L AUTRICHE
bourg), vers le S par le Semmering, vers le N par la vallée de la Morava, qui mène à la Porte de Moravie.
Ces plaines, soustraites à l'influence maritime, ont un climat continental, froid en hiver au point que le traîneau y est d'un usage fréquent, assez chaud en été pour qu'en certains points la vigne puisse y être cultivée (Vienne a en janvier une température moyenne de — 1°2, en juillet de 20^4, suit un écart de 21*^6).
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Fig. 93. — Races de l'Europe centrale.
Les pluies sont très peu abondantes (souvent moins de 50 cm), mais elles tombent au printemps et en été, produisant ainsi sur la végétation leur maximum d'effet.
3. — Population. — Outre les provinces de Haute et de Basse Autriche^ la République d'Autriche ne comprend plus maintenant qu'une partie du Ttrol, de la Carinlhie et de la Slyrie.
La nouvelle Autriche a une population presque exclusivement allemande {fig . p. 273). Sur ses 6 millions d'hab., on ne compte que o ou 600 000 Slaves : Slovènes du Bassin
deKlagenfurtet du « Prekoumourié » (entre Raab et Mur;, Tchèques de la grande agglomération viennoise ; en revanche près de 4 millions d'Allemands, anciens sujets des Habsbourg, sont maintenant rattachés à des Etats nonallemands : 200.000 Tiroliens ont passé à Vllalie, 100.000 Allemands disséminés en Garniole, en Garinthie et en Styrie sont noyés dans la masse slave de VEtat des Serbes, Croates et Slovè7îes, enfin plus de 3 millions d'Allemands ont été laissés à la Tchécoslovaquie.
Si la Conférence de la Paix eût agi autrement en 1919, elle eût sacrifié non pas des minorités allemandes à des majorités italiennes ou slaves, mais des majorités non-allemandes à ces avant-gardes du germanisme qui depuis le Moyen Age n'ont cessé de lutter pour la domination de toute l'Europe centrale. Les races sont trop entremêlées dans ce carrefour des anciennes invasions pour qu'il ait été possible de faire exactement concorder les limites des Etats avec des limites de peuples.
La densité de la population est naturellement tj^ès inégale.
Les Alpes orientales ont leur population concentrée dans les vallées et sur les versants bien exposés, où s'éparpillent les fermes isolées et les villages ; avant la guerre la densité variait de 29 au km- dans le Salzbourg, à 63 dans la Styrie, en partie seulement montagneuse. Les villes doivent presque toutes leur existence et leur développement a la présence des quelques coupures NS que présente la masse alpestre. Innsbruck (57.000 hab), la ville la plus peuplée de l'intérieur des Alpes orientales, au cœur du ïirol, est située au confluent de la route de VArlberg (Zurich-Vienne) avec la roule du Brenner (vers Trente). Salzbourg (37.000 hab.) est à l'amorce septentrionale de la route aujourd'hui suivie par le chemin de fer des Tauern. Klagenfurt (30.000 hab.), en Garinthie, est au carrefour des routes qui mènejit aux tunnels des Tauern, du Tamis (vers Venise), des Karawanken (vers Trieste) et du Semmering (vers Vienne). En Styrie, Léoben, centre d'un district industriel qui groupe près de 25.000 hab., s'est fondé au débouché du Semmpring, et
l'aotriche
Graz (155.000 hab.), où s'est développée la grande industrie métallurgique et textile, domine la zone subalpine au contact de la Hongrie.
Les plaines autrichiennes ont une population nombreuse : plus de 100 hab. au km^. Le long du Danube, linz (80.000 hab. avec les faubourgs) et Vienne {Wien),
Fig. 94. — L'agglomération viennoise.
hauteurs. i i-! 1 TTi aggloméralious.
la capitale de l'Autriche, sont les principales étapes de la
Comme la plupart des grandes villes, Vienne [fig. p. 275) est située au point d'intersection de plusieurs routes naturelles, que suivent aujourd'hui de grandes voies de communication. Avantposte du germanisme sur le Danube, au pied des derniers contreforts alpestres [Wienerwald, montagne d\i Kahlenberg) d'où l'on a vue sur la vaste plaine danubienne, Vienne fut longtemps une place de guerre importante, qui résista plusieurs fois à l'offensive des Turcs. Elle était devenue une grande place de commerce
et de banque, dont l'activité se serait encore accrue avec l'achèvement du réseau de canaux qui devait la relier à l'Elbe, à l'Oder et à la Vistule, et aussi un centre industriel, qui excellait surtout dans la fabrication des meubles, des objets de cuir et de l'article de luxe, dit « article de Vienne ». Son Université, ses théâtres, ses musées, ses bibliothèques en avaient fait un centre întelkctuel très actif. Avec son magnifique boulevard circulaire, le RinQy sa promenade du Prater, son château et son parc de Schœnbrunn, Vienne avait pris rang parmi leâ plus be les capitales du monde; l'esprit des habitants, leur gaîté, leur goût du plaisir rendaient le séjour de Vienne particulièrement agréable. Avant la guerre, Vienne comptait plus de 2 millions d'hab. La dislocation de la monarchie austro hongroise a porté un coup très grave à sa prospérité, qu'elle devait essentiellement à son rôle de capitale d'un grand empire. « La décadence est à prévoir » (De Martonne).
4. — Développement économique. — La vie économique du nouvel Etat autrichien semble assez précaire. Dans l'ancienne monarchie des Habsbourg, les productions des diverses régions se complétaient, et Vienne centralisait les échanges. Réduite à elle-même, l'Autriche manque de quelques-uns des éléments indispensables à l'équilibre économique, et sa tête paraît hors de proportion avec son corps.
Les Alpes autrichiennes sont surtout le domaine de la foi^él et de \di prai?He : Vélevage, moins scientifiquement pratiqué que sur les alpages de Suisse, en est la principale ressource; les bois trouvent un débouché facile grâce au flottage qui s'opère sur les affluents du Danube.
Vagriculture ne rencontre de conditions favorableque dans les vallées intérieures et dans les plaines qi: bordent à l'E et au N le massif alpestre : au total, l'Ai; triche, coupée de la Moravie et de la Hongrie, n'a plus d quoi se nourrir.
L'industrie a reçu dans les Alpes orientales un développement d'autant plus remarquable que la houille noire manque et que l'on n'a jusqu'ici tiré de la houille blanche qu'un parti tjès insuffisant. H existe dans le Vorarlberg, qui s'est associé au mouvement industriel de la Suisse, sa voisine, de nombreuses filatures c^e colon. frtMiuemment