‹ Les principales puissances d'aujourd'huiChapitre 63 sur 154 · D'après le recensement de · texte numérisé non relu

D'après le recensement de

La métropole de toute la région rhénane-westphalienne est la grande place de commerce de Cologne [Koln), dont la population dépasse 500.000 âmes. Au croisement des grandes routes naturelles venues de France, de Belgique, des Pays-Bas, des lies Britanniques, et de la grande artère

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Fig. ti4. — La région industrielle rhénane-wes/n/ialtenin'

du Rhin, Cologne est aujourd'hui le nœuddt cuici> jt-irtes le plus important de l'Allemagne.

Toute cette grande région industrielle doit une partie de sa vie et de sa prospérité à la magnifique voie navigable du Rhin, dont les débouchés maritimes (Rotterdam hollandaiSf Anvers belge) étaient de plus en plus des dépendances économiques de l'Allemagne : plus de 10 millions de t. allemandes passaient par la Hollande, o millions par la Belgique. Des services réguliers reliaient, sans rupture

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de charge, Cologne aux ports de la Baltique ; la flotte rhénane comprenait avant la guerre 12.500 bateaux, dont 4.000 allemands, 6.000 hollandais et 2.500 belges.

•«. — Le littoral frison. — A l'E des pays rhénans-westphaliens la plaine allemande pre'sente deux aspects opposés, selon que l'on considère sa région littorale ou sa région intérieure.

A une époque géologique très reculée, le pays qui est aujourd'hui la plaine allemande était beaucoup plus élevé, et la mer du Nord n'existait pas. Les fleuves dirigés du S au N avaient creusé leur vallée à un niveau inférieur au niveau actuel de la mer. Quand toute cette région s'affaissa et que se forma la Mer du Nord, les eaux marines envahirent les vallées qu'elles transformèrent en golfes profonds, dont les principaux sont les estuaires de la Weser et de l'Elbe. En avant de ces estuaires, la mer accumula des sables en cordons littoraux, et les estuaires devinrent des haffe, semblables à ceux que présente actuellement l'E de la côte baltique. Les apports des fleuves comblèrent les baffe et les transformèrent soit en marais {Niederniooré), soit surtout en plaines limoneuses, appelées polders dans la région néerlandaise, marschen dans la région allemande.

Mais l'affaissement continua, et, à une époque beaucoup plus rapprochée de nous, pendant l'antiquité et au moyen âge encore, de nouvelles et profondes modifications du littoral en résultèrent. La mer recommença son assaut contre les terres basses, vaseuses ou sablonneuses, qui n'opposaient qu'une faible résistance à l'effort des puissantes vagues de marées ou de tempêtes. A la suite de tempêtes particulièrement violentes, le rempart de dunes fut rompu, déchiqueté, et forma le long alignement de Varchipel frison [îles frisonnes onentales et îles frisonnes septentrionales, entre lesquelles Helgoland est un témoin du continent englouti) . Derrière la double série d'Iles, la mer envahit les marschen, creusa des golfes tels que le Dollarl, qui remonte au xni® siècle, et le golfe de lade né du xin^ au xvi® siècle, ou bien elle forma des watten; celles-ci sont un intermédiaire entre la terre et la mer : elles ne peuvent pas être plus utiles au matelot qu'au cultivateur ; car, si elles émergent à marée basse, elles sont noyées à marée haute.

Heureusement, l'homme intervint : il fixa et fortifia la dune par des plantations de pins, et, là où cette protection était insuffisante, il édifia des digues, assécha au moyen de pompes mues

par des moulins à vent les marais ou les marschen situés en arrière, et s'attacha même à reconquérir une partie des watten.

La marsch du littoral contraste violemment avec la gees {gûst=z stérile) de la région frisonne intérieure. « Dans la gee.U, des landes [Uciden] ou des marais tourbeux [hochmoor, pour les distinguer des marais littoraux], des bois de pins, de maigres champs de pommes de terre et de seigle, des troupeaux de ^moutons, une population clairsemée, mais la sécurité et la liberté des mouvements ; dans la marsch, une fertilité étonnante, une population dense, mais qui n'est protégée contre le danger constant de la submersion que par des pompes et des digues artificielles dont l'entretien nécessite une forte organisation ; la circulation se fait exclusivement par les canaux ou sur les routes des digues. L'agriculture a de plus en plus abandonné la marsch, qui est maintenant réservée à l'élevage (surtout à celui des bêtes à cornes et des chevaux], pour lequel elle est tout indiquée. Epais tapis de prairies sillonnées d'innombrables canaux, protégées par de hautes digues que soulignent des rangées d'arbres et au delà desquelles on aperçoit les mâts des navires; de grosses fermes le long des chemins qui suivent les digues; des moulins à vent en grand nombre ; dans le lointain, les clochers des villes populeuses : voilà le tableau de la marsch « (Philippson) .

La mer elle-même, avec ses fortes marées, ses tempêtes et ses brouillards, est très dangereuse. Cependant, c'es-t dans les fonds très poissonneux de cette mer qu'un va ilant peuple de pécheurs va chercher un abondant butin.

Dans les estuaires, de grands ports, habités par une nombreuse population de commerçants et de marins, donnent à cette côte son importance internationale : Brème sur l'estuaire de la Weser, Hambourg sur l'estuaire àQ^Elhe.

C'est à 74 km de la mer que s'est fondé le port de Brème (Bremen), à l'endroit où cesse l'etTet utile du flpt de marée et au point où la Weser inférieure pouvait être facilement traversée par la route qui parcourt la plaine d'W en E.

Pendant longtemps, Brème fut la ville maritime la plus active de l'Allemagne, la vraie capitale de la Hanse. Klle déclina quand augmenta le tirant deau des navires : la remontée de la Weser,

de profondeur insuffisanle, devenait impossible. -Mais Brème ne s'est pas résignée à la décadence : elle a procédé à dos travaux de correction et d'approfondissement de la Weser (y'", 40 de profondeur) : elle a créé un avant-port en eau profonde à l'embouchure même du fleuve, à Bremerhaven. C'est de là que

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