‹ Les principales puissances d'aujourd'huiChapitre 64 sur 154 · Z6 ZZ · texte numérisé non relu

Z6 ZZ

vi^^

•ri

jMà

Tr>f.-,

Fig. t)<j- — Progrès comparés des ports de Hambourg. Marseille et Le Havre, depuis 1810.

partent les grands paquebots du Norddeutscher Lloyd, et c'est là qu'arrivent les cotons américains.

Brème et son avant-port sont surtout en relations avec V Amérique et l'Inde, d'où ils importent le riz, le coton et le tabac. Ces produits sont distribués dans toute l'Allemagne, mais une partie en est travaillée sur place et donne lieu à une industrie importante. Aussi la population (ie Brème atteint-elle 250.00U habitants.

Beaucoup plus important est Hambourg. La situation de

Ite ville est cependant la même que celle de Brème : au

'int terminus du flot de marée (à lOo km de la mer)

et au croisement du fleuve et de la route de terre. Mais

V Elbe offre un réseau navigable autrement important que

celui de la Weser ; par le cours supe'rieur de son fleuve et les canaux qui le joignent à l'Oder et à la Vistule, Hambourg étend sa zone d'action jusqu'en Bohême, jusqu'en Silésie, jusqu'en Pologne. D'autre part, l'Elbe est plus profonde que la Weser, de sorte que les plus gros navires peuvent remonter jusqu'à Hambourg, et que l'avant-port de Cuxhaven est utilisé seulement pendant les deux mois d'hiver oii l'Elbe inférieure est prise par les glaces.

Ces avantages naturels expliquent l'importance du port de Hambourg; mais ils ne suffisent pas à justifier V accroissement énorme de son tonnage (de 1880 à 1900, le tonnage de la flotte hambourgeoise a quadruplé), qui l'avait placé au premier rang parmi les ports euroréens (fig. p. 188). Il faut tenir compte du développement économique de l Allemagne, dont la prospérité de Hambourg a été le reflet, et aussi de Vespj'iù scientifique qui a présidé au perfectionnement de Voutillage du port : creusement de bassins ouverts dont les quais sont bordés de hangars et de magasins avec appareils de chargement et de déchargement, bateaux brise-glaces qui maintiennent accessible le lit inférieur du fleuve, développement du réseau de voies navigables de Varrière-pays, aménagement, comme à Brème, dun port franc {fig. p. 4 95) dans lequel les marchandises peuvent être débarquées, réembarquées, manipulées et travaillées sans formalités douanières, etc.

Un exemple montrera dans quelle proportion énorme l'outillage du port de Hambourg a été perfectionné : en 18d3, la longueur des quais était de 783 m, et la superficie des docks n'atteignait pas 8.000 m*; en 1908, Hambourg avait 35 km de quai et ses docks couvraient plus de 400.000 m^ {fig. p. 196).

Aussi Hambourg entretenait-il avant la guerre des relations avec tous les pays du monde ; sa grande Compagnie de navigation {Hamburg-Amerika-Linie) était l'une des plus puissantes. Et son trafic n'était pas seulement allemand : Véchange de fret reprp sentait à Hambourg la moitié du commerce total du port Hambourg était un des principaux centres de redistribution des marchandises venues de tous les points du monde à destination de tous les points du monde : cafés, céréales, laines, cotons, etc.

Malgré les résultats de la guerre, néfastes pour la marine allemande, l'avenir de Hambourg paraît assuré. « Hambourg a vécu longtemps isolée commercialement de l'Allemagne; cet isolement était imposée par les circonstances, et l'association

avec les autres villes de la Hanse l'accusait encore. Ces villes maritimes semblaient n'avoir rien de commun avec les pajs' de la terre ferme. C'était la première période. La seconde s'est ouverte quand l'Allemagne, cessant d'être le « pays pauvre » d'autrefois, s'est couverte d'usines, a forcé son sol à produire, à L'ce de soins, de travail et de science. Hambourg a grandi ►rs par elle, en même temps qu'elle l'aidait à grandir, mais restait exclusivement « marchande » et non productrice, întrée dans l'union douanière, en lui fournissant un marché

Fig.66.

Cliché Léry.

Le port franc de Hambourg.

intérieur, a ouvert pour elle la troisième période, celle où l'industrie viendra se joindre au commerce extérieur et au commerce intérieur pour faire de Hambourg le centre le plus actif du continent européen » (Paul de Kousiers, 1902).

En 1910, Hambourg comptait près à'un million d'hab.; avec tout le groupe des villes voisines, dont la principale est la ville prussienne d'Altona (170.000 hab.), son agglomération dépasserait de beaucoup le million.

Outre leur importance en tant que ports, Brème et Hambourg

déploient une grande activité comme chantiers de constrw lions maritimes, et cette activité est partagée par les petits ports de la côte : Bremerhaven, Geesiemûnde (port de pêche admirablement outillé), et Emden, Wilhelmsliaven, sur le golfe de lade, est le principal port de guerre de l'Ajlemagne.

Pour faciliter le passage des vaisseaux de la Mei' du Nord dans la Baltique, on a creusé à travers la péninsule du

Fig. 67. — Pla7i du port de Hambourg.

Nombi'cux bassins el nombreuses voies ferrées.

Schleswig le Canal Empereur-Guillaume, qui débou dans la Baltique à Kiel.

Long de luO km, ce canal, achevé en 1895, n'a pas rendu 1les services qu'on en attendait; sa largeur et sa profondeur sont apparues insuffisantes pour les bâtiments de fort lonnane. On l'a agrandi en 1914.

Page 1