitié de la production houillère de l'Allemagne ; industries textiles, qui travaillent le coton h Barmen et Elberfeld, la laine à Mûnchen-Gladbach, la soie à Krefeld; industries métallurgiques utilisant non seulement les minerais westphaliens, mais encore les minerais étrangers ; industries chimiques de toute sorte. Toute cette houille n'est pas employée sur place : une grande quantité est exportée dans le reste de l'Allemagne, en France, en Hollande et en Suisse.
Le développement industriel a été favorisé par celui des voieii de communication : la Ruhr et la Lippe ont été canalisées, le Rhin aménagé et pourvu de ports qui peuvent passer pour des modèles; le canal de Dortmund à V Emi^ joint la région westphalienne à la Mer du Nord, tiX^Mittel-
land-Kanal permettra un jour aux bateaux de gagner la Weser et l'Elbe. Des voies ferrées, sur lesquelles la circulation est continuelle, sillonnent le pays en tous sens (35 km de chemins de fer par 100 km^), et amènent à quai les marchandises qui doivent prendre la voie fluviale. Dans cet inextricable réseau, une place à part doit être faite aux grandes lignes internationales : Paris à Berlin par Aix-la-Chapelle et Cologne, — Amsterdam à Cologne eu Francfort.
Aussi les pays rhénans- westphaliens ont-ils une populatioii extrêmement dense, qui s'accroît sans cesse. La région industrielle proprement dite, entre Mûnchen-Gladbach et Dortmund, compte plus de 3 millions d'hab. sur 2.000 km*, soit 1 .500 au km-. Les villes ont crû avec une rapidité tout américaine : Dortmund avait 4.000 hab. au début du xix'' siècle, 40.000 en 1870, 142.000 en 1900, 2in.000 en 1910 ; Essen s'est accru de-24 p. 100 rie 1895 à 190i),etde9l p. 103 de 1900 à 1905.
Eu réalité, la région industrielle rhénane-westphalienne {fig. p. 190,' forme deux villes presque continues : l'une, la moins importante, à gauche du Rhin, l'autre à droite dans les vallées du Rhin, de la Wupper et de la Ruhr. Il faut se borner à citer les centres les plus marquants'.
Dans le groupe de la rive gauche, où dominent les industries textiles, c'est Krefeld (130.000 hab.), le Lyon allemand, eiMûnchen-Gladbach (65.000 hab.).
Dans le groupe de la rive droite, notons les villes de la Ruhr : Essen (300.000 hab.), la ville de l'acier, où dans les seules usines Knipp on emploie chaque jour plus de 300 wagons de houille, et où, depuis 4862, il a été fabriqué <- assez d'acier Bessemer pour entourer d'une ceinture de fer le globe terrestre » ; Gelsenkirchen (170.000 hab.) , Bochum (135.000) Dortmund ('215.000 hab.), Mulheim-i<ur-la Ruhr (110.000 hab.), Hagen (90.000 hab) ; — les villes de la Wupper : Elberfeld (170.000 hab.). le Manchester allemand. Barmen (170. OOu hab.), Soliiigeii (50.000 hab.), iîewisc/ieid (70.000 hab.) ; — puis les grands porta du Rhin : Duisburg (70.000 hab.), dont le tonnage équivaut à plus de 4 l'ois celui de Stettin, et Diisseldorf (360.000 hab.), grand centre d'industries chimiques.